Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le passage central
- Les hautes colonnes à chapiteaux en forme de papyrus
- Les rangées latérales de colonnes
- Les sculptures sur les tambours de pierre
L’histoire du lieu
Les fûts de pierre aux chapiteaux de papyrus épanouis forment ici toute une forêt, et le haut passage central mène vers les profondeurs de Karnak. Lors de la fête d’Opet, les prêtres portaient à travers la salle la barque contenant l’image cultuelle d’Amon, et, lors de jours particuliers, certains habitants de Thèbes pouvaient aussi se tenir sur les bords de la procession. Sur les colonnes, le pharaon est représenté accomplissant des rites ; son nom se répétait autrefois aussi sur les poutres au-dessus de votre tête. Sous les fondations de pierre reposent de petits blocs provenant de temples ouverts plus anciens, démontés après le rétablissement du culte d’Amon.
Au-dessus des colonnes, le ciel est aujourd’hui à découvert. Sous Séthi Ier, une toiture de pierre couvrait cet endroit. Elle reposait sur cent trente-quatre colonnes : les douze plus hautes encadraient le passage central, les autres remplissaient les parties latérales. De là vient le nom moderne : une salle hypostyle est une pièce dont la couverture repose sur des rangées de colonnes.
Séthi Ier, pharaon et commanditaire de la salle, préparait ce passage pour les sorties festives d’Amon, le dieu principal de Karnak. Lors de la fête d’Opet, les prêtres sortaient des profondeurs du temple son image cultuelle, placée dans un sanctuaire portatif en forme de barque. La procession avançait entre les hautes colonnes centrales. Les inscriptions désignent la salle comme le lieu où Amon, Mout et Khonsou pouvaient s’arrêter avant la suite du cortège. Lors de jours particuliers, une partie des habitants de Thèbes était admise ici : ils voyaient la barque et le pharaon, bien que les pièces intérieures du temple leur demeurent fermées.
Séthi destinait aussi la salle à son propre culte. Son ancien nom peut se traduire ainsi : « Séthi est efficace, aimé d’Amon, dans le domaine d’Amon ». Ces mots se répétaient sur les poutres sous le toit. Le pharaon plaça son nom directement sur la voie du dieu, et les artisans sculptèrent sur les colonnes des scènes où Séthi accomplit des rites et reçoit des bénédictions.
Les constructeurs assemblèrent les fondations de ce monument, entre autres, avec de petits blocs identiques qui avaient déjà fait partie d’un autre Karnak. Quelques décennies avant Séthi Ier, le pharaon Akhenaton tenta de remplacer le culte d’Amon par celui d’Aton, le dieu solaire. Pour Aton, il érigea ici des temples ouverts avec des pierres adaptées à une construction rapide. Après la mort d’Akhenaton, ses successeurs rétablirent les anciens cultes, démontèrent ces édifices et utilisèrent leurs blocs dans de nouvelles constructions. Les images d’Akhenaton disparurent de la surface de Karnak et se retrouvèrent sous les colonnes de la salle consacrée à Amon et à Séthi Ier.
Cette décision eut des conséquences le trois octobre mille huit cent quatre-vingt-dix-neuf. Les eaux souterraines salées détruisaient peu à peu le grès tendre des fondations. Dans la partie nord, une colonne entraîna les colonnes voisines ; onze s’effondrèrent en chaîne. Trois autres s’inclinèrent et menaçaient de prolonger l’effondrement.
On confia le sauvetage de la salle à Georges Legrain, égyptologue français, qui exerçait comme directeur des travaux à Karnak et était chargé du dégagement et de la réparation de l’ensemble du complexe. Karnak fut son lieu de travail pendant vingt-deux ans. Il devait maintenant prouver que des colonnes d’environ quinze mètres de haut pouvaient être remontées à partir d’un amas de tambours pesant plusieurs tonnes. Legrain reconnut plus tard que beaucoup jugeaient ce projet insensé.
Legrain et les ouvriers égyptiens démontèrent l’éboulement pendant deux ans, segment par segment. Chaque tambour devait être extrait, identifié et entreposé provisoirement de façon à pouvoir ensuite regagner la bonne colonne. Il fallut d’abord démonter les trois supports dangereusement inclinés. Dans l’aile nord, les ouvriers remplacèrent les fondations fragiles et relevèrent une part importante de la maçonnerie. Dans l’aile sud, ils agirent de manière encore plus risquée : ils retiraient les fondations détruites sous une colonne restée debout et posaient des briques cuites, passant d’un support au suivant.
Legrain conserva la salle, mais il ne la restaura pas avec une exactitude totale. Des chercheurs contemporains ont comparé les sculptures des colonnes avec des photographies d’archives et découvert que deux colonnes presque intactes avaient été remontées à des emplacements qui n’étaient pas les leurs. Une autre fut relevée à environ trente mètres de son point d’origine. Dans l’aile nord, les tambours antiques se dressent verticalement grâce aux hommes du début du vingtième siècle, et l’ordre de trois colonnes conserve leur erreur.
Sur place
Karnak est généralement ouvert tous les jours de 06:00 à 17:00 ; la page des billets indique que les dernières entrées se font jusqu’à 16:00. Vérifiez la billetterie le jour de votre visite.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.N’essayez pas d’embrasser la salle d’un seul regard. Approchez-vous de quelques colonnes et comparez la profondeur des sculptures à la lumière latérale, sans toucher la surface.
