Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Murs de granit
- Deux registres de reliefs
- Cartouches de Philippe III Arrhidée
- Représentations de la barque d’Amon
L’histoire du lieu
Les prêtres déposaient les offrandes dans la salle avant, tandis qu’ils conservaient plus loin, dans la salle intérieure, la barque portative avec la statue d’Amon. C’est de ce petit sanctuaire de granit que sortait, lors de la fête, la procession du temple avec la barque. Les murs extérieurs sont divisés en deux registres de reliefs, et les cartouches royaux qui s’y trouvent rattachent le décor à l’époque de la domination macédonienne.
Sur le mur extérieur du sanctuaire, le roi accomplit un rite qu’il n’a très probablement jamais accompli ici en réalité. Dans le registre supérieur, Thot et Horus le purifient, puis les dieux lui posent la couronne blanche de Haute-Égypte. Plus bas, des prêtres portent la barque d’Amon, et le roi les aide. Les hiéroglyphes le nomment Philippe III Arrhidée.
Philippe était Macédonien, demi-frère d’Alexandre le Grand. Après la mort d’Alexandre, en trois cent vingt-trois avant notre ère, l’armée le proclama roi sous le nom de Philippe III Arrhidée : l’empire avait besoin d’un héritier adulte issu de l’ancienne dynastie. Les auteurs antiques considéraient Philippe comme incapable de gouverner seul ; il est impossible de poser un diagnostic deux mille ans plus tard. Une autre chose est certaine : il ne commandait pas ses propres armées, et les ordres étaient donnés par les régents qui se succédaient auprès de lui.
L’Égypte échut alors à Ptolémée, général d’Alexandre nommé satrape, c’est-à-dire gouverneur de Philippe. Ptolémée avait l’intention de garder le pays, mais ne pouvait pas encore se proclamer roi. Il devait montrer qu’il agissait au nom du souverain légitime. Selon la version la plus convaincante des chercheurs, c’est précisément Ptolémée qui ordonna de créer ce sanctuaire, ou au moins de le décorer du nom de Philippe. L’identité de celui qui commença la maçonnerie de granit reste discutée ; les reliefs et les cartouches royaux appartiennent incontestablement à l’époque de Philippe.
L’emplacement d’une telle déclaration fut choisi de manière très précise. Dans la salle extérieure, les prêtres apportaient des offrandes ; dans la salle intérieure était conservée la barque portative qui contenait la statue cachée d’Amon. Pendant la fête, on la faisait sortir du temple. Le relief attribue à Philippe le rôle royal dans la procession : les dieux le purifient et le couronnent, puis il accompagne Amon. C’est une représentation rituelle, non le récit d’une visite royale. Philippe n’est très probablement jamais arrivé jusqu’à Karnak.
Son épouse Eurydice tenta d’écarter le régent suivant et de gouverner au nom de son mari. Olympias, la mère d’Alexandre, qui revendiquait le trône pour son petit-fils, s’opposa à eux. Les soldats macédoniens de Philippe passèrent de son côté sans combattre. Olympias ordonna à des Thraces de poignarder le roi prisonnier et contraignit Eurydice à se suicider. Ptolémée conserva l’Égypte et prit plus tard lui-même le titre royal.
La barque d’Amon de la salle intérieure a disparu. Sur le mur de granit est resté Philippe III Arrhidée, pharaon couronné que, très probablement, personne n’a jamais vu vivant à Karnak.
Sur place
Aux horaires du complexe de Karnak : généralement 06:00–17:00, avec une dernière entrée plus tôt selon la page des billets.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Ne cherchez pas un bateau de bois conservé : il importe davantage d’imaginer le sanctuaire fermé sur des perches et les personnes qui le portaient selon un scénario établi.
