Étape 7 sur 8

Grand Bazar

Kapalıçarşı

Dans le cœur protégé du marché se déroulera une enquête qui interrompra temporairement le commerce et privera les marchands de l’accès à leurs propres biens précieux.

40 min
Passage intérieur du Grand Bazar
Stefano Vigorelli · CC BY-SA 4.0; cropped/resized for app; ShareAlike applies
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0 sur 8 terminé

Audioguide · voix enregistréeÉcouter l’histoire du lieu

Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Voûtes en dôme du Vieux Bedesten
  • Niches de réserve dans les murs
  • Lourdes portes
  • Boutiques de joailliers

L’histoire du lieu

Taille du texte

Au centre du Grand Bazar se trouve le Vieux Bedesten, une salle de pierre sous quinze coupoles. Des réserves aveugles sont aménagées dans ses murs, et ses quatre sorties se ferment par de lourdes portes. On y vendait des bijoux et des étoffes coûteuses, on y menait des transactions, on y recevait contre paiement l’argent et les objets précieux d’autrui. Les marchands gardaient dans le bedesten leur fonds de roulement, leurs testaments et leurs reconnaissances de dette. C’est pourquoi les commerçants l’entourèrent de boutiques, d’ateliers et de caravansérails : le bazar actuel fut constitué autour d’une réserve protégée.

Le matin du deux mars mille cinq cent quatre-vingt-onze, les propriétaires découvrirent des scellés forcés sur plusieurs coffres. Environ trente mille pièces d’or avaient disparu, un chargement qu’il était difficile de sortir discrètement, même portes ouvertes. On décida d’abord que, la veille, un inconnu avait attendu que les marchands partent pour la prière du vendredi, s’était caché dans l’une des caves et s’était attaqué aux coffres après la fermeture.

Le cadi d’Istanbul, principal juge de la ville, voulait rendre l’argent et trouver le coupable. Le commandant des janissaires et le subaşı, chef de la garde urbaine, se chargèrent de l’enquête avec lui. Ils estimèrent que le butin se trouvait toujours à l’intérieur. Le Vieux Bedesten fut fermé pendant quinze jours. Les marchands perdirent l’accès à leurs boutiques et à leurs marchandises ; les fonctionnaires recensèrent leurs biens, vérifièrent les registres, fouillèrent les coffres et les caves. Plusieurs suspects furent torturés, mais l’or ne fut pas retrouvé.

La garde se mit alors à retourner inopinément dans des locaux déjà inspectés. Près de la porte des joailliers se trouvait la boutique d’un marchand persan de musc et d’ambre, des matières premières coûteuses pour la parfumerie. Un jeune homme, dont le chroniqueur n’a consigné ni le nom ni le métier, louait une partie de sa cave. Le subaşı remarqua sa nervosité et ordonna de fouiller la cave une nouvelle fois.

On trouva d’abord des sacs d’argent vides. Puis on souleva les nattes posées sur le sol. Le jeune homme avait disposé les pièces en une seule couche dessous : il comptait sur le fait qu’un revêtement plat ne trahirait pas le volume caché. Ni l’or ni l’argent n’avaient quitté le bedesten.

Le jeune homme avoua et demanda que l’on cesse de poursuivre les autres. Il déclara séparément que le marchand persan dont il louait la cave ne savait rien. L’intrusion en vue d’un vol était punie par pendaison selon la loi ottomane, et Murad III considéra qu’un vol aussi considérable était aussi une trahison de la confiance accordée. Le jeune homme fut d’abord condamné à une exécution douloureuse. Le sultan voulut voir l’homme qui avait réussi à vider la principale réserve de la ville. Lors de l’audience, le condamné demanda une mort douce. Murad adoucit le mode d’exécution, mais non la sentence elle-même : le jeune homme fut pendu. L’argent fut rendu aux propriétaires, les portes furent ouvertes et les marchands retournèrent à leurs boutiques.

Le lieu du crime est conservé à l’intérieur du Grand Bazar : le même Vieux Bedesten sous quinze coupoles et les réserves dans l’épaisseur de ses murs. On n’y dépose plus d’argent en garde, mais l’on continue à vendre de l’or et des devises tout autour, et certaines cotations d’Istanbul sont encore publiées sous le nom de Grand Bazar, le Marché couvert.

Sur place

Temps sur place40 min
Point suivantmosquée Nuruosmaniye
Entréeaccès libre

Horaires courants fréquemment indiqués pour les visiteurs : lundi–samedi 08:30–19:00, dimanche fermé ; les fermetures lors des fêtes et les décisions de l’administration doivent être vérifiées juste avant la publication.

Vérifié : 1 juillet 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Retenez le nom de la porte par laquelle vous êtes entré. Toute conversation sur une marchandise peut se transformer en marchandage, mais rien ne vous oblige à acheter.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Traversez le bazar jusqu’aux portes de la mosquée Nuruosmaniye et sortez vers la mosquée.

Étape 7 sur 8Ensuite : mosquée Nuruosmaniye

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Istanbul commerçant : port, marchés et fondations sultaniennes » — 8 étapes, environ 3 km, 2,5–3,5 heures.

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