Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Les boutiques du marché actuel
- Les façades néo-mauresques
L’histoire du lieu
En février mille six cent huit, trente grands marchands de soie de Grenade fermèrent leurs comptoirs et cessèrent d’acheter de la matière première dans l’Alcaicería. Ils cherchaient à ruiner Juan Bautista de Gedeja, maître de fait de l’affermage de l’impôt sur la soie.
Le fermier de l’impôt promettait à l’avance au Trésor une somme convenue, percevait lui-même les droits et comptait gagner sur la différence. Gedeja exigea que les marchands consignent chaque lot de soie dans des registres spéciaux, puis ajouta à la taxe sur la vente un réal de plus par livre. Il envoyait en prison ceux qui refusaient de payer, et leurs biens étaient inventoriés. Des gardes furent postés près des ateliers de teinture et de la douane.
C’est précisément ici que le conflit pouvait prendre une telle ampleur. Après la conquête de Grenade, Isabel I de Castilla et Fernando II de Aragón conservèrent l’ancien système du commerce de la soie : la matière première provenant de tout le royaume ne pouvait être vendue que dans les alcaicerías de Grenade, de Malaga et d’Almería. Ici, les écheveaux étaient pesés, marqués d’un sceau, vendus aux marchands, et les impôts en étaient immédiatement déduits. Le mot arabe « al-qaysariyya » signifiait marché impérial. Le récit selon lequel ce nom fut donné en l’honneur de l’empereur byzantin Justinien, qui autorisa les Arabes à commercer la soie, reste une explication traditionnelle et non un fait établi.
Les marchands connaissaient le point faible de Gedeja : sans transactions quotidiennes, il ne pouvait verser au Trésor l’argent qu’il avait promis. Ils cessèrent le commerce et arrêtèrent les commandes aux tisserands. Dans la ville, environ cinq cents métiers à tisser et deux cents machines à filer la soie s’arrêtèrent. Plus de cinq mille personnes vivaient de la fabrication des tissus ; une partie des artisans partit dans les villes voisines, où des avantages fiscaux étaient en vigueur.
Gedeja ordonna l’arrestation des meneurs. Les marchands étaient libérés sous caution, de nouveau emprisonnés et envoyés dans la prison de la cour ; ils poursuivaient pourtant leurs procès et proposèrent au Trésor davantage que ne payait le fermier de l’impôt. En juillet, le roi Felipe III résilia le contrat précédent et remit la perception de l’impôt aux marchands eux-mêmes. Ils s’unirent en une « université » — c’est ainsi qu’on appelait alors une association officielle — et obtinrent l’affermage pour dix ans. Gedeja perdit la perception de l’impôt, les marchands récupérèrent leurs biens et sortirent de prison. Lors de la dernière année du contrat, leur association fit elle-même faillite, et le Trésor plaça de nouveau ses fonctionnaires à la tête du commerce de la soie.
Les boutiques que les marchands fermèrent en mille six cent huit ne sont pas ici : l’incendie de mille huit cent quarante-trois détruisit l’ancienne Alcaicería, et les architectes municipaux bâtirent à sa place un marché réduit de style néo-mauresque. L’actuelle Placeta de la Seda — la Petite Place de la Soie — conserve le nom du produit dont ces trente marchands réussirent à arrêter le commerce.
Sur place
Les magasins sont généralement ouverts de 10:00–20:00 avec une pause pour la sieste ; le quartier est accessible vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Vérifié : 17 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Les passages sont étroits et restent un espace commercial en activité. Pour écouter, choisissez un élargissement contre un mur, ne bloquez pas les boutiques et gardez vos affaires sur vous.
