Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Plafonds en bois
- Ancienne caisse
- Téléphone ancien
- Alambic
L’histoire du lieu
L’avenue porte le nom de Simón Bolívar, le général vénézuélien qui dirigea la dernière campagne pour l’indépendance du Pérou. En mille huit cent vingt-quatre, ses troupes remportèrent la victoire de Junín, et l’armée commandée par Antonio José de Sucre écrasa les forces espagnoles à Ayacucho. Bolívar dirigeait la campagne depuis la Quinta de los Libertadores, située non loin d’ici ; son nom est donc lié ici à un voisin concret, et pas seulement à la mémoire nationale.
À la taverne, le nom de famille est celui d’un autre arrivant. Santiago Queirolo Raggio, immigrant génois, arriva avec sa famille au Pérou en mille huit cent soixante-dix-sept. Trois ans plus tard, alors que le pays était déjà en guerre avec le Chili, il ouvrit dans cette maison une pulpería, une boutique où l’on vendait des produits d’épicerie, des conserves, du vin et tout le nécessaire pour le ménage au quotidien. Le commerce devait nourrir la famille, qui venait tout juste de s’établir dans son nouveau pays.
Le quartier s’appelait alors Magdalena Vieja, l’actuel Pueblo Libre. Autour se trouvaient les haciendas et domaines agricoles de Maranga, Mateo Salado, San Felipe, Pando et Oyague. Leurs habitants et leurs employés venaient ici pour s’approvisionner. Plus tard, un tramway à chevaux passa à proximité, et les clients furent plus nombreux. Queirolo avait choisi un emplacement sur la route entre les domaines et Lima : la boutique se trouvait là où les gens devaient de toute façon renouveler leurs provisions.
Santiago s’occupait lui-même de la nourriture et surveillait la préparation du vin, puis celle du pisco, une eau-de-vie de raisin. Les visiteurs demandaient de plus en plus précisément ses bouteilles. Il comprit que la boisson familiale se vendait mieux que les repas et investit dans la vinification. La pulpería devint progressivement une taverne, le nom du propriétaire devint celui d’un vin, et la production d’appoint se développa en une entreprise distincte. En mille neuf cent soixante-trois, l’ancienne exploitation ne suffisait déjà plus aux descendants de Queirolo : les vignobles furent déplacés vers le sud, dans la province de Cañete. Plus tard, la production fut aussi étendue à Ica. Elle quitta cet endroit, mais la première maison de commerce familiale fut conservée avec ses tables et son comptoir.
Les visiteurs en modifièrent également l’organisation. Dans les années trente et quarante, une petite portion de pisco était ici appelée une « mulita », un mulet. Les habitués se lassèrent de commander un verre après l’autre et commencèrent à demander directement une bouteille : puisque plusieurs mulets forment un troupeau, la grande portion reçut le nom de « res », du bétail. C’est ainsi qu’apparut la commande locale, encore servie aujourd’hui : une bouteille de pisco, de la limonade au gingembre, du citron et de la glace, afin que les personnes assises à table mélangent elles-mêmes le chilcano.
La même famille occupe cette maison, construite dès le milieu des années mille huit cent soixante-dix. À l’intérieur subsistent les plafonds en bois, l’ancienne caisse, l’un des premiers téléphones péruviens et l’alambic d’origine. Les raisins ont depuis longtemps quitté Pueblo Libre, mais la machine avec laquelle Queirolo commença à transformer le vin de boutique en affaire familiale se trouve dans la première taverne.
Sur place
La page de contact officielle indique : lun.–mer. 08:00–22:00, jeu. 08:00–23:00, ven.–sam. 08:00–00:00, dim. 08:00–17:00 ; vérifiez avant votre visite.
Vérifié : 26 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.C’est une taverne en activité, non une salle de musée : observez les objets sans gêner le service et ne considérez pas qu’une commande est une partie obligatoire de l’itinéraire.
