Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Rez-de-chaussée commerciaux en brique
- Étages d’habitation en bois
- Balcons le long des façades
- Larges ouvertures sur la rue
L’histoire du lieu
Autrefois, des villages-ban distincts bordaient cette route, chacun autour de son propre monastère : les maisons sur poteaux de bois se cachaient derrière des clôtures, et l’espace sous le plancher servait au travail et aux provisions. Puis des rangées de boutiques apparurent le long de la rue elle-même : les toits à deux versants suivaient la route, les larges ouvertures du rez-de-chaussée donnaient sur les boutiques et les pièces d’habitation montèrent à l’étage. Les familles laotiennes transformèrent à leur manière la maison qui leur était familière, en fermant le rez-de-chaussée avec de la brique et en laissant l’étage en bois avec un balcon. Aujourd’hui, des cafés, des magasins et des maisons d’hôtes occupent l’espace sous ces balcons, mais l’organisation de la maison la partage toujours entre le revenu en bas et la vie en haut.
Sakkarine, sur le panneau routier, est le nom de trône de Kam Oun, roi de Luang Prabang et père de Sisavang Vong. Le tronçon nord-est de la route principale de la péninsule porte son nom ; plus près de l’ancien palais, cette même route reçoit le nom de son fils et successeur. Les maisons qui la bordent apparurent pour l’essentiel après la mort de Sakkarine, lorsque la ville restait une capitale royale sous protectorat français.
Auparavant, une route passait ici à travers des villages-ban distincts : chacun se formait autour de son propre monastère. Les maisons d’habitation étaient élevées sur des poteaux de bois, l’espace sous le plancher servait au travail et au stockage des provisions, et les parcelles étaient séparées de la route par des clôtures. La brique et le mortier de chaux coûtaient cher et étaient surtout réservés aux temples.
Au cours des premières décennies du vingtième siècle, l’administration française décida de construire un palais, une douane, une poste, un hôpital et un réseau de rues rectangulaire. Les charpentiers locaux étaient appréciés pour leur travail du bois, mais les bâtiments en brique exigeaient d’autres compétences. Une fois les constructions achevées à Saïgon, on en fit venir des maçons et des plâtriers vietnamiens. Ce qui les retenait à Luang Prabang, c’était le revenu procuré par les chantiers publics.
Lorsque le programme de travaux publics prit fin, les riches familles laotiennes et les marchands chinois devinrent les clients de ces artisans. Les ouvriers commencèrent à bâtir des maisons le long de la route elle-même, et beaucoup restèrent définitivement dans la ville. Les marchands avaient besoin d’un bâtiment dont le rez-de-chaussée rapporte un revenu et dont l’étage serve de logement. C’est ainsi qu’apparurent, dans les rues Sakkarine et Phothisarat, des rangées de deux, quatre, parfois huit boutiques : le toit à deux versants suivait la route, les larges ouvertures du rez-de-chaussée donnaient directement sur la rue et les pièces d’habitation se trouvaient à l’étage. Une telle maison n’avait généralement ni cour ni clôture.
Les clients laotiens adaptèrent les mêmes procédés à la maison qui leur était familière : ils fermèrent le rez-de-chaussée par des murs de brique, laissèrent l’étage en bois et aménagèrent un balcon le long de la façade. La construction mixte de la rue naquit donc de transactions précises. Les bâtisseurs vietnamiens reçurent de nouvelles commandes et s’établirent à Luang Prabang ; les marchands chinois réunirent boutique et logement ; les familles laotiennes conservèrent l’organisation de leur maison en remplaçant une partie du bois par de la brique.
Aujourd’hui, les rez-de-chaussée de nombreux bâtiments de ce type abritent des cafés, des magasins et des maisons d’hôtes. Au-dessus de l’espace ouvert sur la rue demeure toujours l’étage d’habitation : c’est ainsi qu’un marchand ayant engagé un artisan vietnamien il y a environ cent ans ordonna d’aménager sa maison dans la rue du roi Sakkarine.
Sur place
La rue publique est accessible en permanence ; les maisons, cours et institutions distinctes suivent leurs propres règles
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.C’est une rue résidentielle et monastique, pas un couloir de musée. N’obstruez pas les entrées et ne photographiez pas les habitants ou les moines sans leur accord.
