Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- L’entrée principale
- Les fenêtres du deuxième étage
- Les étages supérieurs
- Le majlis
L’histoire du lieu
La Maison Nassif porte le nom de la famille pour laquelle recevoir des hôtes faisait partie des affaires. La famille Nassif a fait fortune dans le commerce des céréales, nécessaires à Djeddah pendant la saison du pèlerinage, puis a investi dans le transport et le commerce maritime. Omar Effendi Nassif devint le doyen des marchands de la ville et le représentant commercial des chérifs de La Mecque — c’est ainsi que l’on appelait les souverains du Hedjaz avant l’arrivée de la dynastie Al Saoud.
Cette fonction coûtait cher. Lorsqu’un chérif arrivait de La Mecque au port, Omar devait loger à ses frais son entourage et ses partenaires commerciaux. Le gouverneur ottoman séjournait aussi ici : les consuls étrangers ne pouvaient pas se rendre auprès de lui à La Mecque, les négociations devaient donc se tenir à Djeddah. En mille huit cent soixante-douze, Omar commença à construire une maison conçue précisément pour une telle vie. Le premier étage fut réservé aux réceptions, le deuxième au logement des hôtes pour la nuit, et la famille s’installa au-dessus. On y aménagea des cuisines, des chambres pour les domestiques et ses propres citernes d’eau. La construction fut achevée en mille huit cent quatre-vingt-un.
Le petit-fils d’Omar, Muhammad Hussein Nassif, hérita de la maison et des responsabilités : c’était un riche notable de la ville, collectionneur de livres et acteur de la politique locale. En mille neuf cent vingt-quatre, il entra au Parti national du Hedjaz. Celui-ci avait été créé par des habitants influents de Djeddah et de La Mecque, qui réclamaient l’abdication de Hussein ibn Ali après des défaites militaires. Hussein céda le trône à son fils, Ali ibn Hussein, mais la guerre se poursuivit et Ali ibn Hussein conserva Djeddah assiégée pendant presque un an. Le parti se divisa ; plusieurs de ses dirigeants furent arrêtés, tandis que les marchands devaient préserver leurs biens et leur position quelle que soit l’issue.
En décembre mille neuf cent vingt-cinq, Ali ibn Hussein signa un accord de reddition de la ville et partit. Lorsque le vainqueur, Abdelaziz ibn Saoud, entra dans Djeddah, Muhammad Hussein Nassif lui annonça sa fidélité et le reçut ici. Les habitants venaient à la maison pour saluer le nouveau souverain et lui prêter serment d’allégeance. Pour Abdelaziz ibn Saoud, c’était une cour urbaine déjà prête : des salles pour les requérants, des chambres pour l’entourage et un lieu où recevoir des diplomates. Pendant environ dix ans, lors de ses séjours à Djeddah, il logea chez les Nassif, y écouta les demandes des habitants et conclut des accords avec des représentants étrangers.
Pour Muhammad Hussein Nassif, ce choix se traduisit par le maintien de son ancien rôle auprès du nouveau souverain. On continua à lui confier des hôtes étrangers et des savants, y compris lorsque Abdelaziz ibn Saoud n’était pas en ville. La maison servait de fait d’hôtel d’État, tandis que son maître élargissait son cercle de relations et sa bibliothèque ; il permettait à tous ceux qui venaient chez lui de lire ses livres.
Aujourd’hui, on montre à l’intérieur le majlis, la salle de réception d’Abdelaziz ibn Saoud. La bibliothèque même de Muhammad Hussein Nassif n’est plus ici : les milliers de livres et de manuscrits qu’il avait réunis ont été remis à la Bibliothèque centrale de l'Université du roi Abdelaziz.
Sur place
La façade est accessible depuis la rue ; l’intérieur ouvert au public, les expositions et les événements dépendent du programme en cours. Aucun horaire officiel permanent n’a été confirmé à la date de vérification.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Même si les espaces intérieurs sont fermés, arrêtez-vous sur la place : l’échelle du bâtiment et le bois expliquent son rôle public. Renseignez-vous séparément sur l’accès à l’intérieur.
