Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La plaque « Lebuh Armenian »
- Les façades des maisons de commerce
- Le croisement avec Lebuh Pantai
L’histoire du lieu
Au croisement avec Lebuh Pantai, les façades des maisons avec des locaux commerciaux se trouvent là où les navires approchaient du rivage : tout près, on déchargeait les marchandises, et l’on convenait dans les bureaux des traversées et des cargaisons entre l’Inde, Malacca et Batavia. Au début, on appelait la voie Malay Lane, d’après l’établissement voisin de Malais et de migrants venus de Sumatra. Plus tard, l’une des maisons à l’extrémité est devint l’adresse de marchands arrivés de Perse en passant par des villes de l’Inde ; ils possédaient des navires, vendaient des places sur les traversées et louaient leurs bateaux. C’est de cette maison que la rue reçut son nom actuel.
Aujourd’hui, sur cette courte rue, on photographie les peintures murales, on entre dans les cours de clan et on achète des souvenirs. Parmi tout cela, il n’y a pas d’Arméniens. Leur communauté a disparu de George Town, mais le nom est resté sur les plaques de rue.
Avant leur arrivée, on appelait la voie Malay Lane : un établissement de Malais et de personnes venues de Sumatra se trouvait à côté. Puis une « maison arménienne » apparut dans les documents. Un acte de vente de mille huit cent un la situe à l’extrémité est de la ruelle, au croisement avec Lebuh Pantai. Quelques années plus tard, un cartographe avait déjà inscrit « ruelle arménienne » sur la carte.
Les propriétaires de la maison appartenaient à la diaspora commerçante arménienne. Ces personnes arrivaient principalement de Perse, en passant par des villes de l’Inde. Elles transportaient des marchandises et des passagers entre Calcutta, Malacca, Batavia et le nouveau port britannique de Penang. La maison se trouvait là où la ruelle débouchait sur Lebuh Pantai : les navires étaient déchargés au bord de l’eau, et les marchands tenaient des bureaux. L’adresse arménienne apparut précisément dans la partie commerçante de George Town.
L’un de ces marchands, Catchatoor Galstaun, gagnait sa vie dans le transport maritime. Il possédait plusieurs navires, vendait des places pour Calcutta, acceptait des cargaisons et louait ses bateaux. Au début des années mille huit cent vingt, Galstaun dirigea une tentative pour transformer une petite colonie de marchands en communauté permanente. Les Arméniens avaient besoin de leur propre prêtre et de leur propre église.
Il fallait sept mille dollars pour la construction. Quatre mille furent réunis par des dons, et la Compagnie britannique des Indes orientales en donna cinq cents de plus. Galstaun apporta les deux mille cinq cents qui manquaient et acheta un terrain sur Lebuh Bishop, la rue voisine. Il n’y eut jamais d’église arménienne sur Lebuh Armenian elle-même : le nom était apparu plus tôt, grâce aux marchands qui vivaient ici.
L’église arménienne Saint-Grégoire-l’Illuminateur fut consacrée en mille huit cent vingt-quatre. Immédiatement après sa consécration, Galstaun y épousa Varterny Carapiet. Le bâtiment était destiné aux baptêmes, aux mariages et aux funérailles des personnes qui comptaient rester à Penang avec leurs familles.
Cette attente ne se réalisa pas. Il n’y eut jamais plus de trente Arméniens vivant simultanément sur l’île. Lorsque Singapour devint le principal centre commercial de la région, les entrepreneurs s’y installèrent, et les paroissiens restants eurent du mal à entretenir un prêtre et un grand bâtiment. Les offices devinrent rares. Le dernier fut célébré en mille neuf cent six. Trois ans plus tard, des poutres pourries firent s’effondrer la balustrade et une partie des murs, après quoi l’église fut démontée.
À sa place, les Arméniens érigèrent un monument, mais lui aussi disparut ensuite. En mille neuf cent trente-sept, vingt sépultures furent transférées du cimetière de l’église au cimetière municipal de Western Road. On y transporta les restes de plusieurs générations de familles pour lesquelles Galstaun avait autrefois payé l’église.
Cette « maison arménienne » près du croisement avec Lebuh Pantai ne peut plus être identifiée de façon fiable parmi les constructions actuelles. Il reste ici la plaque « Lebuh Armenian » : l’adresse de la communauté dont la première construction durable se révéla être le nom de la rue.
Sur place
la rue est ouverte vingt-quatre heures sur vingt-quatre
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Écoutez au bord de la rue, sans bloquer les entrées des maisons et des boutiques.
