Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Quai en béton
- Bateaux de passagers
- Coques de dhows
- Place devant le fort
L’histoire du lieu
L’embarcadère principal sert d’entrée officielle à Lamu par nécessité. L’aéroport se trouve sur l’île voisine de Manda, la route s’arrête sur le continent, à Mokowe : les passagers et les marchandises sont donc acheminés vers la vieille ville en bateau. Le quai a été installé du côté abrité de l’île : Manda protège le port de l’océan ouvert.
En septembre mille huit cent soixante-treize, on amena ici un dhow vide, à cause duquel le gouverneur de Lamu faillit entrer en conflit avec des marins britanniques. Le navire allait de Kilwa vers la ville somalienne de Brava. Après avoir été endommagé en mer, son capitaine le fit entrer dans le port de Shela, à l’entrée du chenal de Lamu, prétendument pour le faire réparer. À bord se trouvaient deux cent dix-sept personnes réduites en esclavage.
Le gouverneur de Lamu, fonctionnaire du sultan de Zanzibar, retint les personnes et le navire. Le nom du gouverneur n’est pas indiqué dans la correspondance britannique, mais sa décision y est consignée en détail : faire débarquer les personnes, conduire le dhow à Lamu et demander au sultan des instructions supplémentaires. Quelques mois seulement auparavant, le sultan Barghash bin Saïd avait signé un traité interdisant le transport d’esclaves par mer. Il fallait désormais prouver que cette interdiction s’appliquait aussi dans les ports administrés par ses représentants.
La réponse du sultan était encore en route lorsque les chaloupes du navire britannique « Daphne » entrèrent à Lamu. Elles étaient commandées par le lieutenant Marcus McCausland, qui traquait les navires des négriers. Il décida que le gouverneur comptait s’approprier les captifs et exigea de lui la remise du dhow et des personnes. Le gouverneur insista : c’était lui qui avait retenu le navire et il devait attendre l’ordre du sultan. L’interprète ne transmit pas aux Britanniques toutes les objections du gouverneur. En présence d’un rassemblement d’hommes armés, la dispute risquait de tourner à l’affrontement ; le gouverneur céda donc le dhow et cinquante captifs. La « Daphne » les emmena à Aden ; les autres devaient être envoyés à Zanzibar en tant que personnes libres.
Plus tard, le consul britannique John Kirk examina l’affaire à partir de témoignages recueillis à Lamu. Il apparut que McCausland s’était trompé : le dhow était entré dans le port six jours avant l’arrivée des chaloupes britanniques, et le gouverneur avait bien été le premier à retenir le navire et à en informer le sultan. Kirk qualifia cet acte de précédent : après cela, les capitaines négriers ne pouvaient plus compter sur le fait qu’un port du sultan de Zanzibar leur offrirait un refuge.
L’embarcadère actuel en béton n’existait pas encore. Le rivage passait environ trente mètres plus près du fort, et la place actuelle entre le fort et le quai servait de lieu de débarquement. C’est juste devant le fort que le dhow vide fut tiré sur la grève, tandis que deux cent dix-sept personnes attendaient de savoir de qui elles seraient les captives — et si elles seraient reconnues comme libres. Plus tard, les habitants gagnèrent sur le port une bande de terre, puis construisirent une digue après la Première Guerre mondiale. Désormais, les bateaux accostent plus à l’est, et les arrivants rejoignent la ville par une place sèche sous laquelle subsiste l’ancien tracé du rivage.
Sur place
Embarcadère public en activité ; il n’existe pas de régime touristique distinct. Pour la visite, choisissez les heures de jour.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Restez à l’écart des manœuvres d’amarrage et du transport des marchandises ; ne photographiez les gens qu’avec leur accord.
