Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La tour du beffroi de Gand
- La halle aux Draps
- La cloche Roeland sur un support distinct
L’histoire du lieu
Le drap procurait des revenus aux tisserands, aux marchands et à de nombreuses corporations de métiers ; son parcours dans la ville était donc strictement organisé : on apportait ici la laine et le tissu fini pour les contrôler, les évaluer et les vendre. La halle aux Draps, où se déroulaient ces transactions et où se rencontraient les personnes dont les règles déterminaient le travail des métiers, est adossée au haut clocher municipal du beffroi de Gand. Près de l’église Saint-Nicolas, sur un support distinct, se trouve le Roeland fissuré, l’ancienne grande cloche, tandis qu’au-dessus de la halle est suspendue une autre cloche.
Trois personnes se rendaient au beffroi de Gand, chacune avec sa clé : le bailli, fonctionnaire du souverain, et deux échevins principaux, membres du tribunal et du conseil de la ville. Ils ne pouvaient ouvrir qu’ensemble le coffre enchaîné au sol. À partir de mille quatre cent huit, on y conservait les chartes — les documents dans lesquels étaient inscrits les droits de Gand.
Ces papiers étaient déposés au-dessus de la halle aux Draps. Celle-ci fut adossée à la tour en mille quatre cent vingt-cinq. On y apportait la laine et le drap fini : la marchandise était contrôlée, évaluée et vendue. Tisserands, marchands et des dizaines de corporations de métiers en vivaient. Leurs représentants siégeaient au conseil municipal, élisaient eux-mêmes les anciens des métiers et défendaient leurs règles grâce aux chartes du coffre de la tour. La grande cloche d’alarme Roeland appelait les habitants lorsqu’il fallait se rassembler.
En mille cinq cent trente-sept, l’empereur Charles Quint, souverain de Gand, exigea des habitants une part d’un nouvel impôt pour ses guerres. Le commerce du drap était déjà en déclin à ce moment-là, et ceux qui perdaient leurs anciens revenus devaient payer. Les représentants de Gand refusèrent. Après des recours judiciaires infructueux, plusieurs métiers exigèrent le droit d’élire à nouveau eux-mêmes leurs anciens. En août mille cinq cent trente-neuf, les artisans prirent les armes, s’emparèrent de l’administration de la ville et arrêtèrent une partie des échevins.
Charles voulait une soumission sans condition. En février de l’année suivante, il entra dans Gand avec une armée de plus de cinq mille hommes. Les participants à la révolte n’osèrent pas combattre. Vingt-cinq chefs furent exécutés. Le trois mai, une procession de pénitence partit de l’hôtel de ville : les échevins, les habitants, trois cent dix-huit membres des petits métiers et cinquante tisserands marchaient pieds nus. Cinquante journaliers en chemises blanches, des nœuds coulants autour du cou, étaient conduits en dernier. Le nœud coulant montrait quelle sentence l’empereur pouvait choisir pour eux ; les hommes furent contraints de demander grâce.
Charles prit ensuite les chartes de la ville, ordonna de descendre Roeland du beffroi de Gand et priva les métiers du droit d’élire eux-mêmes leurs dirigeants. Cinquante-trois corporations furent réduites à vingt et une, et leurs anciens furent désormais nommés par des fonctionnaires. Les tisserands et les artisans conservèrent leurs métiers, mais perdirent leur place dans le gouvernement de la ville, que leur garantissaient les documents de la tour.
La grande cloche, sur un support distinct près de l’église Saint-Nicolas, ne vit pas cette procession. Le premier Roeland, descendu sur l’ordre de Charles, fut plus tard remis en place, puis refondu en mille six cent cinquante-neuf pour former un nouvel ensemble de quarante cloches. La plus grande reçut son ancien nom. C’est ce second Roeland qui se fissura en mille neuf cent quatorze et qui se trouve maintenant en bas ; au-dessus de la halle aux Draps est suspendue une autre cloche.
Sur place
Visite extérieure accessible en continu ; les conditions d’accès à l’intérieur changent selon la semaine en cours sur la page officielle
Vérifié : 27 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.La tour et la halle peuvent être observées depuis la place ; la montée et les espaces intérieurs nécessitent une vérification distincte de l’accès.
