Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Façade blanche
- Fenêtres vertes
- Passage voûté
- Planche de bois portant la formule royale
L’histoire du lieu
Le bâtiment blanc aux fenêtres vertes, dans la partie basse de la place, abrite le Bureau des affaires municipales. Autrefois, le conseil municipal — le sénat — siégeait ici, et c’est de lui que la place tient son nom. Au mot « sénat », on ajouta avec le temps « leal », c’est-à-dire « fidèle ». Cette fidélité dut être prouvée par une décision qui mit en péril les fortunes commerciales de ses membres.
En mille six cent quarante, des aristocrates portugais renversèrent les gouverneurs des Habsbourg espagnols. Depuis soixante ans, les couronnes d’Espagne et du Portugal appartenaient à un même monarque ; le duc de Bragance fut alors proclamé roi du Portugal sous le nom de João IV. La nouvelle mit un an et demi à parvenir à Macao. Pendant ce temps, les marchands locaux continuaient d’acheminer des produits chinois vers la Manille espagnole et d’en rapporter de l’argent américain. Après la fermeture du marché japonais et la prise de Malacca par les Hollandais, ce commerce devint pour beaucoup leur principale source de revenus.
La nouvelle fut apportée par António Fialho Ferreira, riche marchand de Macao qui investissait aussi bien dans les expéditions vers le Japon que vers les Philippines. Il voulait que les habitants reconnaissent João avant l’arrivée, depuis Manille, des envoyés du roi d’Espagne Felipe IV. Fialho finança lui-même le voyage. En échange, il espérait obtenir le droit d’ouvrir une liaison maritime directe entre Macao et Lisbonne, de commander cette expédition et de solliciter des récompenses pour son fils.
Le soir du trente mai mille six cent quarante-deux, Fialho rencontra les dirigeants de la ville au sénat, près de cette place. Le débat se poursuivit pendant la nuit. Reconnaître João, c’était risquer l’argent déjà investi à Manille ; rester avec Felipe, c’était rejeter la séparation du Portugal. Le lendemain, on rédigea le premier acte de serment au nouveau roi. L’unanimité dont les récits de cour de la fête se vantèrent plus tard n’existait pas alors : jusqu’au vingt et un juin, il fallut établir trois documents différents, et les signatures qui y figuraient différaient sensiblement.
Le vingt juin, la proclamation publique de João IV eut lieu sur la place. Le conseil décida de l’accompagner de longues festivités afin que les marchands étrangers comprennent quel camp avait choisi la communauté portugaise de Macao. Les habitants réunirent ensuite pour le roi de l’argent et deux cents canons de bronze coulés ici. Fialho repartit vers l’Europe avec la nouvelle que Macao avait reconnu le nouveau monarque. Son récit de sa propre mission fut imprimé en mille six cent quarante-trois : le marchand avait réussi à transformer les lettres qu’il avait apportées en preuves de ses mérites.
Le prix de cette décision apparut avant la gratitude royale. Dès novembre, une expédition arriva de Manille avec une cinquantaine de soldats et des marchands portugais restés aux Philippines. Ils devaient ramener Macao sous l’autorité de Felipe IV. En ville, les soldats furent désarmés, et les chefs de l’expédition furent envoyés sous garde à Goa. Le commerce avec Manille ne fut pourtant pas abandonné définitivement : les deux parties avaient besoin des marchandises, et il se poursuivit plus tard clandestinement.
En mille six cent cinquante-quatre, João IV accorda à Macao la formule : « Cidade do Nome de Deus de Macau, Não Há Outra Mais Leal ». Le bâtiment actuel fut construit plus tard, en mille sept cent quatre-vingt-quatre, mais le conseil y transféra aussi ce nom honorifique. Au-dessus du passage voûté, à l’intérieur, est toujours suspendue une planche de bois portant la formule royale, et la place devant l’ancien Leal Senado demeure le principal lieu de la ville pour les fêtes publiques.
Sur place
Place ouverte, accessible vingt-quatre heures sur vingt-quatre ; les bâtiments qui l’entourent ont leurs propres horaires.
Vérifié : 30 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.La place vit souvent à son rythme soutenu. Pour écouter, écartez-vous vers le bord, ne restez pas au milieu du flux de passants et observez l’ensemble dans son entier.
