Étape 2 sur 6

Souk el-Henna

Souk el Henna / Maristan Sidi Fraj

Cette place marchande aidera à reconstituer l’organisation d’un hôpital disparu et de ses revenus permanents.

20 min
Place avec des platanes et des rangées de boutiques vendant de la céramique et des herbes, au marché du Souk el-Henna
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Boutiques autour de la place
  • Galerie commerciale couverte
  • Produits au henné et aux herbes

L’histoire du lieu

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Au milieu du vingtième siècle, un grave incendie endommagea l’ancien bâtiment, et les patients furent transférés dans une nouvelle institution. Une galerie commerciale couverte fut ensuite aménagée sur le terrain libéré ; les boutiques occupent maintenant l’espace où se trouvaient autrefois les salles et les pièces de service. La petite place située sur le côté jouxte l’ancienne limite occidentale de ce lieu, et l’on vend toujours du henné et des herbes à proximité.

Les étals du Souk el-Henna entourent une petite place et se prolongent dans un bâtiment commercial couvert. Le henné a donné son nom au marché, mais la proximité de marchands d’herbes et de produits de soin s’est établie près d’une institution où ces produits étaient nécessaires non seulement aux acheteurs de la médina. À l’emplacement du bâtiment actuel se dressait un maristan : c’est ainsi que l’on appelait un hôpital dans le Fès médiéval.

Vers l’an mille deux cent quatre-vingt-six, le sultan mérinide Abou Yacoub Youssef ordonna d’ouvrir ici un hôpital pour les personnes qui ne pouvaient payer leurs soins ou qui étaient privées du soutien de leur famille. Les médecins traitaient les maladies internes, les lésions osseuses, les yeux et les troubles mentaux. L’entretien était assuré par les habous, des biens de bienfaisance : des maisons, des boutiques et des terres étaient transférées à l’institution pour toujours, et les loyers finançaient les médicaments, la nourriture et les salaires des médecins, des infirmiers, des cuisiniers, des gardiens et des musiciens.

Ce système fut brisé par le sultan Abou Saïd Othman II, qui avait besoin de fonds pour équiper une armée. Il commença à vendre et à hypothéquer les biens du maristan, bien que les habitants de Fès protestassent. L’hôpital perdait non pas un don ponctuel, mais un revenu qui devait arriver chaque mois. Les médecins et les médicaments disparurent peu à peu, et les salles servirent de plus en plus à détenir des personnes atteintes de troubles mentaux, que l’on ne pouvait plus héberger ailleurs.

Hassan al-Wazzan (Léon l'Africain) constata les conséquences de cette situation : jeune étudiant, il avait été engagé ici comme secrétaire ; plus tard, on l’appellerait en Europe Léon l’Africain. Il travailla deux ans au Maristan de Sidi Frej et recevait trois ducats par mois, comme les autres étudiants qui gagnaient leur vie par le service. C’était un homme du bureau de l’hôpital, qui savait à qui l’on payait des salaires et comment les patients étaient entretenus. Dans sa description de Fès, il énuméra le personnel qui subsistait encore, mais parla aussi de personnes enfermées dans des chambres, ligotées et laissées aux soins des gardiens. La vente des habous procura au sultan de l’argent pour son armée ; pour les patients, elle se traduisit par la transformation de l’hôpital en lieu d’isolement.

Un emploi rémunéré subsista particulièrement longtemps. Chaque vendredi, des musiciens jouaient de la musique andalouse pour les patients ; de telles séances se poursuivirent jusqu’au vingtième siècle. Elles étaient organisées pour soulager l’état des malades, bien qu’à cette époque l’ancien hôpital pluridisciplinaire n’existât déjà plus.

Le nom de Sidi Frej donne l’impression que le maristan était dédié à un saint local. Il n’y avait ici ni tombe, ni saint dont l’existence fût attestée avec certitude sous ce nom. Les chercheurs relient ce nom au Bab el-Faraj voisin — les « Portes du soulagement » — qui se dressait entre le marché du henné et le marché des herboristes. Le nom de l’hôpital vient du nom du passage, et non de la biographie d’un homme vénéré.

Dans les années quarante du vingtième siècle, un incendie endommagea gravement l’ancien maristan. Les patients furent transférés dans une nouvelle institution, et une kissaria couverte — une galerie commerciale — fut aménagée sur l’ancien site. Les salles médiévales n’ont pas subsisté dans le bâtiment actuel : la place du Souk el-Henna jouxte leur ancien emplacement à l’ouest, et les boutiques occupent le terrain de l’hôpital où Hassan al-Wazzan (Léon l'Africain) tenait autrefois les registres pour trois ducats par mois.

Sur place

Temps sur place20 min
Point suivantpont Sebbaghine
Entréeaccès libre

Les boutiques ouvrent vers 10:00 et restent ouvertes jusqu’au coucher du soleil

Vérifié : 19 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Ne cherchez pas de salles d’hôpital ni de façade conservée : le maristan a disparu. Écoutez le récit de manière à ne pas couvrir les clients et les commerçants.

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Où aller ensuite ?

Sortez du marché couvert et descendez vers le pont des teinturiers.

Étape 2 sur 6Ensuite : pont Sebbaghine

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Fès artisanal : de Nejjarine à R'cif » — 6 étapes, environ 1,8 km, 2 h.

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