Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Vitrines de magasins
- Façades des passages
- Entrée voûtée du passage Hazzopulo
- Cour du passage Hazzopulo
L’histoire du lieu
L’avenue Istiklal s’étend du Tünel à Taksim : une rue commerçante piétonne avec des boutiques, des théâtres, des églises dans des cours et des passages qui traversent l’îlot jusqu’aux rues voisines. Cette organisation fut créée au dix-neuvième siècle par des entrepreneurs grecs, arméniens, juifs et levantins. Les ambassades européennes se trouvaient à proximité ; leurs employés et les citadins aisés avaient besoin d’hôtels, de pharmacies, de restaurants, de vêtements et de marchandises importées. Les Ottomans appelaient cette rue Cadde-i Kebir — la Grande Rue —, les Européens Grande Rue de Péra.
Le nom d’avenue Istiklal signifie « indépendance ». En mille neuf cent vingt-sept, des fonctionnaires municipaux remplacèrent l’ancien nom par celui-ci en mémoire de la guerre d’indépendance turque, achevée par la victoire du mouvement national et la création de la république. En même temps, les fonctionnaires renommaient les rues voisines, les hôtels et les cinémas, supprimant les noms français et grecs.
Vingt-huit ans plus tard, l’organisation commerciale de l’avenue Istiklal permit précisément aux assaillants de frapper les propriétaires de centaines d’établissements en quelques heures. Le six septembre mille neuf cent cinquante-cinq, la radio annonça une explosion dans le jardin du consulat de Turquie à Salonique, à côté de la maison où était né le fondateur de la république, Mustafa Kemal Atatürk. L’explosion brisa quelques vitres. Le journal Istanbul Ekspres publia un tirage spécial de deux cent quatre-vingt-dix mille exemplaires au lieu des vingt mille habituels.
Les membres de Chypre est turque, qui cherchaient à obtenir du soutien pour les prétentions turques sur l’île, distribuèrent le journal et convoquèrent un rassemblement sur la place Taksim. Après le rassemblement, des groupes s’engagèrent sur l’avenue Istiklal. Ils attaquèrent d’abord les magasins grecs, puis les établissements arméniens et juifs. Certains dirigeants possédaient des listes d’adresses. D’autres exigeaient que des drapeaux turcs soient affichés afin de distinguer les locaux de musulmans des cibles désignées.
Des groupes de vingt ou trente personnes se répartissaient les tâches. Les uns indiquaient la bonne porte, les autres brisaient les vitrines à coups de pierres, forçaient les grilles avec des cisailles à métaux et des appareils de soudage. Les marchandises, les meubles et l’équipement étaient sortis sur la chaussée et brisés. Lors de la première vague, les auteurs du pogrom emportaient comparativement rarement les objets : ils voulaient priver le propriétaire de ses stocks, de ses outils et de la possibilité de rouvrir son magasin. Pour un commerçant familial, cela signifiait perdre d’un coup son capital et ses revenus.
La loi martiale n’arrêta le pogrom que dans la nuit. Le tribunal spécial de Beyoğlu enregistra cinq mille cent quatre personnes arrêtées, mais les enquêteurs ne purent prouver la culpabilité d’un grand nombre d’entre elles. Dix-sept accusés, jugés comme organisateurs, furent acquittés en mille neuf cent cinquante-sept. Les indemnités ne couvrirent qu’une partie des dommages ; la plupart des propriétaires restaurèrent leurs établissements avec leurs propres moyens. Au cours de l’année suivante, cinq mille jeunes Grecs d’Istanbul partirent pour la Grèce.
De l’ancien environnement commercial, il ne reste que les passages eux-mêmes entre les immeubles. L’étroite entrée voûtée du passage Hazzopulo mène toujours depuis l’avenue Istiklal vers une cour, puis jusqu’à la rue Meşrutiyet. Le passage porte le nom de famille d’un marchand grec qui l’ouvrit aux boutiques au dix-neuvième siècle. Son nom subsiste dans la rue où les magasins de propriétaires grecs furent saccagés à des adresses trouvées à l’avance.
Sur place
La rue piétonne est accessible en permanence, mais certaines cours, églises, passages et boutiques ont leurs propres horaires. Lors de grands événements, de manifestations et de décisions des autorités, l’accès à certaines portions de la rue peut être limité.
Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Dans la cour du lieu de culte, gardez le silence ; dans la rue, ne vous arrêtez pas sur les rails du tramway et ne gênez pas la circulation.
