Étape 3 sur 7

prison Hỏa Lò (Maison centrale)

Cette étape reliera l’organisation de la prison coloniale aux personnes qui ont réussi à en revenir pour reprendre le travail clandestin.

15 min
Entrée du musée de la prison Hỏa Lò
Richard Mortel · CC BY 2.0; cropped/resized for app
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0 sur 7 terminé

Audioguide · voix enregistréeÉcouter l’histoire du lieu

Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Inscription « Maison centrale »
  • Couvercle de béton avec anneau de fer
  • Entrée des égouts de briques
  • Mur de prison conservé

L’histoire du lieu

Taille du texte

Dans l’angle sud-est d’un complexe pénitentiaire autrefois immense subsistent un mur, les portes et quelques salles intérieures du musée. L’administration française relia ce lieu au tribunal et à la police secrète voisins : une personne pouvait être arrêtée, faire l’objet d’une enquête, être jugée et enfermée sans pratiquement sortir du quartier. L’enceinte s’élevait à cinq mètres, son sommet était couvert de verre brisé, et un chemin de ronde ainsi que quatre tours maintenaient la cour sous surveillance constante. Le nom Hỏa Lò a survécu à ce système : auparavant, un village de potiers se trouvait ici, où l’on cuisait des fours, des pots et des théières.

En mars mille neuf cent quarante-cinq, le prisonnier politique Trần Tử Bình se déguisa en détenu de droit commun, posa un seau de riz sur sa tête et passa devant une sentinelle japonaise pour gagner le bâtiment voisin. Il avait obtenu les vêtements et le seau auprès d’un porteur de repas en échange d’une petite somme. Bình avait déjà tenté de s’évader d’une autre prison, avait échoué et avait été transféré à la prison Hỏa Lò (Maison centrale). Ses camarades l’avaient alors élu à la tête de l’organisation intérieure des détenus, et il cherchait une issue pour les hommes condamnés aux peines les plus longues, qui devaient retourner au travail clandestin.

Quelques jours auparavant, les troupes japonaises avaient écarté l’administration française de l’Indochine et occupé la prison. La surveillance s’était relâchée, et les détenus avaient pu passer d’un bâtiment à l’autre. Un groupe réussit à franchir le mur, mais une bousculade éclata ensuite, les gardes tirèrent des coups de semonce, et cette voie fut fermée.

Dans la cour du bâtiment des mineurs, Bình vit une dalle carrée de béton munie d’un anneau de fer. D’autres détenus brisaient le sol à côté, espérant creuser un passage sous le mur. Il comprit qu’un passage déjà prêt se trouvait sous la dalle : les égouts de la prison devaient déboucher au-delà de l’enceinte.

Trois prisonniers politiques soulevèrent les premiers le couvercle et descendirent en reconnaissance. Ils emportèrent une boîte d’allumettes et une barre de fer. Dans l’étroit conduit de briques, il fallait ramper parmi les eaux usées et les déchets. Aux embranchements, les éclaireurs allumaient une allumette et choisissaient la branche où l’eau s’écoulait. Par l’une des ouvertures, ils virent au-dessus d’eux les roues de vélos qui passaient et comprirent qu’ils étaient arrivés sous une rue de la ville.

Le soir du douze mars, Trần Tử Bình et trois autres détenus furent les premiers à descendre dans les égouts. Derrière eux vinrent les hommes qui avaient reçu les peines les plus lourdes. En une nuit, vingt-neuf personnes s’échappèrent ; les jours suivants, d’autres partirent par le même passage. Au total, plus de cent prisonniers politiques quittèrent la prison Hỏa Lò par les égouts, par-dessus les murs et sous l’apparence de visiteurs.

L’éclaireur Nguyễn Huy Hòa, sorti dans la rue avec des vêtements sales, demanda l’autorisation de rentrer chez lui pour se laver et se changer. Bình le lui interdit : retourner dans une maison connue pouvait conduire à une nouvelle arrestation. Cette même nuit, ils quittèrent Hanoï et atteignirent une base clandestine dans le village de Vạn Phúc. Quelques mois plus tard, Trần Tử Bình revint dans la capitale et participa à la préparation de l’insurrection d’août.

Les égouts faisaient partie d’un ouvrage que les ingénieurs français avaient précisément conçu contre les évasions. En mille huit cent quatre-vingt-seize, l’administration coloniale construisit ici la prison centrale : des murs de cinq mètres surmontés de verre brisé, un chemin de ronde le long de l’enceinte et quatre tours de garde. Le tribunal et la police secrète se trouvaient à côté ; arrestation, instruction, condamnation et emprisonnement tenaient donc dans plusieurs bâtiments voisins. Les mots français « Maison centrale » au-dessus des portes signifient « prison centrale ».

Hỏa Lò est un autre nom, conservé des anciens occupants de cette parcelle. Avant la prison, le village artisanal de Phúc Khánh se trouvait ici. Ses habitants fabriquaient des fours d’argile, des pots et des théières ; « Hỏa Lò » signifie four ou brasero. Pour construire la prison, les autorités expulsèrent quarante-huit familles, déplacèrent la maison communale et une pagode, et démolirent deux autres pagodes. Le nom français indiquait la fonction du nouvel établissement, tandis que les habitants de Hanoï continuaient à l’appeler d’après le village disparu.

En mille neuf cent quatre-vingt-treize, les quatre cinquièmes du complexe pénitentiaire furent démolis, ne laissant que l’angle sud-est pour le musée. L’inscription « Maison centrale » a été conservée au-dessus des portes, et, à l’intérieur, se trouvent le couvercle de béton et l’entrée des égouts de briques que Trần Tử Bình et ses camarades transformèrent en route hors de la prison.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantrue Tràng Tiền (ancienne rue Paul-Bert)
Entréede l’extérieur

Espace urbain ouvert ; choisissez un point d’observation qui ne gêne pas le flux des piétons.

Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Les principaux détails du récit sont plus faciles à comprendre à l’intérieur du musée, mais prévoyez la visite séparément. L’exposition est éprouvante ; au besoin, faites une pause ou contentez-vous d’observer depuis l’extérieur.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Sortez de la prison Hỏa Lò et dirigez-vous vers l’est, vers le début de la rue Tràng Tiền (ancienne rue Paul-Bert).

Étape 3 sur 7Ensuite : rue Tràng Tiền (ancienne rue Paul-Bert)

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Le quartier français de Hanoï : comment le pouvoir a changé » — 7 étapes, environ 1,7 km, 2-3 heures.

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