Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- L’arc sombre dans le pavage clair
- La façade gothique du Guildhall
- La maçonnerie romaine dans la salle souterraine
- L’entrée orientale de l’amphithéâtre
L’histoire du lieu
Guildhall Yard se trouve au centre d’un grand amphithéâtre romain, et l’arc sombre dans le pavage clair en reprend le bord de l’ancien ovale. Ce terrain bas et humide ne convenait pas aux habitations, mais on en retira la terre pour aménager l’arène et l’on éleva sur des remblais des gradins en bois ; plus tard, les murs les plus importants furent renforcés de pierre et de tuiles. L’ovale, long de plus de cent mètres, pouvait accueillir jusqu’à sept mille personnes : on y faisait entrer des gladiateurs, des condamnés et des animaux, et l’on y tenait des compétitions, des exécutions, des cérémonies religieuses et militaires. Le passage oriental menait à l’arène en passant près d’une petite cage munie d’une grille relevable, et les caniveaux en planches situés dessous évacuaient l’eau du sol humide.
En février mille neuf cent quatre-vingt-huit, l’archéologue Nick Bateman essayait d’assembler plusieurs murs romains découverts dans différentes fouilles près du Guildhall. Bateman dirigeait le chantier : son équipe devait étudier le terrain avant la construction d’une nouvelle galerie d’art. Les constructeurs attendaient, tandis que les murs divergeaient obstinément selon des angles étranges. Puis les archéologues dégagèrent un arc. Il ne convenait pas à un bâtiment ordinaire : ils avaient devant eux le mur intérieur de l’arène.
La découverte trancha une controverse qui durait depuis plus d’un siècle. Les archéologues supposaient que Londinium, le Londres romain, devait avoir eu un amphithéâtre, mais personne ne savait où le chercher. On ne l’attendait guère ici : des édifices de ce type étaient habituellement construits hors des limites de la ville, alors que celui-ci se trouvait près d’un fort militaire et se retrouva plus tard à l’intérieur des murs romains. Ce terrain bas et humide se prêtait mal aux habitations. En revanche, on pouvait en extraire la terre pour aménager l’arène et élever sur des remblais des gradins en bois.
Le premier amphithéâtre fut construit vers l’an soixante-dix. Au début du deuxième siècle, les constructeurs romains l’agrandirent et renforcèrent de pierre et de tuiles les murs les plus importants. L’ovale, long de plus de cent mètres, pouvait accueillir jusqu’à sept mille spectateurs. Les organisateurs y faisaient entrer des gladiateurs, des condamnés et des animaux, et y tenaient des compétitions, des exécutions, des cérémonies religieuses et militaires. Les combats de gladiateurs à mort se produisaient sans doute moins souvent qu’on ne l’imagine généralement : les combattants entraînés coûtaient de l’argent et se produisaient dans les villes de l’Empire.
L’équipe de Bateman trouva l’entrée orientale par laquelle les participants pénétraient dans l’arène. À côté se trouvait une petite cellule. Des rainures destinées à une grille de bois subsistaient dans le seuil de pierre : les serviteurs pouvaient la lever d’en haut et libérer l’animal tout en restant eux-mêmes hors de la cage. Sous le passage se trouvaient des caniveaux en planches. Le sol humide, qui empêchait les Romains d’y construire des habitations, préserva le bois pendant près de deux mille ans.
Cette découverte se heurta à une décision municipale déjà prise. La Cité de Londres projetait de ramener des réserves des milliers de tableaux : l’ancienne galerie avait brûlé lors d’un raid aérien en mai mille neuf cent quarante et un. Des bureaux étaient également prévus au-dessus de la fouille. Après la découverte de l’amphithéâtre, l’État plaça les ruines sous protection, une procédure commença et le chantier fut arrêté pendant plusieurs années.
Il était impossible de déplacer la maçonnerie. Il était également impossible d’y installer une foreuse de cent tonnes : elle aurait pulvérisé les murs. Les ingénieurs assemblèrent au-dessus de la fouille une plateforme temporaire en acier et en placèrent les appuis dans les espaces entre les vestiges romains. Depuis cette plateforme, ils forèrent des pieux permanents de quarante et un mètres de profondeur, puis transférèrent sur eux le poids de la galerie et des bureaux. Les architectes retirèrent le vestiaire du projet initial et aménagèrent à sa place une salle consacrée à l’amphithéâtre. La galerie d’art ouvrit en mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf, et les ruines trois ans plus tard.
La salle gothique d’en face continue de servir d’hôtel de ville à la Cité de Londres. Le nom « Guildhall » est généralement rattaché au mot anglo-saxon « gild », qui signifie paiement : ici, les citadins acquittaient des taxes et se réunissaient pour les affaires de la ville.
L’arc sombre parmi les dalles claires de Guildhall Yard marque le mur de l’arène romaine. La cour elle-même occupe une grande partie de son ancien emplacement, et l’entrée orientale trouvée par Bateman se situe environ six mètres plus bas, sous la galerie. Les constructeurs médiévaux firent passer les rues voisines autour de l’ovale enfoui, et le milieu de l’arène n’a pas été bâti au moins depuis le quatorzième siècle.
Sur place
Amphithéâtre / Guildhall Art Gallery : lun-dim 10:00-17:00, dernière entrée 16:45 ; gratuit, fermetures exceptionnelles et événements possibles.
Vérifié : 26 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Le contour de l’amphithéâtre est visible sur la place ouverte. Les murs et le drainage conservés se trouvent à l’intérieur de la galerie d’art, dont l’accès doit être vérifié séparément.
