Étape 2 sur 9

Palazzo Franco Lercari

Palazzo Franco Lercari

Le portail montrera comment une famille a transformé une légende contestée en preuve visible de sa propre influence.

15 min
Façade du Palazzo Franco Lercari avec un portail de pierre.
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0 sur 9 terminé

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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Deux figures masculines sans nez
  • Le portail de marbre
  • La cour intérieure

L’histoire du lieu

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Les nez des deux hommes de pierre qui portent le portail de marbre ont été volontairement tranchés. Franco Lercari, banquier et homme politique génois surnommé le Riche, les commanda ainsi. Entre mille cinq cent soixante et onze et mille cinq cent soixante-dix-huit, il fit construire ici une résidence urbaine pour sa famille. C’est pourquoi le palais porte son nom. Avant même l’achèvement des travaux, il fut inscrit dans la catégorie la plus élevée des Rolli, et les hôtes de marque de la République de Gênes entraient dans la cour entre ces figures mutilées.

Franco fit représenter le châtiment que l’on attribuait à son lointain ancêtre. Domenico Lercari, surnommé Megollo, était marchand et pirate : il commerçait dans les ports de la mer Noire, armait des navires et dépendait de la disposition des souverains locaux à protéger les marchands génois. La suite est connue par une légende mise par écrit presque deux siècles après les événements.

À Trébizonde, ville de la mer Noire située sur le territoire de l’actuelle Turquie, le courtisan Andronic tenta d’humilier cet étranger influent et insulta Megollo au cours d’une partie d’échecs. Le souverain de la ville refusa de punir l’offenseur. Pour un marchand de passage, cela signifiait qu’à la cour, on pouvait s’en prendre à lui sans conséquences.

Megollo retourna à Gênes, reçut l’aide de ses proches et l’autorisation des autorités de la ville, arma deux galères et repartit vers la mer Noire. Ses hommes attaquaient les établissements côtiers et les navires de l’empire de Trébizonde. Megollo ordonnait que les prisonniers soient privés de leur nez et de leurs oreilles. Selon la légende, les parties tranchées étaient déposées dans des récipients de saumure. Il épargna un vieillard et ses deux fils afin qu’ils apportent ces récipients au souverain.

Après cela, le souverain accepta de livrer Andronic. Celui-ci demanda qu’on lui laisse la vie sauve, et Megollo le relâcha. Le marchand aurait refusé les riches présents qu’on lui proposait. À leur place, il exigea pour les Génois un fondaco : une cour commerciale close, avec des entrepôts, des logements et des privilèges particuliers. La légende se termine par l’exaucement de cette demande, et la vengeance personnelle aurait apporté aux marchands génois une base fortifiée à Trébizonde.

Les documents confirment un noyau plus étroit et moins noble de l’histoire. Megollo commerçait réellement et pratiquait la piraterie sur la mer Noire. Dans un traité de mille trois cent seize, les dommages causés par ses actions et celles d’autres Génois furent évalués à cinq cent mille aspres d’argent, de petites monnaies orientales, et Gênes s’engagea à verser une indemnité. Les historiens considèrent que la fondation d’une cour commerciale précisément par Megollo relève d’une légende tardive.

Franco Lercari choisit les deux versions de la mémoire familiale pour sa demeure. Le sculpteur Taddeo Carlone laissa sur le portail la trace du châtiment : deux visages sans nez. Dans la salle d’apparat à l’étage, le peintre Luca Cambiaso représenta le dénouement heureux : la construction d’un fondaco génois à Trébizonde. L’entrée montrait le prix de la vengeance ; la salle intérieure, le bénéfice que la famille attribuait à celui qui l’avait déclenchée.

Depuis mille huit cent quarante-cinq, le palais appartient à la famille Parodi, et l’on ne peut généralement pas entrer à l’intérieur. Depuis la rue, le récit de Franco Lercari ne se voit que jusqu’au dénouement : les prisonniers sans nez sont restés au-dessus de l’entrée, tandis que la cour commerciale, pour laquelle la légende va jusqu’à la réconciliation, demeure cachée dans une salle privée.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantPalazzo Nicolosio Lomellino
Entréede l’extérieur

Extérieur uniquement ; le palais est privé et fermé aux visites ordinaires.

Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Le récit principal se lit directement depuis la rue. En observant les sculptures, laissez libre l’entrée du bâtiment.

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Où aller ensuite ?

Continuez dans la même rue jusqu’à la façade blanche et à l’entrée ovale.

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Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Palais et dettes de Gênes : Via Garibaldi, Via Balbi et le port » — 9 étapes, 2,7 km, 4 h 15 min.

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