Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Salle de prière à deux nefs
- Bimah reconstruite
- Arche en pierre dans le mur oriental
- Plaque commémorative dans le vestibule
L’histoire du lieu
Aujourd’hui, le bâtiment abrite un musée. Le nom « Vieille » est apparu bien avant les plaques du musée : dans des documents du milieu du seizième siècle, on la distinguait déjà ainsi d’une nouvelle synagogue construite à proximité. Le bâtiment lui-même date du quinzième siècle et est considéré comme la plus ancienne des synagogues conservées de Pologne. Après une reconstruction achevée en mille cinq cent soixante-dix, il a conservé une salle médiévale à deux nefs et le couronnement Renaissance de ses murs.
Avant la guerre, c’était la principale maison de prière de la communauté juive de Cracovie. Des salles de prière pour les femmes et la maison du conseil communautaire jouxtaient la salle : on y traitait les affaires intérieures, on réunissait les représentants des familles et on annonçait les décisions. Au centre se dressait la bimah, une estrade depuis laquelle on lisait la Torah et s’adressait aux personnes rassemblées.
Dans les premiers jours de l’insurrection de mille sept cent quatre-vingt-quatorze, Tadeusz Kościuszko monta sur cette bimah. Un an plus tôt, la Russie et la Prusse avaient procédé au deuxième partage de la République des Deux Nations, l’État polono-lituanien commun. Kościuszko devint le chef de l’insurrection et tenta de lever une armée parmi ceux que la politique précédente avait presque exclus des affaires de l’État : les citadins, les paysans et les Juifs.
Kazimierz était alors une ville distincte près de Cracovie, et c’était ici qu’il était le plus facile de trouver les dirigeants de sa communauté juive. Kościuszko vint leur demander des hommes et du soutien. Il déclara ne rien rechercher pour lui-même et considérer les Juifs comme des habitants du pays au même titre que les autres, dont il était tenu de veiller au bien-être. L’enjeu était clair pour les deux parties : les Juifs n’avaient pas encore de droits civiques égaux, mais on leur proposait de sacrifier leur argent et leur vie à égalité avec les autres.
Un seul discours ne pouvait pas créer aussitôt une armée. Pourtant, quelques mois plus tard, les marchands Berek Joselewicz et Józef Aronowicz proposèrent à Kościuszko de former un régiment juif distinct de cavalerie légère. Avant l’insurrection, Joselewicz gagnait sa vie dans le commerce et exécutait des missions commerciales ; il n’était pas officier de métier. Kościuszko approuva le projet, et Joselewicz et Aronowicz publièrent un appel en yiddish. Environ cinq cents volontaires se présentèrent.
Joselewicz exigea que les soldats reçoivent une nourriture casher, soient autorisés à porter la barbe et, dans la mesure du possible, soient exemptés du service le samedi. Ainsi, ces hommes acceptaient de combattre sans renoncer aux règles selon lesquelles ils vivaient avant leur enrôlement. À l’automne, le régiment défendit Praga, faubourg de Varsovie, contre les troupes russes et subit de lourdes pertes lors de l’assaut. Joselewicz survécut, beaucoup de ses soldats moururent. L’insurrection elle-même fut réprimée et, l’année suivante, après le troisième partage, la République des Deux Nations disparut de la carte.
La bimah sur laquelle Kościuszko était monté n’est pas parvenue jusqu’à nous. En mille neuf cent quarante et un, lorsque les occupants allemands forcèrent les Juifs de Cracovie à entrer dans le ghetto de Cracovie, la Treuhandstelle retira la synagogue à la communauté et y installa un entrepôt d’uniformes. Les objets rituels, les archives et la bibliothèque furent emportés ou détruits. À la fin de la guerre, le bâtiment avait perdu sa voûte.
Dans les années cinquante, les restaurateurs municipaux rétablirent la salle. L’un des principaux partisans de ce travail, le chimiste et président de la commission municipale de la culture Bolesław Drobner, œuvra pour qu’un musée de l’histoire juive ouvre ici. En mille neuf cent cinquante-neuf, le président de la communauté juive de Cracovie, Maciej Jakubowicz, remit le bâtiment restauré au Musée historique de Cracovie afin d’y présenter cette exposition.
Une plaque commémorative dans le vestibule signale le discours de Kościuszko. La bimah au milieu de la salle a été reconstruite après la guerre, tandis que l’authentique arche en pierre, où étaient conservés les rouleaux de la Torah, est restée dans le mur oriental.
Sur place
Musée de Cracovie : lundi 10:00–15:00, mardi — dimanche 9:00–17:00 ; dernière entrée 30 minutes avant la fermeture pour les visiteurs individuels et 60 minutes pour les groupes. Le lundi, l’entrée gratuite est possible, mais le musée publie des dates de fermeture distinctes.
Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.L’exposition exige une entrée distincte du musée. Si vous restez dehors, ne considérez pas cette étape comme la visite d’une synagogue en activité : aujourd’hui, sa fonction principale est de préserver et d’expliquer la mémoire.
