Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Enseigne de l’Hôpital populaire Gia Định
- Façade principale
- Bâtiments hospitaliers reliés entre eux
- Entrée des urgences
L’histoire du lieu
Les bâtiments reliés entre eux au niveau de la façade principale sont issus d’un dispensaire conçu avant tout pour recevoir des patients sans séjour prolongé en salle. On y venait pour une consultation, des médicaments, un pansement ou une petite intervention, puis on rentrait chez soi. Pour les citadins pauvres, cette aide était particulièrement nécessaire : les hôpitaux bien équipés servaient principalement les Européens, tandis que les autres devaient se rendre à l’hôpital Chợ Quán ou chercher une petite clinique attenante à un monastère. L’entrée des urgences rappelle que cette adresse hospitalière demeure marquée par le flux ininterrompu des cas urgents.
Devant vous se trouve le deuxième bâtiment de l’Hôpital populaire Gia Định. On y reçoit des patients, on y pratique des opérations et un service d’urgence y est assuré vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Le nom historique — la Polyclinique Dejean de la Bâtie — ne figure plus sur l’enseigne actuelle. Dejean lui-même n’a jamais non plus travaillé dans ces bâtiments.
Théodose Dejean de la Bâtie était un médecin municipal qui voulait donner aux Vietnamiens et aux autres habitants asiatiques de Saïgon accès à la médecine européenne. Au début du vingtième siècle, la plupart des hôpitaux bien équipés de la ville servaient les Européens. Les citadins pauvres devaient se rendre à l’hôpital Chợ Quán ou chercher de l’aide dans une petite clinique attenante à un monastère.
En avril mille neuf cent trois, Dejean loua un local rue d’Adran — l’actuelle rue Hồ Tùng Mậu — et y ouvrit à ses frais un dispensaire gratuit. On n’y installait pas les patients dans des salles d’hospitalisation sans nécessité : ils venaient pour des consultations, des médicaments, des pansements et de petites interventions, puis rentraient chez eux. Au cours de la première année, trois mille cent cinquante et une personnes y consultèrent des médecins près de seize mille fois.
Plus les gens venaient, plus la fortune de Dejean fondait rapidement. Durant presque deux ans, il paya lui-même le fonctionnement du dispensaire, jusqu’à ce que les dépenses deviennent insupportables pour lui. La municipalité prit alors l’établissement à sa charge. Dejean mourut en mille neuf cent douze, à quarante-sept ans, sans avoir constitué de fortune ; sa veuve vivait du modeste salaire d’une institutrice.
Deux ans plus tard, le dispensaire fut transféré ici, boulevard Bonard — l’actuelle rue Lê Lợi. Avant même sa construction, le conseil municipal avait décidé de lui donner le nom de Dejean, mais, dans les faits, les habitants et les fonctionnaires disaient « polyclinique municipale ». En mille neuf cent vingt-cinq, une commission tenta de rétablir le nom prévu, mais la décision resta sur le papier.
En mille neuf cent trente-sept, Tiêu, membre vietnamien du conseil municipal, obtint un nouveau vote. Il voulait que l’hôpital qui s’était agrandi porte le nom du médecin qui avait consacré ses propres moyens à l’établissement qui l’avait précédé. Le conseil accepta. Peu après, le gouverneur de Cochinchine proposa un autre nom : celui du docteur Montel, alors directeur de la polyclinique, qui avait développé son activité déjà à cet emplacement.
Les conseillers municipaux laissèrent un pavillon à Montel et donnèrent au complexe entier le nom de Dejean de la Bâtie. Les nouveaux bâtiments construits ici entre mille neuf cent trente-sept et mille neuf cent trente-neuf furent l’aboutissement concret de ce débat.
Depuis le premier janvier deux mille vingt-six, l’ancien hôpital fait partie de l’Hôpital populaire Gia Định en tant que son deuxième bâtiment. Le nom de Dejean n’est plus sur la façade ; à cette adresse, un service de réanimation et d’urgence fonctionne vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Sur place
Ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre ; l’accès à l’intérieur est limité.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.N’oubliez pas qu’il s’agit d’un espace médical : contentez-vous d’une observation extérieure discrète et ne photographiez pas les patients.
