Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Sections de garages aux façades ajoutées
- Les trois fenêtres de la tour : cercle, croix, cercle
- Le bâtiment de brique de l’OXO Tower
L’histoire du lieu
Gabriel’s Wharf porte le nom d’une cour de négoce de bois disparue, où l’on déchargeait et vendait autrefois du bois. Les boutiques actuelles sont installées dans de basses sections de garages avec vitrines, où l’atelier et l’espace de vente occupent un même local exigu. À côté s’élève un bâtiment d’entrepôt de brique avec l’OXO Tower, qui fut transformé pour l’entreposage frigorifique de cubes de bouillon. Sur chaque façade de la tour, un cercle, une croix inclinée et un second cercle composent le nom du produit ; derrière les murs de brique se trouvent désormais des appartements, des boutiques et des ateliers.
En mille neuf cent quatre-vingt-onze, Alison Pinner obtint ici un contrat urgent d’un an. Elle devait aider à transformer un entrepôt inoccupé avec l’OXO Tower en logements, ateliers et restaurants. Coin Street Community Builders, une société de promoteurs locaux, employait alors sept personnes, et Alison n’était engagée que trois jours par semaine. Pour lui donner davantage d’heures de travail, on lui confia aussi le courrier : chaque matin, elle arrivait plus tôt, ouvrait les enveloppes, copiait les lettres et les répartissait sur les bureaux.
Cette petite organisation vit le jour après un conflit de sept ans sur l’avenir du rivage. Ian Tuckett, habitant de Waterloo et coordinateur d’un groupe de riverains, militait pour que l’on construise ici des logements abordables, que l’on ouvre le quai au public et que l’on conserve des locaux pour de petites entreprises. Un autre projet prévoyait un hôtel de grande hauteur et un immense quartier de bureaux. Après deux longues enquêtes publiques, les habitants créèrent leur propre société et, en mille neuf cent quatre-vingt-quatre, achetèrent treize acres de terrain au conseil métropolitain de l’époque.
Ils n’avaient pas l’argent nécessaire pour transformer immédiatement l’ensemble du site. En mille neuf cent quatre-vingt-huit, ils ouvrirent Gabriel’s Wharf comme un espace temporaire bon marché : ils prirent des sections de garages d’usine, y ajoutèrent des vitrines et les confièrent à de petites boutiques et à des ateliers. Ils y testaient une idée qu’ils prévoyaient ensuite de transférer dans l’OXO Tower : l’artisan fabrique un objet dans le même local où il le présente et le vend au client.
Le nom du quai est plus ancien que ces pavillons. Christopher Gabriel gagnait sa vie en fabriquant des rabots et, après sa mort, ses fils réorientèrent l’entreprise familiale vers l’importation et la vente de bois. En mille huit cent quinze, ils louèrent ici un quai et une cour d’entrepôts. La famille conserva le quai jusqu’en mille neuf cent trente. Les anciens entrepôts de bois ne subsistent plus sur la place actuelle ; de l’entreprise des Gabriel, il ne reste que le nom.
Quand Alison arriva ici, de nombreuses boutiques installées dans les garages étaient vides. Elle se mit à chercher des locataires, à traiter avec la presse et à attirer des clients. À la fin de son contrat d’un an, on lui proposa un poste permanent : elle devait désormais louer les ateliers et les restaurants du futur complexe OXO. D’employée temporaire dont on complétait le temps de travail en triant le courrier, Alison devint avec le temps responsable de la partie commerciale de toute l’organisation.
Le bâtiment de brique avec la tour s’appelait auparavant Stamford Wharf. À la fin des années mille neuf cent vingt, la Liebig Extract of Meat Company, qui produisait les cubes de bouillon OXO, le transforma en entrepôt frigorifique. Albert Moore, l’architecte de l’entreprise, se vit refuser l’installation d’une enseigne lumineuse : les règles de la ville interdisaient de telles inscriptions au-dessus de la Tamise. Moore intégra alors le nom du produit à la structure elle-même. Sur chaque face de la tour, il disposa trois fenêtres : un cercle, une croix oblique et un autre cercle. Elles formaient le mot « OXO » avec des éléments de construction.
Les cubes n’y sont plus entreposés depuis longtemps, mais la publicité formée par les fenêtres est restée. En mille neuf cent quatre-vingt-seize, le bâtiment réaménagé ouvrit : les étages inférieurs furent occupés par des boutiques, des espaces d’exposition et des ateliers de designers, l’étage supérieur par un restaurant et une terrasse panoramique accessible au public. Entre les deux, on installa soixante-dix-huit appartements d’une coopérative de logement ; les résidents fixent eux-mêmes les loyers, répartissent les appartements et élisent le comité de gestion. L’organisation consacre les revenus des locaux commerciaux à l’entretien du quartier et à des programmes locaux.
Les boutiques de Gabriel’s Wharf occupent toujours ces mêmes sections de garages d’usine aux façades ajoutées. Et derrière les murs de brique, sous les fenêtres OXO, cinq étages sont occupés par des appartements coopératifs — les logements pour lesquels Ian Tuckett et ses voisins avaient autrefois présenté leur projet lors de la première enquête publique.
Sur place
La cour en bord de fleuve de Gabriel’s Wharf est ouverte vingt-quatre heures sur vingt-quatre ; les horaires des boutiques et des cafés varient. La galerie sur le toit de l’OXO Tower est ouverte tous les jours, vérifiez les horaires du restaurant.
Vérifié : 17 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.La berge du fleuve est glissante et dépend de la marée : observez-la depuis le quai et ne descendez pas sans connaître les conditions locales. Les ateliers fonctionnent de manière indépendante.
