Étape 5 sur 6

Seffarine : le métal sous le marteau

Place as‑Seffarine

Cette étape montrera comment le martelage à la main a coexisté avec les machines et la production en série.

20 min
Des artisans martèlent des motifs sur des bassines en cuivre, sur la place Seffarine sous un grand arbre
Mike Prince · CC BY 2.0; cropped/resized for app
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Récipients en cuivre et en laiton
  • Plateaux à thé
  • Feuilles de métal
  • Ateliers sur la place

L’histoire du lieu

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Seffarine doit son nom aux artisans du métal jaune. Les « seffara » travaillaient le laiton et le cuivre jaune : ils fabriquaient des portes, des luminaires, des cruches et des plateaux. À côté d’eux se tenaient les « nhaysiya », les chaudronniers du cuivre rouge, qui fabriquaient des casseroles, des seaux et de grands chaudrons. La surveillance urbaine des métiers exigeait que les artisans d’une même spécialité restent regroupés : il était ainsi plus facile de contrôler les produits, de limiter le nombre d’ateliers et de régler les différends. Le métier occupa la place, puis lui donna son nom.

Au début du vingtième siècle, les dinandiers d’ici commencèrent à perdre leurs clients. Les Marocains buvaient de plus en plus souvent du thé, mais les théières et les plateaux venaient d’Europe. La vaisselle de Manchester de la maison Wright se vendait particulièrement bien. On proposait aux artisans locaux de se sauver en fabriquant des objets coûteux pour la noblesse et les voyageurs. Les commandes pour un tel luxe furent peu nombreuses.

Une partie des artisans choisit une autre voie. Vers mille neuf cent dix, ils formèrent une nouvelle association, les « swâiniya », c’est-à-dire les fabricants de plateaux. Ils se mirent à démonter la vaisselle importée pour s’en servir de modèle et à la reproduire pour les acheteurs locaux. Les anciens chaudrons et les cruches cédèrent la première place au service à thé.

Abdelhadi Tajmouati fut l’un des apprentis d’un dinandier d’ici. Il martela des motifs pendant dix ans, puis devint maâlem, un maître qui assume lui-même la responsabilité de la commande et forme les apprentis. En mille neuf cent quarante-six, des amis l’invitèrent à rejoindre une société : ils voulaient faire passer le travail du laiton d’un petit atelier à la production en série. La même année, un tour mécanique apparut à Fès, et Tajmouati fut parmi les premiers dinandiers à le maîtriser.

En mille neuf cent quarante-neuf, ses associés ouvrirent l’entreprise Et-Taj. Elle produisait des copies des théières Wright de Manchester : la forme, le couvercle et le décor restaient anglais, tandis que les artisans de Fès gravaient et martelaient les motifs à la main. Les machines accéléraient le formage et le polissage ; les artisans du martelage conservaient le travail de la surface du métal. Après la guerre, les fournisseurs européens n’avaient pas encore rétabli leur commerce d’autrefois, et la vaisselle de Fès occupa le marché ainsi libéré.

L’atelier dépassa rapidement les limites de l’ancienne médina. En mille neuf cent soixante, Tajmouati transféra la production dans une usine à Aïn Kadous, et cinq ans plus tard, trois cents personnes y travaillaient déjà. D’apprenti de la place, il devint un grand industriel ; l’entreprise qu’il avait lancée dépassa la vaisselle à thé et se mit à fabriquer des produits en fer, des matériaux de construction et de la porcelaine.

À Seffarine, la partie manuelle du métier subsista. Depuis longtemps, un même objet peut être fabriqué à plusieurs adresses : un artisan découpe la feuille, un autre la martèle, un troisième la soude, un quatrième la polit. Dans les ateliers d’ici, on répare maintenant souvent de vieux récipients et chaudrons. Les artisans eux-mêmes ont presque cessé d’employer le mot « seffara », mais la place porte toujours le nom des artisans du métal jaune.

Sur place

Temps sur place20 min
Point suivantR'cif : la ville au-dessus d’un cours caché
Entréeaccès libre

Jours ouvrables, du petit matin au soir ; le vendredi, de nombreux ateliers ferment vers midi

Vérifié : 19 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Restez hors de la zone de travail, ne touchez pas les objets sans y être invité et demandez à l’artisan avant de prendre des photos. Le martèlement bruyant fait ici partie d’une production en activité.

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Où aller ensuite ?

Descendez depuis les ateliers jusqu’au bout de la route carrossable à R’Sif.

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Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Fès artisanal : de Nejjarine à R'cif » — 6 étapes, environ 1,8 km, 2 h.

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