Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Trois terrasses de brique
- Corps octogonal
- Pavillon d’observation
- Mât
L’histoire du lieu
À l’intérieur de cette tour de brique, cinquante-quatre marches s’enroulent en spirale jusqu’à la plateforme sous le toit ; à l’extérieur, elle est formée de trois terrasses qui se succèdent en retrait et d’un corps à facettes. Lorsque la plus grande partie de la citadelle disparut, la hauteur qui subsistait servit aux militaires de point d’observation. Aujourd’hui, un grand drapeau rouge à étoile jaune est maintenu en permanence au-dessus du pavillon, et le mât se prolonge au-dessus du toit.
La tour fut érigée à l’extrémité sud de la Cité impériale de Thăng Long sur ordre de l’empereur Gia Long. Sa construction commença en mille huit cent cinq et s’acheva en mille huit cent douze. Trois terrasses de brique qui se rétrécissent élèvent un corps octogonal doté d’un escalier en spirale et d’un pavillon d’observation. D’ici partait une ligne droite qui traversait la porte Đoan Môn jusqu’aux palais de la citadelle. Lorsque l’administration française démantela presque toutes les fortifications à la fin du dix-neuvième siècle, elle conserva la tour et l’adapta à l’observation militaire.
Le drapeau rouge à étoile jaune apparut au-dessus d’elle après une autre guerre. Les accords de Genève de mille neuf cent cinquante-quatre prévoyaient le retrait des troupes françaises du Nord-Viêt Nam. Le dix octobre, des unités de l’Armée populaire vietnamienne devaient entrer dans Hanoï. Une cérémonie était prévue à trois heures de l’après-midi : le commandant du Régiment de la capitale, Nguyễn Quốc Trị, hisserait le drapeau au-dessus de l’ancienne citadelle.
La veille, on découvrit qu’il n’y avait rien pour le hisser. Les sapeurs reçurent deux pièces d’étoffe de trente mètres carrés chacune et l’ordre d’installer en une nuit un mât de douze mètres sur le toit. Les troncs de bambou attachés ensemble se balançaient même sans drapeau. Les cheminots de la gare de Hàng Cỏ fabriquèrent alors un tube d’acier avec une poulie et fournirent une charrette pour le transporter jusqu’à la tour.
À l’intérieur du corps de la tour, cinquante-quatre marches s’enroulent en spirale, de sorte qu’il était impossible de faire monter le long tube par l’escalier. Les sapeurs passèrent un câble par les fenêtres et le hissèrent de l’extérieur. En haut, ils retirèrent une partie des tuiles, firent passer le tube par l’ouverture et le fixèrent au paratonnerre. La première pièce d’étoffe se déchira lors d’un essai de hissage. La seconde atteignit le sommet, mais, pendant la vérification, le câble fin sauta de la poulie. Le drapeau resta coincé : impossible de le hisser ou de le descendre.
Il était environ deux heures du matin. Le commandant de l’escouade de sapeurs, Trần Văn Giải, se porta volontaire pour atteindre la poulie. Avant l’armée, il gagnait sa vie en grimpant chercher des fruits dans de hauts palmiers à bétel ; cette compétence se révéla alors le seul métier adapté. Giải retira son uniforme, prit des pinces et une bobine de fil de fer, puis grimpa le long du tube d’acier lisse au-dessus du toit de tuiles. Deux sapeurs tenaient le mât et se préparaient à le rattraper, même si le rattraper après une chute de cette hauteur aurait difficilement pu le sauver.
Giải remit le câble dans la gorge de la poulie. D’en bas, on hissa le drapeau jusqu’au bout ; il fixa ensuite le câble avec du fil de fer et commença à descendre en ajoutant des attaches. Après avoir noué le dernier nœud, le sapeur s’effondra inconscient, éraflé et couvert d’ecchymoses, dans les bras de ses camarades. Ses orteils saignaient et ses ongles étaient arrachés.
Il était désormais impossible de hisser le drapeau durant la cérémonie : il avait été solidement fixé avant l’aube. Le commandement modifia l’ordre de la célébration. Le dix octobre, les troupes et les habitants se rassemblèrent près de la tour, l’orchestre joua l’hymne, et au-dessus de la place flottait déjà la pièce d’étoffe que les cheminots et les sapeurs avaient hissée durant la nuit. Depuis mille neuf cent quatre-vingt-six, un drapeau de vingt-quatre mètres carrés est maintenu en permanence au sommet.
Sur place
La citadelle est ouverte tous les jours de 08:00–17:00 ; le billet général adulte coûte 100 000 dôngs. La Tour du drapeau de Hanoï est accessible à l’observation depuis sa base et de l’extérieur ; les espaces intérieurs restent officiellement fermés à titre temporaire, dans l’attente d’une expertise et d’une restauration.
Vérifié : 1 juillet 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Si l’ascension ou les niveaux intérieurs sont fermés, observez la tour depuis le sol : son rôle se lit dans sa hauteur et sa position dans la ville.
