Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le visage blanc de Seto Machhindranath
- Les yeux à demi fermés
- Le sanctuaire
- La cour intérieure
L’histoire du lieu
Chaque hiver, les prêtres gardiens de Jana Bahal retirent Seto Machhindranath de l’autel et, en une semaine, lui font traverser toute une vie humaine, de la naissance au mariage.
La cour s’appelle officiellement Jana Bahal. C’est un monastère bouddhiste fondé, pense-t-on, vers le dixième siècle. Le nom usuel de Jana Bahal s’est imposé après qu’on y a placé l’image sacrée principale. Les Newars l’appellent Seto Machhindranath, le dieu de Jana Bahal. Pour les bouddhistes, c’est Seto Machhindranath, le bodhisattva de la compassion ; de nombreux hindous vénèrent la même image sous le nom de Machhindranath, associé à la pluie et aux récoltes. « Seto » signifie « blanc » : le visage et le corps de l’image sont effectivement peints en blanc.
La cérémonie hivernale ne commence qu’après l’arrivée de Kumari. Le grand prêtre transporte l’image du sanctuaire vers une plateforme située dans la partie sud-est de la cour. La communauté sacerdotale Sangha est responsable de l’image sacrée et désigne les personnes autorisées à la toucher. Elles retirent les ornements et défont les vêtements couche après couche, puis lavent l’image avec de l’eau, du lait, du beurre clarifié et du miel. L’eau du rite a été apportée la veille de Bhacha Khushi, près de Shobha Bhagwati ; les dernières ablutions se font à l’eau tiède.
Après le bain, l’image ne retourne pas à l’autel. Le lendemain matin, elle est sortie dans la cour pour sécher, et les prêtres, aidés d’artistes chitrakars, commencent une nouvelle peinture. On enlève à Machhindranath son ancien revêtement de peinture et on le rend de nouveau blanc. Deux petites figures de Tara se trouvent à côté : l’une est peinte en blanc, l’autre en vert. Les artisans désignés travaillent jusqu’à la pleine lune et observent une stricte discipline rituelle. Les yeux sont peints en dernier et immédiatement recouverts de papier népalais.
Les prêtres accomplissent ensuite au-dessus de l’image renouvelée dix rites de la vie humaine. On retire le papier : cela est considéré comme une naissance. On offre à la divinité sa première nourriture, on accomplit les initiations prévues pour un garçon et une fille, ainsi que les cérémonies de mariage pour les deux sexes : Seto Machhindranath est vénéré simultanément sous une forme masculine et féminine. Après cela, on l’habille de nouveaux tissus, on lui remet les ornements et on le ramène dans le sanctuaire. La semaine s’achève par un repas de trente-deux plats : c’est ainsi qu’une famille newar accueille une jeune mariée.
Au printemps, les prêtres sortiront de nouveau l’image d’ici, la transporteront à Jamal et l’installeront sur un grand char afin de la faire traverser le vieux Katmandou. Elle reviendra ensuite précisément dans cette cour. Le visage blanc et les yeux à demi fermés à l’intérieur du sanctuaire sont le résultat de la dernière peinture hivernale. Les deux Tara à ses pieds ne restent découvertes que quelques jours après la cérémonie ; les prêtres les cachent ensuite de nouveau sous les vêtements de Seto Machhindranath.
Sur place
Cour religieuse en activité ; visite libre sans perturber les rituels.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Respectez les règles de ce temple en activité ; lors du déplacement du char, ne vous approchez pas des roues ni des cordes tendues.
