Étape 4 sur 8

Campus Kadir Has et musée Rezan Has

Kadir Has Üniversitesi / Rezan Has Müzesi

Vous relierez les ateliers d’usine conservés aux personnes qui en sont sorties pour réclamer le paiement retardé.

30 min
Long bâtiment universitaire en briques rouges du campus Kadir Has, au bord de la Corne d’Or
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Bâtiments d’usine en brique
  • Murs de pierre
  • Fenêtres en arc
  • Arches de l’ancienne citerne

L’histoire du lieu

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Dans ces bâtiments de brique, on fabriquait du tabac et des cigarettes jusqu’au milieu des années mille neuf cent quatre-vingt-dix. L’usine fut construite en mille huit cent quatre-vingt-quatre pour la Régie, un monopole du tabac qui avait obtenu le droit d’acheter, de taxer et de transformer le tabac dans tout l’Empire ottoman. Le site fut choisi au bord de la Corne d’Or : il était moins coûteux d’y acheminer les matières premières par eau, et des personnes que l’on pouvait embaucher vivaient à proximité. Au début du vingtième siècle, mille cinq cents femmes et six cent soixante-deux hommes y travaillaient. Le complexe comprenait des ateliers, des entrepôts, des réfectoires, un hôpital, une crèche et sa propre brigade de pompiers.

Les ouvriers étaient répartis par ateliers. Les hommes transportaient les balles, coupaient les feuilles et entretenaient les machines. Les femmes bourraient et roulaient les cigarettes à la main, pesaient le tabac et scellaient les paquets. Si le poids total d’un lot s’avérait incorrect, il fallait vider cent paquets et les remplir de nouveau. Des surveillants veillaient sur les rangées de tables, et le paiement hebdomadaire était l’argent dont vivaient les familles.

En mille neuf cent quatre, l’usine retarda le versement d’une partie de ces paiements. Les ouvriers exigèrent d’être payés avant les congés de Pâques, comme la direction l’avait déjà fait un an plus tôt. Après avoir essuyé un refus, deux cent cinquante personnes arrêtèrent la production et se rendirent de Cibali à Galata, au bureau de la Régie situé dans le bâtiment de la Banque ottomane. Parmi elles se trouvaient cinquante femmes.

La direction accepta de verser l’argent aux ouvriers grecs qui célébraient Pâques, mais le refusa aux ouvriers juifs qui avaient manifesté avec eux, et les licencia. La police désigna douze chefs présumés de la grève. Parmi eux figuraient les ouvrières du tabac Marie Behar, Rachel Eskinazi et Bin Behar, qui réclamaient les mêmes paiements ; selon toute vraisemblance, toutes trois perdirent leur emploi. Les participants obtinrent ainsi une partie de l’argent, mais la direction les divisa selon leur religion et punit ceux qui avaient soutenu la revendication des autres.

Les photographies commandées par la direction de l’usine montrent une scène tout autre : des rangées régulières de femmes assises à des tables, des tabliers blancs, des cloisons entre les ateliers. On n’y voit pas la marche. En revanche, le musée Rezan Has conserve désormais ces clichés, les documents de paie, les paquets et les machines de l’usine à l’intérieur de l’ancienne fabrique.

Après l’arrêt de la production, les bâtiments restèrent vides pendant plusieurs années. Kadir Has fit fortune en vendant des camions et des tracteurs, puis grâce à des entreprises de l’industrie automobile. Avec sa femme Rezan, il créa une fondation caritative ; les époux lui léguèrent toute leur fortune et décidèrent d’investir une partie des fonds dans une université. Leur fondation reçut l’usine abandonnée, et l’architecte Mehmet Alper devait y installer des salles de cours sans détruire le bâtiment industriel. La restauration se déroula de mille neuf cent quatre-vingt-dix-huit à deux mille deux. Les murs de pierre, les façades de brique, les fenêtres en arc et les vastes ateliers furent conservés ; des salles de classe, des laboratoires et une bibliothèque apparurent entre eux.

Kadir Has eut le temps de voir l’usine devenir une université. Il mourut le vingt-deux mars deux mille sept et, avant ses funérailles, son cercueil fut amené ici pour les adieux. Six jours plus tard, le campus reçut son nom. En mai de la même année, le musée ouvrit dans la partie basse du bâtiment ; il porte le nom de Rezan Has, épouse de Kadir, cofondatrice de la fondation et participante à ses projets éducatifs.

Sous les salles de cours de l’université, le musée occupe les vestiges d’une construction ottomane du dix-septième siècle et la citerne de Seferikos du onzième siècle. Autrefois, les fabricants y entreposaient du tabac sous ses quarante-huit arches. On y expose aujourd’hui des trouvailles archéologiques et des documents de l’entreprise, notamment des témoignages sur les personnes qui sortirent de ces bâtiments pour réclamer leur salaire hebdomadaire retardé.

Sur place

Temps sur place30 min
Point suivantGrande École de la Nation
Entréesur billet

Le musée Rezan Has est ouvert tous les jours de 9:00 à 18:00 ; fermé le 1er janvier et le premier jour des fêtes religieuses.

Vérifié : 17 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Le campus reste un espace universitaire en activité, et le musée se visite selon ses propres règles. Vérifiez l’accès à l’avance ; sans entrer, vous pouvez vous concentrer sur l’ampleur et l’aspect industriel des bâtiments.

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Où aller ensuite ?

Continuez le long de la rive, puis montez la pente de Fener vers le grand bâtiment rouge.

Étape 4 sur 8Ensuite : Grande École de la Nation

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« De la mosquée Süleymaniye à Balat : les collines de la Corne d’Or » — 8 étapes, environ 4,2 km, 3–4 heures.

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