Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Les murs dégagés d’Al-Shona
- Les vestiges de la tour munie de meurtrières
- La voûte métallique
- Les piliers de fer
L’histoire du lieu
Au sud de la rue Qabil, les murs d’Al-Shona ont été dégagés. C’est ainsi que l’on appelait à Djeddah un complexe d’entrepôts, avant tout un grenier. Au dix-neuvième siècle, les fonctionnaires y conservaient du grain, du bois et des munitions ; plus tard, les marchands y entreposaient des tissus, des épices et des provisions apportés par mer. Dans l’angle nord-ouest, les archéologues ont trouvé les vestiges d’une tour munie de meurtrières, quatre boulets de fer et un projectile de canon en pierre. Ils relient avec prudence la première construction aux fortifications que les Mamelouks élevaient en raison de l’apparition de navires portugais dans la mer Rouge. Puis la forteresse devint un entrepôt, et une partie de la rue commerçante occupa ses ruines.
La rue elle-même fut tracée par le chérif Hussein ibn Ali, souverain du Hedjaz. Elle ne portait pas encore son nom actuel. Celui-ci apparut en mille neuf cent vingt-cinq, lorsque le fils de Hussein, le chérif Ali ibn Hussein, tentait de conserver Djeddah assiégée. Il lui fallait de l’argent et des vivres pour les soldats. Ali ibn Hussein vendit le passage commercial au marchand Suleiman Qabil, recevant une partie du paiement en provisions.
Cet achat ne sauva pas le souverain : en décembre, Ali ibn Hussein livra la ville. La rue resta à Suleiman Qabil et prit le nom de famille de son nouveau propriétaire.
Qabil gagnait de l’argent avec le sucre, le thé, le riz, le grain et d’autres marchandises dont la pénurie, durant les guerres, pouvait en quelques semaines ruiner un fournisseur ou faire sa fortune. Le marché qu’il avait acheté était un passage ouvert bordé de boutiques. Qabil y investit de l’argent, engagea une entreprise allemande et couvrit la rue d’une haute voûte en métal ondulé, portée par des piliers de fer. Cette hauteur était nécessaire parce que des bureaux se trouvaient au-dessus des boutiques. Le marchand apporta ensuite un grand générateur : chaque locataire reçut une lampe et un ventilateur. Qabil surveilla lui-même les travaux, et son marché devint le premier passage commercial électrifié de Djeddah. Les locataires commencèrent à rivaliser pour obtenir des emplacements sous le toit ; la famille ne faisait pas payer les vendeurs qui étalaient leurs marchandises directement à même le sol.
Salim bin Mahfouz était l’un de ces changeurs de rue. Les pèlerins et les marchands lui apportaient des monnaies étrangères, et il leur remettait des riyals d’argent, avec lesquels ils pouvaient payer à Djeddah et sur la route de La Mecque. Les anciens du marché se souvenaient que l’affaire avait commencé avec un petit tapis près de la rue Qabil. Plus tard, la société de change de bin Mahfouz fusionna avec un autre bureau de change et devint, en mille neuf cent cinquante-trois, la Banque nationale commerciale, première banque officiellement reconnue du pays.
Les bureaux de change fonctionnent encore aujourd’hui dans la rue Qabil. À côté se trouvent les murs dégagés d’Al-Shona, où l’on enfermait autrefois du grain, des marchandises et des boulets ; au-dessus d’eux subsiste le nom du marchand qui donna à chaque locataire une lampe et un ventilateur.
Sur place
La rue est accessible en permanence ; l’observation des secteurs d’Al-Shona dépend des travaux de restauration et d’archéologie. Les boutiques suivent des horaires individuels.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Observez le passage commercial et l’entrepôt comme deux espaces différents ; l’accès intérieur à Al-Shona n’est pas nécessaire pour comprendre cette étape. Ne gênez pas le déchargement ni l’activité des boutiques.
