Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La plaque de marbre au-dessus de l’entrée
- Les murs de pierre de l’église
- L’iconostase orthodoxe
L’histoire du lieu
Une petite église de pierre a donné son nom à la place. Au-dessus de son entrée occidentale, une plaque de marbre est conservée : en mille cent quatre-vingt-quinze, le marchand de Kotor Mavro Kacafrangi et son épouse Bona y firent graver qu’ils avaient bâti l’église pour le salut de leurs âmes et l’avaient dédiée à saint Luc, apôtre et évangéliste. De cette inscription, le nom passa d’abord à l’église, puis à la place.
Le principal changement eut lieu ici en mille six cent cinquante-sept. La guerre de Candie était en cours, une guerre prolongée entre la République de Venise et l’Empire ottoman. Des familles orthodoxes fuyaient les détachements ottomans depuis Grbalj, une région rurale fertile située entre Kotor et Budva. Elles vivaient de la terre et de l’élevage ; en se réfugiant derrière les remparts de la ville, elles laissaient dehors leurs maisons, leurs champs et leurs propres églises.
L’administration vénitienne autorisa les réfugiés à célébrer le culte dans l’église catholique Saint-Luc. Les catholiques conservèrent leur autel près du mur sud, et les orthodoxes installèrent le leur. Sous le même toit, les catholiques célébraient la messe et les orthodoxes la liturgie, à tour de rôle. Cet arrangement dura environ un siècle et demi. Les réfugiés obtinrent une église à l’intérieur de la ville protégée, et les anciens paroissiens continuèrent à venir à leur autel.
Au début du dix-neuvième siècle, la communauté orthodoxe s’était considérablement agrandie. Ses prêtres exigèrent que les autels catholiques soient retirés des églises qui leur avaient été attribuées. En mille huit cent dix, l’administration française qui gouvernait alors Kotor accepta. L’autel catholique de Saint-Luc fut démonté, et les anciens paroissiens perdirent définitivement leur lieu de culte dans cette église. Les orthodoxes la reçurent tout entière ; les offices selon le rite orthodoxe y sont encore célébrés aujourd’hui.
Cela fait longtemps qu’il n’y a plus deux autels à l’intérieur. Du premier aménagement subsistent la plaque latine de Mavro et de Bona au-dessus de l’entrée, et du second, l’iconostase orthodoxe. L’autel catholique près du mur sud disparut en mille huit cent dix, mais la place porte toujours le nom choisi par ses premiers bâtisseurs au douzième siècle.
Sur place
Les deux églises sont ouvertes au culte. L’église Saint-Nicolas annonce une liturgie quotidienne ; la visite touristique peut être limitée sans préavis.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.L’intérieur est exigu et les dalles se trouvent juste sous vos pieds ; déplacez-vous avec précaution, parlez à voix basse et ne gênez pas les offices.
