Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Ouverture voûtée
- Échoppes du marché
- Route vers l’est
L’histoire du lieu
Bab Makkah signifie « Porte de La Mecque ». Ce nom indique la route : c’est d’ici que partait le chemin terrestre de Djeddah vers la ville sainte, située à environ soixante-dix kilomètres à l’est.
Ce flux de personnes naquit d’une décision du calife Othman ibn Affan. En six cent quarante-sept, il désigna Djeddah comme port maritime de La Mecque. Les pèlerins venus d’Afrique et d’Asie descendaient ici de leurs navires, traversaient la ville depuis le rivage jusqu’au mur oriental et se rassemblaient devant cette porte. Au-delà, il n’y avait déjà plus de maisons urbaines : la route à travers la plaine commençait.
En mille huit cent quatorze, le voyageur Johann Ludwig Burckhardt trouva Bab Makkah en activité comme nœud de transport. En temps ordinaire, les caravanes partaient d’ici presque chaque soir. Durant les quatre mois précédant le hadj, le pèlerinage annuel, elles partaient chaque jour après le coucher du soleil : les arrivants par mer étaient trop nombreux pour attendre les rares grandes colonnes.
À la porte, chacun ne choisissait pas une belle manière de voyager, mais un prix et un temps de trajet. Les chameaux chargés avaient besoin de deux nuits ; les voyageurs attendaient que la chaleur du jour passe à mi-chemin, à Hadda. Une caravane légère à dos d’âne parcourait la distance en quinze ou seize heures et arrivait à La Mecque le matin. C’est aussi par elle que l’on envoyait des lettres entre les deux villes.
La location d’un chameau coûtait habituellement vingt à vingt-cinq piastres, les unités monétaires de l’époque. Avant le hadj, le prix pouvait monter à soixante ou soixante-dix. Pour un pèlerin pauvre, une telle différence décidait s’il poursuivrait immédiatement sa route. Certains restaient près de la porte et gagnaient leur vie avec les Bédouins qui allaient chercher du bois dans les montagnes lointaines. Les chameliers vivaient là aussi, dans des huttes de part et d’autre de la route, afin de trouver des passagers avant que ceux-ci ne dépensent leur argent en ville.
Tout près, on vendait ce dont la caravane comme Djeddah avaient besoin : du bétail, du bois de chauffage, du charbon de bois, des fruits et des légumes. Les marchandises venant de l’intérieur passaient par Bab Makkah en acquittant un droit, tandis que les personnes et les cargaisons arrivées par mer se dirigeaient en sens inverse, vers La Mecque.
En mille neuf cent quarante-sept, le mur de la ville fut démantelé : Djeddah avait dépassé ses limites. Au-delà de l’arche actuelle, il n’y a plus de ville que l’on puisse fermer, mais le marché de Bab Makkah fonctionne toujours à proximité ; on y vend des dattes, des céréales, du miel, des légumes et des ustensiles ménagers. Le nom est resté attaché à la même sortie orientale, près de laquelle les pèlerins louaient des animaux et attendaient le départ de la caravane nocturne.
Sur place
Accessible à toute heure depuis l’extérieur ; devant vous se trouve une reconstruction symbolique à l’emplacement de la porte disparue, et non un intérieur de musée.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Observez le passage depuis le côté, sans vous arrêter au milieu du marché animé. Le sens complet de la porte se lit depuis l’extérieur.
