Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Ornement végétal
- Inscription sur la traverse supérieure
- Montant central
- Main, doigts et serpent
L’histoire du lieu
Kijumwa est le nom du maître qui a sculpté cette entrée. En mai mille huit cent quatre-vingt-dix-sept, Mohammed Kijumwa reçut la commande d’une porte pour une boutique et une maison d’habitation dans la rue principale de Lamu, un peu au sud du marché. La porte sert encore d’entrée à un local commercial.
Kijumwa était poète, musicien et calligraphe. Il apprit la sculpture sur bois sans maître, par essais et erreurs. À Zanzibar, il fut invité à la cour du sultan comme musicien ; il y vit le travail des sculpteurs indiens. De retour à Lamu, il transposa dans le bois leurs tiges grimpantes, leurs feuilles, leurs fruits et leurs fleurs, mais se mit à sculpter l’ornement à différentes profondeurs. Ce travail exigeait jusqu’à dix sortes d’outils. Au moment de cette commande, on pouvait déjà reconnaître sa manière.
Au centre de la traverse supérieure, Kijumwa inscrivit une date du calendrier musulman : le sept dhou al-hijja de l’an mille trois cent quatorze. À côté, il sculpta la basmala — les mots « Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux ». Sur les portes swahilies, cette inscription servait de prière pour la protection de la maison, des biens et des personnes qui franchissaient le seuil.
La plupart des sculpteurs ne laissaient pas leur nom sur les portes. On considérait le savoir-faire comme un don de Dieu, et l’exécutant devait s’effacer devant le texte sacré. Kijumwa fit autrement. Sur le montant central, sous la basmala, il sculpta un serpent ondulant, une main accrochée à son anneau et des doigts levés vers le haut. Il y plaça aussi les mots « Fundi Kijumwa » — « maître Kijumwa ». La main est dirigée vers l’inscription sacrée au-dessus d’elle. Parmi les portes conservées de la côte swahilie, les chercheurs ne connaissent pas d’autre signature de ce genre sur un montant central.
Kijumwa obtint ce à quoi les maîtres renonçaient d’ordinaire : son nom d’auteur survécut au commanditaire. Des sculpteurs ultérieurs adoptèrent le profond ornement végétal, et cette manière fut appelée le style de Kijumwa. À leur emplacement d’origine sont restés la prière du propriétaire de la boutique, la date de fabrication et le nom sculpté par le maître lui-même.
Sur place
La porte est visible depuis la rue publique ; l’ouverture de la boutique n’est pas garantie. La géolocalisation précise est approximative, le repère verbal est plus fiable.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.C’est une entrée en activité vers une boutique et un logement : observez-la depuis la rue, ne touchez pas la sculpture et ne bloquez pas le seuil.
