Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le fossé sec
- La base massive de l’ancienne tour
- Le minaret ottoman
- Les fortifications d’entrée
L’histoire du lieu
Le fossé sec devant les murs montre encore pourquoi une fortification séparée était maintenue sur la hauteur occidentale de la ville. Ici, le relief n’offrait pas une protection aussi grande que sur les autres côtés, et la forteresse près du rempart permettait à la garnison de résister, même si l’ennemi occupait déjà les rues. Les murs actuels furent assemblés plus tard, mais la lourde fondation de pierre de la tour érigée sous le roi Hérode est restée à l’intérieur. Le haut minaret élancé qui la surplombe est bien plus récent : les Ottomans l’élevèrent au milieu du dix-septième siècle, et au dix-neuvième siècle l’ancien nom de tour de David y fut transféré depuis l’ancienne tour.
Raymond de Saint-Gilles entra dans cette forteresse sans l’assiéger. Le quinze juillet mille quatre-vingt-dix-neuf, son détachement participait au siège de Jérusalem : l’armée de la Première croisade avait pénétré dans la ville, mais le gouverneur fatimide Iftikhar ad-Dawla avait eu le temps de s’enfermer dans la citadelle avec une partie de la garnison.
Iftikhar devait tenir Jérusalem jusqu’à l’arrivée d’une armée venue d’Égypte. Pour sa dernière défense, il choisit un point que les bâtisseurs avaient fortifié bien avant lui. Ici, la hauteur occidentale de la ville aboutissait à un passage relativement praticable entre les vallées ; il était donc plus difficile de stopper les attaques venant de ce côté grâce au relief naturel. Une forteresse séparée près du rempart permettait à la garnison de continuer à résister lorsque l’ennemi occupait déjà les rues.
À Jérusalem, le massacre des habitants musulmans et juifs commença. Iftikhar comprenait ce qu’entraînerait l’assaut de la citadelle, et Raymond, comte de Toulouse et commandant du détachement méridional des croisés, voulait obtenir la forteresse intacte. Ils conclurent un accord : le gouverneur remettait la tour à Raymond, qui garantissait à Iftikhar et à ses hommes une sortie sûre. Iftikhar, ses gardes du corps et les guerriers survivants quittèrent la ville et atteignirent Ascalon. Derrière les murs de la citadelle, ils obtinrent ce que des milliers de personnes n’avaient pas obtenu dans les rues de la ville : la possibilité de se rendre et de rester en vie.
Quelques jours plus tard, cette prise elle-même plaça Raymond face à un autre adversaire. Les chefs de l’expédition choisirent Godefroy de Bouillon comme dirigeant de Jérusalem. Raymond avait auparavant refusé d’occuper cette place, mais il ne voulut pas céder la citadelle : il déclara qu’il resterait dans la ville jusqu’à la Pâque suivante et que la tour lui était nécessaire comme résidence. Pour Godefroy, ce voisinage signifiait que la plus puissante fortification de Jérusalem était occupée par les guerriers d’un rival.
Sous la pression des autres chefs, Raymond accepta de remettre temporairement la forteresse à Pierre d’Albara, évêque de la ville syrienne d’Albara, jusqu’à la décision d’un conseil commun. L’évêque appartenait à l’entourage de Raymond ; le comte comptait donc conserver la tour pour lui-même. Pierre l’ouvrit aussitôt aux hommes de Godefroy. Raymond traita l’évêque de traître, quitta Jérusalem et partit avec son détachement vers le Jourdain. La forteresse qu’il avait obtenue en échange de la vie d’Iftikhar, Raymond la perdit à cause de sa confiance en son propre protégé.
À cette époque se dressait ici une petite citadelle triangulaire autour d’une tour massive, érigée autrefois par le roi Hérode. Elle ne s’est pas entièrement conservée. Les croisés agrandirent la fortification jusqu’à ses dimensions actuelles et l’entourèrent d’un fossé sec : il n’y avait pas d’eau dedans, mais sa profondeur empêchait d’approcher les hommes et les machines de siège des murs. Des souverains ultérieurs détruisirent et reconstruisirent la forteresse, mais la lourde base de pierre de la tour d’Hérode est restée à l’intérieur de l’actuelle citadelle.
Le roi David n’avait aucun rapport avec elle. À l’époque byzantine, des moines et des pèlerins chrétiens prirent à tort la tour d’Hérode qui avait survécu pour le palais du roi biblique et l’appelèrent la tour de David. L’ancienne véritable cité de David se trouvait bien plus au sud-est. Le haut minaret élancé au-dessus de la citadelle apparut sous les Ottomans au milieu du dix-septième siècle ; ce n’est qu’au dix-neuvième siècle que l’ancien nom passa de la tour massive à ce minaret. Devant le fossé se trouvent les fortifications au sujet desquelles Iftikhar et Raymond négocièrent, et au-dessus d’elles s’élève la tour de David, construite plusieurs millénaires après David lui-même.
Sur place
Le musée est généralement ouvert : dimanche 12:00–17:00, lundi 09:00–17:00, mardi 09:00–20:00, mercredi–jeudi 09:00–17:00, vendredi–samedi 09:00–15:00. Les caisses ferment une heure avant la fermeture ; vérifiez séparément les spectacles nocturnes et les visites guidées.
Vérifié : 27 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Un aperçu extérieur suffit pour ce récit. Si vous voulez voir les espaces du musée et le Kishlé, vérifiez séparément les possibilités d’entrée.
