Étape 2 sur 6

Mellah

Mellah de Fès / الملاح

La proximité du palais deviendra ici un itinéraire concret de fuite, et les façades restaurées cacheront les traces de trois jours de dévastation.

15 min
Quartier juif de Fès
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Rue centrale
  • Façades restaurées
  • Mur nord du quartier
  • Murs du palais derrière le quartier

L’histoire du lieu

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Au Maroc, un Mellah est un quartier juif entouré de murs. Celui de Fès fut le premier ; plus tard, son nom passa à des quartiers semblables dans d’autres villes. Sa création est située vers le milieu du quinzième siècle, le plus souvent en mille quatre cent trente-huit, bien que le déplacement ait pu prendre plus d’un an. Les familles juives durent quitter leurs maisons et leurs boutiques dans le vieux Fès pour s’installer à Fès el-Jdid, contre le mur du palais du sultan. Le souverain pouvait ainsi protéger la communauté tout en surveillant les marchands, les joailliers et les artisans dont dépendaient les impôts et les commandes de la cour. La nuit, les portes du quartier étaient fermées à clé.

La proximité du palais détermina un jour qui pourrait sortir d’ici. Le dix-sept avril mille neuf cent douze, deux semaines et demie après la signature du traité instituant le protectorat français au Maroc, des soldats marocains se mutinèrent contre les commandants français. Une partie des mutins et des citadins qui les avaient rejoints se dirigea vers le Mellah. Ses habitants étaient considérés comme des partisans des Français : l’année précédente, certains d’entre eux avaient fourni vivres et marchandises aux troupes arrivées à Fès.

Douze jours avant la mutinerie, les soldats avaient déjà fouillé le quartier à la recherche d’armes. Ils y avaient alors vu des réserves de tissus, des bijoux, des meubles et des marchandises dans les boutiques. Pour les familles locales, c’était tout à la fois leur gagne-pain, leurs économies et leur dot. Après les fouilles, on retira aux habitants la plupart de leurs fusils. Lorsque les assaillants incendièrent les portes, les défenseurs de la tour au-dessus de l’entrée ripostèrent avec quelques vieux fusils, mais ne purent tenir le passage.

Amram Elmaleh, directeur de l’école juive, tenta d’appeler à l’aide et de faire sortir les familles de l’encerclement. Il proposait de fortes sommes à ceux qui accepteraient de porter un billet jusqu’au camp français situé à seulement quelques kilomètres d’ici. Aucun message n’arriva. Elmaleh passa la nuit armé, auprès des personnes réfugiées dans les maisons voisines. Au matin, il les convainquit d’abandonner leurs biens et de partir par le jardin adjacent au palais.

Les portes du palais restèrent d’abord fermées. Ce n’est que vers le soir que le sultan Abdelhafid ordonna de laisser entrer les fugitifs. Le premier soir, environ deux mille personnes entrèrent dans la cour ; ensuite, presque toute la communauté du Mellah se rassembla sur le terrain du palais. Les familles s’installèrent dans les cours, les écuries et les cages ouvertes de la ménagerie du sultan. Les cages ne servaient pas de prison : les gens les occupaient eux-mêmes comme abri. Le sultan ordonna de distribuer du pain et des olives aux réfugiés.

L’attaque dura trois jours. Des dizaines d’habitants furent tués, les maisons et les synagogues furent pillées, et une partie du quartier brûla. Dans la mémoire juive, ces jours reçurent le nom de « Tritel » : un pillage au cours duquel on cherche même les objets cachés sous terre.

Le vingt-trois avril, le ministre des Travaux publics Sidi Muhammad Tazi, chargé de rendre le quartier habitable pour le retour des habitants, embaucha cent hommes juifs. Ils furent répartis en dizaines et envoyés sous garde déblayer les gravats. Les ouvriers abattaient les murs prêts à s’effondrer et inspectaient les puits : les habitants y avaient caché des biens, et les objets retrouvés étaient consignés afin d’être rendus à leurs propriétaires. Le vingt-huit avril, les familles dont les maisons pouvaient encore être occupées quittèrent les cours du palais. Les autres s’installèrent chez des parents et des connaissances.

Sur les photographies prises après le Tritel, la rue centrale du Mellah est encombrée de poutres calcinées, et les étages des maisons sont éventrés. Les façades actuelles qui la bordent sont le résultat de réparations et de reconstructions ultérieures. Le court lien spatial est resté le même : juste derrière le mur nord du quartier se trouvent les terrains du palais, vers lesquels les habitants partirent par le jardin voisin. La ménagerie elle-même n’est plus visible depuis la rue.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantCimetière juif de Fès
Entréede l’extérieur

Les rues ouvertes du quartier sont accessibles comme espace urbain ; les maisons, cours et lieux religieux particuliers ne sont pas en accès libre. Vérifié dans des sources ouvertes le 2026-06-29.

Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

C’est un quartier commerçant vivant : ne bloquez pas les passages étroits, demandez la permission avant de photographier les habitants et n’entrez pas dans les entrées privées pour observer des détails architecturaux.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Descendez des rues résidentielles vers les pierres tombales blanchies près du mur du quartier.

Étape 2 sur 6Ensuite : Cimetière juif de Fès

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Fès el-Jdid : palais, Mellah et jardin Jnan Sbil » — 6 étapes, environ 2,3 km, environ 2–2,5 heures.

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