Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Portes d’entrée avec inscription
- Salle de sema en bois
- Tombeau de Şeyh Galib
- Cimetière
L’histoire du lieu
Le Mevlevihane de Galata, sur la pente de Beyoğlu, servit longtemps de première grande maison urbaine des mevlevis, aménagée pour la longue formation des membres de la confrérie. On lui attribua une partie d’un domaine de chasse derrière les remparts génois de Galata ainsi que les revenus de biens immobiliers dans une ville, afin que la communauté puisse entretenir sa cour. Après les incendies et les reconstructions, le bâtiment principal prit son aspect actuel au milieu du dix-neuvième siècle et devint plus tard, après la fermeture de l’établissement, un musée. Sur la face intérieure des portes subsiste une inscription déplacée depuis l’ancien portail, et derrière les portes se trouve le cimetière de la communauté.
Derrière les portes s’étend toute une cour monastique : salle de sema, cellules de derviches, appartement du supérieur, fontaines, bibliothèque et cimetière. Les mevlevis sont une confrérie soufie de disciples du poète et mystique Djalâl ad-Dîn Rûmî. Ici, ils vivaient, étudiaient son « Mathnawî », pratiquaient la musique et suivaient une formation par le service. Elle durait mille un jours : le novice commençait par travailler en cuisine, apprenait auprès des anciens et ne devenait derviche qu’ensuite. La sema faisait partie du rite de la mukabele, une réunion avec prière, lecture et musique, au cours de laquelle des participants préparés tournaient au centre de la salle.
L’établissement apparut sur cette pente en mille quatre cent quatre-vingt-onze. Le dignitaire ottoman İskender Pacha donna à la confrérie une partie de son domaine de chasse situé derrière les remparts génois de Galata et lui attribua les revenus de biens immobiliers dans la ville de Vize. Ainsi naquit le plus ancien Mevlevihane d’Istanbul, la première grande maison urbaine d’enseignement de l’ordre, une âsitâne.
Trois siècles plus tard, Şeyh Galib, âgé de trente-quatre ans, en devint le nouveau postnişin, c’est-à-dire le supérieur responsable des derviches, de l’enseignement et du rite. Pour suivre cette voie, il avait auparavant quitté son poste à la chancellerie impériale contre le gré de sa famille et accompli mille un jours de noviciat. Son propre travail dépendait désormais de l’établissement, qui déclinait de nouveau, bien qu’il eût déjà été restauré après un grand incendie.
Şeyh Galib réclamait une restauration et choisit le moyen qu’il maîtrisait le mieux. Il écrivit la Kasîde-i Tannâne, un grand poème panégyrique, y joignit une requête et la transmit au sultan Sélim le Troisième par l’intermédiaire du grand vizir. Son calcul était juste : le sultan appartenait lui-même au cercle des mevlevis, composait des poèmes et de la musique, et comprenait pourquoi l’établissement avait besoin d’une salle en bon état.
Après avoir reçu la requête, Sélim ordonna à l’architecte en chef de commencer les travaux. Le quatre août mille sept cent quatre-vingt-douze, la première mukabele se tint dans la salle rénovée. Le sultan était présent en personne, et les musiciens exécutèrent un ayin mevlevi — lié à la confrérie soufie — qu’il avait lui-même composé dans le mode Sûz-i Dilârâ. Il donna ensuite à l’établissement de l’eau provenant d’une source lointaine et ordonna l’aménagement d’une loge impériale séparée dans le semahane. Şeyh Galib reçut un lieu où il pouvait de nouveau réunir la confrérie ; Sélim commença à venir ici aux cérémonies du vendredi et, après celles-ci, s’entretenait avec le supérieur de poésie et de musique.
Şeyh Galib dirigea cette communauté jusqu’à sa mort en mille sept cent quatre-vingt-dix-neuf et fut enterré dans la cour. La salle en bois brûla de nouveau et fut reconstruite par la suite ; l’actuel bâtiment principal date du milieu du dix-neuvième siècle. Après la fermeture des établissements de derviches en mille neuf cent vingt-cinq, les mukabele cessèrent ici, et un musée ouvrit en mille neuf cent soixante-quinze.
Sur la face intérieure des portes d’entrée se trouve toujours l’inscription de Şeyh Galib sur la restauration de Sélim, déplacée depuis l’ancien portail. Derrière les portes se dresse son tombeau, et la rue extérieure porte le nom de rue Galip Dede.
Sur place
Officiellement, le musée est ouvert de 09:00 à 19:00, la billetterie jusqu’à 18:00 ; fermé le lundi. L’accès à certaines salles et au jardin peut être limité par des expositions temporaires et des travaux du musée.
Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Si les espaces intérieurs sont inaccessibles, restez près des portes et dans la cour ; considérez l’espace du musée comme un lieu de mémoire religieuse.
