Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Porte en fer
- Façade en pierre
- Fenêtres du deuxième étage
L’histoire du lieu
En mille huit cent treize, le marchand de Djeddah Cheikh Mahmoud bin Mohammed Qasim al-Khanji disposa de cette maison d’une manière dont les négociants ne disposent habituellement pas de leur capital. Il la transforma en waqf : un bien de charité dont la destination était fixée pour toujours. Après cela, le bâtiment ne pouvait être ni vendu, ni donné, ni partagé entre les héritiers. Ce marchand, qui vivait du commerce, renonça à un bien immobilier coûteux au centre-ville pour que des femmes sans logement puissent s’y installer gratuitement.
Dans la vieille Djeddah, le mot « ribat » désignait ce type de logement charitable. Al-Khanji le destina aux veuves, aux femmes âgées seules et aux voyageuses restées sans soutien. Parmi elles se trouvaient parfois des pèlerines arrivées par mer et retenues dans la ville avant la poursuite de leur voyage. On ne choisit pas pour elles une périphérie près d’une halte de caravanes, mais la rue Abu Inabah, dans Harat Al-Sham, le quartier nord de la vieille Djeddah, parmi des maisons familiales et d’autres waqfs. Une femme sans proches se retrouvait au sein d’un voisinage urbain ordinaire, où vivaient à proximité des familles établies et où fonctionnaient des institutions caritatives.
L’agencement de la maison montre que les résidentes recevaient davantage qu’une place sur un sol commun. Les deux étages abritaient dix-huit unités d’habitation indépendantes : quatorze en bas et quatre en haut. Chacune comportait une pièce, une cuisine, un espace de vie et des toilettes. Toutes les pièces donnaient sur une cour intérieure. La cour apportait lumière et air, et le plan fermé sur la rue permettait aux femmes de mener leur propre vie domestique à l’abri des regards étrangers.
Cet aménagement servit pendant plus d’un siècle. La gestion du ribat passa ensuite à des institutions religieuses, mais les résidentes furent plus tard relogées et la maison fut abandonnée. En mille neuf cent dix-sept, l’artiste Abdallah al-Osman, avec ses assistants, enveloppa entièrement le bâtiment abandonné de feuille d’aluminium pour l’œuvre d’exposition « Suspendu ». C’était un geste temporaire, et non une restauration : sous l’enveloppe brillante restaient les anciens murs de pierre et les pièces vides. Le ministère saoudien de la Culture restaura ensuite le bâtiment et y installa des résidences d’artistes ; les anciennes unités d’habitation devinrent des ateliers que les participants aux programmes ouvraient au public à l’issue de leur travail.
« Al-Khanji », dans le nom, est le nom de famille du marchand qui donna la maison comme waqf. Le mot « al-Kabir », c’est-à-dire « Grand », distingue ce ribat du Petit Ribat Al-Khanji, qu’un autre membre de la même famille fonda plus tard. Derrière la porte moderne en fer du Grand Ribat Al-Khanji, deux étages de pièces séparées autour d’une cour commune sont toujours conservés : le plan selon lequel le capital commercial de Cheikh Mahmoud bin Mohammed Qasim al-Khanji se transforma pendant plus de cent ans en logement pour des femmes sans maison à elles.
Sur place
L’observation extérieure est accessible de façon fiable ; aucun horaire public régulier de l’intérieur n’est confirmé, et des restrictions liées à la restauration sont possibles.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Ne comptez pas sur un accès libre aux pièces : le bâtiment est utilisé pour des programmes culturels. Depuis la rue, l’essentiel est d’en apprécier l’échelle humaine.
