Étape 5 sur 8

La synagogue et le cimetière Remuh

Synagoga Remuh

Ici, la décision d’un rabbin de Cracovie unira deux traditions juridiques, sans obliger l’une à évincer l’autre.

25 min
Petite synagogue blanche avec un fronton triangulaire et une cour verdoyante
Jorge Láscar · CC BY 2.0; cropped/resized for app
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0 sur 8 terminé

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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Inscription au-dessus du portail
  • Stèle de Remuh
  • Mosaïque de fragments de pierres tombales
  • Rangées de dalles remises en place

L’histoire du lieu

Taille du texte

Au-dessus du portail, il est écrit : « La synagogue Remuh de bienheureuse mémoire ». Remuh est un nom formé des initiales des mots « rabbi Moshe Isserles ». Au départ, cette maison de prière était appelée la Nouvelle, afin de la distinguer de la Vieille Synagogue voisine. Le nom du rabbin s’y fixa plus tard, en même temps que sa tombe derrière le mur.

Le cimetière apparut avant la synagogue. La communauté acheta le terrain dès mil cinq cent trente-trois, mais l’ouvrit aux inhumations pendant une épidémie, lorsque l’ancien cimetière n’eut plus de place pour deux cent vingt morts. À la même époque, le jeune rabbin de Cracovie Moshe Isserles perdit sa femme et sa mère.

En mil cinq cent cinquante-trois, son père, le riche marchand et banquier royal Israel Isserles, obtint de Zygmunt II August l’autorisation d’établir ici la synagogue Remuh. Une tradition répandue la présente comme un cadeau à son fils érudit. Une inscription conservée précise le prix familial de cette construction : le père la paya avec l’héritage de sa défunte épouse, la mère de Moshe. Ainsi se retrouvèrent côte à côte un cimetière ouvert à cause d’une épidémie et une maison de prière élevée avec l’argent de l’une de ses victimes.

Moshe dirigeait la yeshiva de Cracovie, une école où l’on étudiait le Talmud et le droit religieux. Des élèves venaient de Tchéquie, de Silésie, des terres allemandes et de Hongrie ; Isserles en entretenait certains à ses frais. L’argent bancaire de la famille assurait le fonctionnement de l’école, mais la position du rabbin reposait sur autre chose : il tranchait de véritables litiges, répondait à des questions venues de différents pays et devait expliquer selon quelles règles vivaient les communautés juives d’Europe centrale et orientale.

En mil cinq cent soixante-cinq, le rabbin Yosef Caro, qui vivait à Safed et cherchait à composer un recueil pratique de droit religieux, publia le « Choulhan Aroukh » — « La Table dressée ». Le livre fournissait des solutions prêtes à l’emploi pour la vie quotidienne, le mariage, le commerce, les fêtes et le deuil. Mais Caro s’appuyait principalement sur la tradition des juifs séfarades, originaires d’Espagne et du Portugal. Les coutumes des communautés ashkénazes, auxquelles Isserles était quotidiennement confronté, restaient dans bien des cas hors de ce recueil.

Isserles aurait pu publier un livre concurrent et exiger que l’on choisisse entre les deux systèmes. Il fit autrement : il conserva le texte de Caro et ajouta à côté de brèves corrections ; là où les juifs polonais et allemands suivaient une autre décision, il ajoutait leur coutume. Le rabbin appela son ouvrage « Mappa », c’est-à-dire « La Nappe » : Caro avait dressé la table, et Isserles y posa une nappe.

De cette décision naquit davantage qu’un nouveau commentaire. Les communautés ashkénazes purent adopter le recueil de Caro sans renoncer à leurs propres règles. Le texte d’un rabbin et les remarques de l’autre commencèrent à être imprimés ensemble ; pour de nombreux juifs orthodoxes, ils forment encore aujourd’hui un code pratique unique. Isserles n’évinca pas Caro : il rendit son livre adapté aux personnes dont il examinait la vie comme juge et enseignant à Cracovie.

Après sa mort, en mil cinq cent soixante-douze, Moshe Isserles fut enterré à côté de la synagogue. Sa stèle devint un lieu de pèlerinage, et son surnom passa au cimetière comme à la maison de prière. À l’anniversaire de la mort du rabbin, des croyants viennent ici et déposent près de la tombe des kvitlach, des billets contenant des demandes.

Pendant l’occupation allemande, la plupart des pierres tombales furent brisées ou renversées, mais le monument d’Isserles survécut. Une tradition raconte que l’homme qui leva la main contre lui perdit connaissance ; seul le fait que la pierre ait été conservée peut être confirmé. En mil neuf cent cinquante-neuf, des chercheurs retrouvèrent sous la terre et les décombres plus de sept cents pierres tombales. Les dalles intactes furent remises en place, et les fragments assemblés en une longue mosaïque sur le côté intérieur du mur. La plupart des pierres dressées tout autour ne se trouvent désormais pas au-dessus de leurs propres tombes. La stèle de Remuh est restée à son lieu d’inhumation, à quelques pas de la synagogue construite pour sa prière et son école.

Sur place

Temps sur place25 min
Point suivantPlace Nowy
Entréedon

La communauté juive indique des horaires saisonniers : en été 10:00–18:00, en hiver 10:00–16:00 ; fermé les samedis et les fêtes juives. L’entrée se fait par un don, habituellement de 10–15 zlotys. Les prières du matin ont lieu chaque jour ; comportez-vous donc à l’intérieur comme dans une synagogue en activité.

Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Vérifiez l’accès et les éventuelles restrictions liées au jour religieux. Habillez-vous sobrement, suivez les règles concernant les couvre-chefs, ne déplacez pas les pierres et n’ouvrez pas les billets d’autrui.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Par la rue Ciemna, quittez le portail de Remuh en direction d’Okrąglak, au centre de la place Nowy.

Étape 5 sur 8Ensuite : Place Nowy

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Kazimierz : ville chrétienne et juive » — 8 étapes, environ 2,1 km, 2,5–3 heures.

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