Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Cylindres de bambou contenant des baguettes
- Autel principal de Guanyin
- Brûle-parfums
- Offrandes de papier
L’histoire du lieu
L’autel principal, au fond de la salle, appartient à un temple entretenu conjointement par des migrants du Guangdong et du Fujian. Des marchands et des marins ayant survécu à la traversée de la mer de Chine méridionale réunirent les fonds nécessaires et y vénéraient aussi Mazu, protectrice des marins. Plus tard, les affaires publiques des deux communautés furent transférées dans une salle distincte voisine. Le nom officiel du temple Kuan Im Teng (Kong Hock Keong) conserve encore le souvenir de leur ancienne alliance.
Les fidèles secouent devant l’autel un cylindre de bambou jusqu’à ce qu’une baguette numérotée en tombe. Son numéro permet de trouver une prédiction, réponse à une question sur une maladie, la famille ou une affaire à venir. Ici, on allume aussi de l’encens, on apporte des fleurs et l’on brûle des offrandes de papier pour les ancêtres. On demande conseil à Guanyin, la bodhisattva bouddhique de la compassion, vénérée dans la tradition locale sous une forme féminine et appelée déesse de la miséricorde.
Le temple Kuan Im Teng (Kong Hock Keong) a conservé un autre nom officiel. Il signifie le temple des communautés du Guangdong et du Fujian. La pierre de fondation est datée de l’an mille huit cents. Des marchands et des marins issus de ces deux provinces chinoises réunirent les fonds pour ce sanctuaire. Ils vivaient du commerce maritime et arrivaient à Penang après une traversée dangereuse de la mer de Chine méridionale ; c’est pourquoi Mazu, protectrice des marins, figurait parmi les divinités vénérées ici. Les sources divergent sur la divinité à laquelle appartenait initialement l’autel principal : Mazu ou Guanyin. Mais dès l’an mille huit cent trois, le temple reçut une plaque en l’honneur de Guanyin, et c’est elle qui occupa ensuite la place centrale.
Les communautés du Guangdong et du Fujian constituèrent auprès du temple un conseil commun, où elles étaient représentées à égalité. Il réglait les différends, gérait les dons et faisait office de tribunal pour les Chinois de George Town. Il n’y avait plus ici de fonctionnaire chinois reconnu par tous, et les migrants ne souhaitaient pas s’adresser à l’administration coloniale pour chaque conflit commercial. C’est donc aux mêmes personnes qui étaient responsables des autels qu’ils portaient contrats, dettes et querelles.
L’un des grands donateurs du temple était le marchand Khoo Thean Teik. Il dirigeait la société secrète Kean Teik Tong, une association qui donnait à ses membres du travail et une protection, mais exigeait en échange leur obéissance. Le principal revenu de ses dirigeants provenait du commerce de l’opium et du recrutement de travailleurs. L’administration coloniale affermait la vente d’opium : un entrepreneur payait pour le monopole, puis tirait profit de tout ce commerce sur l’île.
Au printemps de l’an mille huit cent soixante-sept, les rivaux appartenant à la société Ghee Hin surenchérirent sur l’offre de Khoo et obtinrent la ferme d’opium de Penang. Khoo cherchait à recouvrer cette source de revenus. Il mobilisa des milliers de membres de Kean Teik Tong et conclut une alliance avec la société du Drapeau rouge. Ghee Hin fut soutenue par la société du Drapeau blanc. Réduire cet affrontement à l’hostilité entre deux associations régionales chinoises serait inexact : les deux camps comprenaient aussi des Malais et des Indiens, et leurs dirigeants se battaient pour les monopoles commerciaux, les travailleurs et l’argent.
En août, des détachements armés combattirent pendant dix jours dans les rues de George Town et incendièrent des maisons. Les listes des directeurs et des donateurs du temple comprenaient des personnes des deux camps. Le conseil créé pour réconcilier les communautés ne parvint pas à réconcilier ses propres protecteurs. Les troupes coloniales mirent fin aux combats. Khoo Thean Teik fut arrêté l’année suivante et condamné à mort ; sa peine fut commuée en emprisonnement à perpétuité, puis il fut libéré sept ans plus tard. La ferme d’opium de Ghee Hin fut elle aussi retirée et remise en adjudication.
Après de nouveaux affrontements autour des mines d’étain, les marchands chinois séparèrent les affaires publiques des temples. En l’an mille huit cent quatre-vingt-un, ils fondèrent à côté le Penang Chinese Town Hall ; son premier conseil d’administration comptait à nouveau sept représentants du Fujian et sept représentants du Guangdong. Le nouveau bâtiment fut achevé en l’an mille huit cent quatre-vingt-six, et le tribunal ainsi que la médiation y furent transférés.
Le temple Kuan Im Teng (Kong Hock Keong) a conservé dans son nom officiel le souvenir de l’ancienne alliance des deux communautés, tandis que son nom courant, Kuan Im Teng — « pavillon de Guanyin » — a consacré l’activité qui resta ici après le transfert du tribunal. Désormais, on règle une question personnelle devant l’autel grâce à la baguette tirée, tandis que l’institution chargée des différends collectifs se trouve sur la parcelle voisine.
Sur place
tous les jours 7:00–19:00
Vérifié : 17 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Ne gênez pas les personnes en prière et ne passez pas entre une personne et l’autel ; si la salle est fermée, les principaux détails architecturaux restent visibles de l’extérieur.
