Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Pavillon de bois à trois niveaux
- Anciennes poutres sombres
- Bois neuf clair
- Statue de pierre de Gorakhnath
L’histoire du lieu
Le vingt-cinq avril deux mille quinze, la coopérative de crédit Nimbus organisa une collecte de sang au Kasthamandap. Cinquante-quatre employés et sociétaires se réunirent sous le niveau inférieur ouvert : certains étaient déjà assis, des aiguilles dans les mains, les autres se préparaient pour une photo de groupe. À midi moins quatre, le séisme commença.
Ceux qui se tenaient au bord du pavillon eurent le temps de s’enfuir. Les personnes au milieu furent ensevelies sous des briques et de lourdes poutres de bois. Amit Awale, employé de la coopérative, parvint à sortir, puis retourna dans les décombres et en tira trois vivants. Dix de ses collègues périrent.
La collecte de sang ne se tenait pas ici à l’encontre de la vocation du bâtiment. Le Kasthamandap fut construit comme un sattal, un abri public couvert. Il se dressait au croisement de la route entre l’Inde et le Tibet et de la rue principale de la ville. Les marchands dormaient sous son toit et y entreposaient leurs marchandises, les habitants se réunissaient pour des conseils et des cérémonies. Plus tard, une rare statue de pierre du yogi Gorakhnath fut installée au centre du niveau inférieur ; autour du sanctuaire restait un vaste espace commun. Le jour du séisme, on trouva à cet espace une utilisation moderne : un centre temporaire de don du sang.
Le nom se traduit du sanskrit par « pavillon de bois » ; le nom de Katmandou vient aussi du Kasthamandap. Une légende l’explique par un marché conclu avec un arbre. Pendant la fête de Machhindranath, un prêtre tantrique aurait reconnu parmi les gens Kalpavriksha, l’arbre divin qui exauce les vœux, et ne le laissa pas partir avant qu’il n’eût promis du bois pour l’abri. Kalpavriksha envoya un immense tronc, les gens en construisirent le pavillon, et le captif retrouva sa liberté. Les historiens considèrent cette histoire comme une légende : les premières mentions écrites du Kasthamandap apparurent plusieurs siècles avant le roi sous le règne duquel les chroniques situaient la construction miraculeuse.
L’ancienne structure hors sol s’effondra entièrement. L’actuel pavillon à trois niveaux fut achevé en deux mille vingt-deux. Les artisans remirent en place les anciens poteaux, poutres et briques qui avaient survécu ; parmi le bois neuf clair subsistèrent les éléments sombres de l’ancien Kasthamandap, sous lequel Amit Awale et ses collègues donnaient leur sang.
Sur place
Arrêt à l’extérieur ; après la reconstruction, l’accès à l’intérieur peut être fermé ou sujet à controverse.
Vérifié : 25 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Si l’on ne vous laisse pas entrer, observez la structure depuis la place : l’histoire principale se lit dans son bois et sa silhouette.
