Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Murs de pierre
- Petites fenêtres haut placées
- Crochets aux quatre angles
L’histoire du lieu
Le maïs de ces entrepôts constituait la réserve de sécurité de la ville : il nourrissait les habitants et les bêtes de somme, sans lesquelles les mines d’argent se seraient tues. Dans la Nouvelle-Espagne, le nom d’Alhóndiga désignait les lieux de commerce et de stockage du grain, et Granaditas était le nom de ce quartier. L’épaisse maçonnerie de pierre et les petites fenêtres très hautes au-dessus du sol protégeaient les réserves de l’humidité et des voleurs. Le Musée régional de Guanajuato fonctionne aujourd’hui à l’intérieur, et les crochets de fer sont conservés aux quatre angles.
Quelques jours avant l’assaut, Juan Antonio Riaño, intendant de la Ville de Guanajuato — chef de l’administration provinciale, du trésor et de la garnison — ordonna qu’on y apporte de nuit de l’argent, de l’or, des archives, des armes et des vivres. Des soldats, des commerçants espagnols et leurs familles y entrèrent ensuite. Riaño comptait tenir le bâtiment jusqu’à l’arrivée de renforts.
Pour se défendre, il choisit le grenier urbain, achevé moins d’un an avant ces événements. « Alhóndiga » était l’ancien nom d’un lieu où l’on achetait, vendait et stockait le grain ; « Granaditas » était le nom de ce quartier. Dans les entrepôts, on gardait du maïs pour les habitants et les bêtes de somme : sans lui, les mines d’argent se seraient arrêtées. Les murs épais et les petites fenêtres haut placées devaient protéger les réserves de l’humidité et des vols. Désormais, ces mêmes murs protégeaient des personnes, le trésor et la poudre.
Miguel Hidalgo y Costilla, le curé de la paroisse voisine de Dolores, qui avait déclenché un soulèvement pour l’indépendance de la Nouvelle-Espagne — le Mexique colonial —, approchait de la Ville de Guanajuato. Des soldats, des paysans et des mineurs le suivaient. Prendre la Ville de Guanajuato signifiait obtenir la capitale d’une riche province argentifère et l’argent de son trésor.
Hidalgo et Riaño se connaissaient et s’estimaient depuis longtemps. Le matin du vingt-huit septembre mille huit cent dix, Hidalgo lui proposa de se rendre. Aux personnes nées en Espagne qui s’étaient réfugiées dans l’Alhóndiga de Granaditas, il promit la vie et le traitement réservé aux prisonniers ; il comptait confisquer temporairement leurs biens pour les besoins du soulèvement. En cas de refus, il avertit qu’il n’y aurait aucune grâce. Dans un billet personnel distinct, Hidalgo promit un refuge à la femme malade de Riaño.
Riaño répondit qu’il ne reconnaissait comme chef légitime que le vice-roi espagnol et qu’il combattrait en soldat. Le souci de sa famille, écrivit-il, ne changeait pas sa décision. Après cela, il lut la demande de Hidalgo aux Espagnols réunis sur le toit. Eux aussi choisirent de résister.
Le grenier de pierre semblait sûr, mais Riaño ne pouvait enlever les pentes et les maisons qui s’élevaient tout autour. De là, les hommes de Hidalgo tiraient et lançaient des pierres sur le toit et dans la cour. Il fallut abandonner les barricades de rue l’une après l’autre. Riaño sortit avec un détachement pour soutenir les défenseurs et fut tué par une balle à l’entrée. Son fils Gilberto Riaño poursuivit le combat, tandis que deux officiers supérieurs commencèrent à se disputer le commandement.
Les défenseurs claquèrent les portes, laissant dehors une partie de leurs propres soldats. Les mineurs tentèrent de percer les murs avec des barres à mine, puis quelqu’un mit le feu à la porte de bois. Une tradition ultérieure désigna El Pípila, un mineur, comme l’incendiaire et ajouta la dalle de pierre dont il aurait couvert son dos. La porte fut bel et bien brûlée, mais aucun témoignage fiable ne permet d’attribuer cet acte à une personne connue.
Lorsque la situation devint désespérée, l’un des chefs ordonna de lever un mouchoir blanc. Une partie des défenseurs ne vit pas le signal et continua à tirer et à lancer des grenades artisanales. Les assaillants décidèrent qu’on les avait trompés. Ils enfoncèrent les portes déjà en feu, envahirent la cour et tuèrent sans distinction soldats et civils. Les entrepôts et le trésor furent pillés. Riaño périt dans le bâtiment qu’il avait lui-même construit pour sauver la ville de la pénurie alimentaire ; Hidalgo obtint la Ville de Guanajuato, mais ne parvint pas à arrêter le massacre.
Un an plus tard, Miguel Hidalgo y Costilla, Ignacio Allende, Juan Aldama et Mariano Jiménez furent capturés, fusillés et décapités. Leurs têtes furent envoyées précisément ici, sur le lieu de la première grande victoire du soulèvement. Chacune fut enfermée dans une cage de fer et suspendue à un angle distinct de l’Alhóndiga de Granaditas, afin que les habitants voient le sort de ses conquérants. Les cages restèrent ici près de dix ans, jusqu’en mars mille huit cent vingt et un, lorsque les partisans de l’indépendance retirèrent et enterrèrent les restes.
Depuis mille neuf cent cinquante-huit, le Musée régional de Guanajuato est installé à l’intérieur. Les portes brûlées et les cages de fer ont disparu depuis longtemps. Aux quatre angles de pierre subsistent les crochets auxquels étaient suspendues les têtes de Miguel Hidalgo y Costilla, Ignacio Allende, Juan Aldama et Mariano Jiménez.
Sur place
Mar.–sam. 10:00–18:00 ; dim. 10:00–15:00 ; lun. fermé. Billet à la date de vérification : 80 pesos mexicains pour les citoyens du Mexique, 145 pour les visiteurs étrangers.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Le récit fonctionne depuis l’extérieur ; ne vous attardez pas dans les passages et distinguez les traces visibles des événements de la légende tardive sur El Pípila.
