Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Paroi de verre de l’atelier de restauration
- Volets de l’Adoration de l’Agneau mystique
- Stéréomicroscope
- Scalpel chirurgical
L’histoire du lieu
Le Musée des Beaux-Arts de Gand accueille des visiteurs depuis mille huit cent deux et compte parmi les plus anciens musées publics d’art de Belgique ; la collection a été transférée dans l’actuel bâtiment près du Citadelpark en mille neuf cent quatre. La ville et le musée ont attribué l’une des salles à un atelier de restauration ouvert, destiné au travail sur l’Adoration de l’Agneau mystique. À travers la paroi de verre insonorisée, on voit les volets, le microscope et les instruments fins, tandis que les visiteurs traversent la salle tout près de ceux qui, derrière la vitre, ne les entendent pas.
Derrière la vitre, à l’intérieur du musée, la restauratrice Kathleen Froyen retire d’un tableau une peinture ajoutée, à l’aide d’un scalpel chirurgical. Sous le stéréomicroscope, on parvient à nettoyer environ seize centimètres carrés par jour, parfois moins. Une erreur resterait à jamais sur une œuvre de Jan van Eyck. Pour Froyen, ce n’est pas une expérience destinée à être montrée : depuis deux mille dix-huit, elle travaille en permanence sur l’Adoration de l’Agneau mystique et coordonne l’atelier installé ici.
Le retable lui-même a été peint par les frères Hubert et Jan van Eyck pour la cathédrale Saint-Bavon au quinzième siècle. Seuls les volets sur lesquels travaillent les restaurateurs sont apportés au musée ; les autres continuent d’être exposés dans la cathédrale. Des maîtres de plusieurs générations ont nettoyé et restauré la peinture, recouvert les parties endommagées d’une nouvelle couche de peinture, puis appliqué du vernis par-dessus. Au début des travaux actuels, les visiteurs voyaient déjà, en de nombreux endroits, non les coups de pinceau des van Eyck, mais une reprise du seizième siècle.
En deux mille dix, le conseil paroissial de la cathédrale a commandé un examen approfondi du retable. Les spécialistes ont découvert de la peinture décollée, un vernis assombri et des fissures dans les panneaux de bois. Deux ans plus tard, le conseil paroissial a chargé l’Institut royal du Patrimoine artistique (IRPA) de réaliser la restauration, tandis que la ville et le Musée des Beaux-Arts de Gand ont attribué une partie du bâtiment à l’atelier. Une paroi de verre a permis de ne pas cacher le travail au public.
Au départ, les restaurateurs comptaient consolider la couche picturale et enlever le vernis tardif. Après le nettoyage, il s’est avéré que les reprises recouvraient environ soixante-dix pour cent des volets extérieurs. L’équipe s’est trouvée face à un choix : conserver cette reprise vieille de cinq cents ans comme une partie du destin du retable, ou l’enlever pour retrouver une peinture encore plus ancienne. Les restaurateurs n’avaient pas le droit de décider selon leur goût quelle version était la plus belle. Ils ont réalisé des dégagements d’essai, étudié des échantillons microscopiques et vérifié s’il était possible de séparer la couche supérieure sans toucher à la peinture des van Eyck.
En mars deux mille quatorze, une commission internationale a autorisé l’enlèvement des reprises là où les recherches en confirmaient la sécurité. Les instructions définitives étaient approuvées par le conseil paroissial, propriétaire du retable. Les restaurateurs se sont engagés à ne combler que les pertes réelles et à employer des matériaux qui pourraient être retirés si nécessaire.
La conséquence la plus frappante est apparue en deux mille dix-huit dans la scène centrale de l’adoration de l’Agneau. Sous la tête tardive de l’animal, la tête originelle est apparue : les yeux regardaient presque directement le spectateur, le museau semblait court et tendu comme un visage humain. Lorsque l’image a été publiée, certains ont estimé que les restaurateurs avaient abîmé le célèbre agneau ; d’autres ont fait de son visage une plaisanterie en ligne. L’équipe n’a pas répondu par une explication artistique, mais par les fissures : le réseau de craquelures ancien de la tête originelle se prolongeait sous la peinture tardive. Le visage inhabituel appartenait donc à la couche inférieure, plus ancienne.
On continue aujourd’hui à nettoyer ici les volets supérieurs : les figures d’Adam et Ève, de la Vierge Marie, de Jean le Baptiste, des anges musiciens et de la divinité centrale. C’est l’un des travaux du Musée des Beaux-Arts de Gand, le plus ancien musée public d’art de Belgique : il a ouvert en mille huit cent deux, et la collection a été transférée dans ce bâtiment près du Citadelpark en mille neuf cent quatre. Derrière le verre insonorisé, les restaurateurs voient à peine les visiteurs et ne les entendent pas du tout. Les parties déjà nettoyées du retable se trouvent dans la cathédrale Saint-Bavon ; entre elles et l’atelier actuel s’étend le centre-ville.
Sur place
Lun fermé ; Mar–Ven 09:30–17:30 ; Sam–Dim 10:00–18:00 ; pendant les vacances scolaires 10:00–18:00 ; le premier jeudi du mois jusqu’à 22:00 ; fermé les 25–26 décembre et 1–2 janvier.
Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Une visite distincte du musée est nécessaire pour voir la collection. Ne comptez pas voir toutes les œuvres mentionnées en même temps : renseignez-vous sur l’exposition actuelle.
