Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le tabernacle d’Orcagna
- La Madone à l’Enfant de Bernardo Daddi
- Les grilles de pierre des anciennes arcades
- Les conduits dans les piliers d’angle
L’histoire du lieu
Le rez-de-chaussée d’Orsanmichele fut construit ouvert. Le matin, on y mesurait et vendait le grain, et après la fermeture du marché, des gens se réunissaient devant l’image de la Madone sur l’un des piliers et chantaient des prières de louange. Le nom du lieu est plus ancien encore : « Orsanmichele » est une contraction de « San Michele in Orto », « saint Michel dans le jardin ». Avant le marché, une petite église dédiée à saint Michel archange se dressait ici, parmi les potagers monastiques.
Les dévots de la Madone formèrent une confrérie laïque. Ils n’étaient pas moines : des artisans et des marchands versaient des cotisations, vendaient des cierges, recevaient des dons et distribuaient des aumônes. Les six administrateurs élus portaient le titre de capitaines : cette fonction n’avait aucun rapport avec le service militaire. On attribuait des guérisons à l’image. Les miracles eux-mêmes relèvent de la tradition religieuse ; en revanche, l’argent laissé ici, les testaments et les comptes de la confrérie sont conservés dans les documents.
En mille trois cent quarante-sept, le peintre Bernardo Daddi acheva une nouvelle grande Madone à l’Enfant de Bernardo Daddi. Quelques mois plus tard, la peste arriva à Florence. Des citadins mourants désignaient les capitaines d’Orsanmichele comme exécuteurs testamentaires : les biens devaient être vendus et l’argent distribué aux pauvres et aux hôpitaux. En peu de temps, la confrérie reçut tant de testaments que son ancienne activité charitable se transforma en gestion d’une immense fortune.
Avec cette confiance vinrent les accusations. Le chroniqueur Matteo Villani, qui consignait les conséquences de l’épidémie, affirmait que les capitaines s’appropriaient une partie des héritages et vendaient les biens à des conditions avantageuses pour eux. C’est l’accusation d’un contemporain, non un jugement établi. Une autre chose reste inconnue : les capitaines comptaient-ils regagner leur bonne réputation par une commande somptueuse ? L’ordre des événements est connu avec précision : après les testaments de la peste et les reproches publics, ils consacrèrent une part considérable des fonds à un nouvel encadrement de la Madone.
En mille trois cent cinquante-deux, le travail fut confié à Andrea di Cione, dit Orcagna, sculpteur florentin et maître d’un grand atelier. Pendant sept ans, il érigea autour du tableau une chapelle de marbre indépendante : avec des colonnes, une voûte, des reliefs, des incrustations colorées et de la dorure. En bas, Orcagna grava son nom et la date d’achèvement : mille trois cent cinquante-neuf. L’argent de ceux qui n’avaient pas survécu à la peste se transforma ici en un objet que les capitaines pouvaient présenter à toute la ville.
Après son installation, les marchands durent partir. En mille trois cent soixante et un, les fonctionnaires de la ville retirèrent d’ici le marché aux grains afin de libérer l’espace autour du sanctuaire. Puis les responsables des travaux ordonnèrent de fermer avec des grilles de pierre et des murs les anciennes arcades de la loggia. Le rez-de-chaussée devint une église, mais le grain continua d’être entreposé au-dessus en prévision des famines ; à l’intérieur des piliers d’angle subsistent encore les conduits par lesquels on le faisait descendre.
Les corporations de métier restèrent elles aussi liées à Orsanmichele, mais changèrent leur manière d’y être présentes. Chacune commandait son saint patron pour une niche extérieure ; c’est pourquoi, autour du bâtiment, les bouchers, les armuriers, les changeurs et les marchands d’étoffes sont représentés par des apôtres et des martyrs. Aujourd’hui, les façades portent des copies, tandis que les statues originales ont été transférées dans les anciennes salles à grains, à l’étage.
En bas se trouve toujours la Madone à l’Enfant de Bernardo Daddi dans le tabernacle de marbre d’Orcagna. Au-dessus d’elle subsistent les greniers municipaux, et dans un pilier de pierre se trouve le conduit par lequel le grain descendait autrefois directement vers le marché.
Sur place
La visite extérieure est libre ; la section muséale des musées du Bargello est actuellement ouverte du mardi au dimanche de 08:30 à 18:30, mais vérifiez le jour de votre visite et l’heure de la dernière entrée.
Vérifié : 27 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Observez les figures depuis le bas et depuis le côté opposé de la rue : leurs proportions sont calculées précisément pour cet angle de vue. La plupart des statues extérieures ont été remplacées par des copies.
