Étape 7 sur 8

église du Salvador

Iglesia del Salvador

Cette étape expliquera à quel prix l’Albaicín armé évita l’assaut près de sa grande mosquée.

20 min
église du Salvador parmi les maisons blanches de l’Albaicín.
JiriMatejicek · CC BY-SA 4.0; cropped/resized for app; ShareAlike applies
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Façade de l’église
  • Cour des ablutions
  • Galeries de l’atrium

L’histoire du lieu

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Derrière la façade de l’église du Salvador subsiste la trace du bâtiment dont partait autrefois la vie publique de l’Albaicín : la cour des ablutions avec ses galeries. La grande mosquée du quartier était entourée d’ateliers de tisserands, de teinturiers, de potiers et de marchands de soie ; ses quatre-vingt-six colonnes soutenaient une grande salle de prière. La mosquée devint ensuite une église et, vers la fin du seizième siècle, l’ancienne salle fut démontée et une église plus modeste que prévu fut construite. La cour survécut à ce remplacement, et une partie de ses galeries fut restaurée au milieu du vingtième siècle.

À la fin de décembre mille quatre cent quatre-vingt-dix-neuf, Íñigo López de Mendoza, comte de Tendilla, ordonna à sa femme et à ses deux jeunes enfants de quitter l’Alhambra fortifiée. Il en était le commandant et répondait de la sécurité de Grenade. Il devait maintenant convaincre les habitants armés de l’Albaicín de se disperser sans assaut. Le comte installa sa famille parmi eux, dans une maison près de la grande mosquée — celle-là même à l’emplacement de laquelle se trouve l’église du Salvador. Sa femme et ses enfants devinrent les otages de sa parole : si les habitants déposaient les armes, il n’y aurait pas de répression générale.

Lorsque Grenade se rendit aux Rois catholiques, le traité garantissait aux musulmans leur foi et leurs mosquées. Ces habitants étaient appelés les Mudéjars, des musulmans sous domination chrétienne. Autour de la mosquée d’ici travaillaient des tisserands, des teinturiers, des potiers et des marchands de soie ; le quartier vivait de l’artisanat, et la mosquée en était le principal édifice public.

Le premier archevêque de Grenade, Hernando de Talavera, voulait convertir les musulmans par la prédication et l’enseignement. Francisco Jiménez de Cisneros, archevêque de Tolède et confesseur de la reine, arrivé dans la ville, cherchait à obtenir rapidement des baptêmes de masse. En décembre, ses hommes tentèrent d’arrêter une femme soupçonnée d’être revenue à l’islam. Elle criait qu’ils voulaient la faire devenir chrétienne contre le traité. Les habitants rassemblés tuèrent un serviteur royal, barrèrent les rues de l’Albaicín et encerclèrent la résidence de Cisneros.

Talavera entra dans le quartier sans armes. Tendilla arriva ensuite et y laissa sa famille. Après des négociations, les habitants déposèrent les armes ; le juge musulman livra les meurtriers du serviteur, quatre furent exécutés, et les autres retournèrent à leurs ateliers et à leurs boutiques. L’assaut fut évité, mais les conditions antérieures ne furent pas rétablies : l’amnistie fut liée à l’acceptation du baptême.

La grande mosquée de l’Albaicín fut affectée au culte chrétien entre le cinq et le onze janvier mille cinq cents. Le douze janvier, des documents y consignent déjà des baptêmes d’habitants du quartier. Quatre jours plus tard, Cisneros annonça dans une lettre que toutes les mosquées de la ville étaient devenues des églises et ajouta de sa propre main le nouveau nom de celle-ci : l’église du Salvador. « Salvador » signifie le Sauveur, le Christ.

Les musulmans baptisés et leurs descendants furent appelés les Morisques. L’année suivante, on y institua une paroisse et un collège de chanoines, des prêtres chargés d’instruire les nouveaux chrétiens. La mosquée elle-même servit encore plusieurs décennies d’édifice religieux chrétien. Après la révolte des Morisques et l’expulsion de la plupart d’entre eux en mille cinq cent soixante et onze, la paroisse perdit une part considérable de ses fidèles et de ses revenus. Il fallut construire une nouvelle église plus modeste que prévu, et l’ancienne salle de prière fut démontée vers la fin du siècle.

Aujourd’hui, l’église du Salvador reste une église catholique en activité. Les sources ne situent pas plus précisément la maison où Tendilla installa sa femme et ses enfants. De la mosquée aux quatre-vingt-six colonnes subsiste la cour des ablutions, devenue l’atrium de l’église ; une partie de ses galeries fut restaurée dans les années mille neuf cent cinquante. C’est près de cette cour que le comte laissa sa famille comme otage, et quelques semaines plus tard, des habitants de l’Albaicín furent baptisés à l’intérieur de l’ancienne mosquée.

Sur place

Temps sur place20 min
Point suivantCasa del Chapiz
Entréeselon les horaires

Église en activité ; l’accès touristique dépend des horaires de la paroisse et des offices.

Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

L’accès à l’intérieur et à la cour dépend de la vie de l’église ; n’entrez pas pendant un office fermé et ne comptez pas tout voir depuis la rue. Si les portes sont closes, concentrez-vous sur le volume du bâtiment et l’espace qui l’entoure.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Descendez depuis la place par la Cuesta del Chapiz jusqu’à deux demeures reliées.

Étape 7 sur 8Ensuite : Casa del Chapiz

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Albaicín au-dessus du Darro : maisons, cours et belvédères » — 8 étapes, environ 2 km, 2—2,5 heures.

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