Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La pente raide de la rue
- Les boutiques le long de la voie
- Les tournants aveugles des ruelles résidentielles
- Les passages en impasse
L’histoire du lieu
Talaa Kebira signifie « Grande montée ». Le parcours la descend, des portes occidentales jusqu’à Al Quaraouiyine ; son nom vient du mouvement en sens inverse, vers le haut de la pente. Les commerçants tenaient leurs boutiques le long de cette voie, tandis que les ruelles résidentielles menaient derrière des tournants aveugles et dans des impasses. Ainsi, on pouvait faire passer à travers la médina les acheteurs, les bêtes de somme et les marchandises, presque sans entrer dans les quartiers résidentiels.
Au début de Talaa, il existe un autre nom : la Maison de Maïmonide. Selon la tradition orale, c’est ici même que vivait Moïse ben Maïmon, un jeune docteur juif de la loi qui cherchait à comprendre comment préserver la foi sous la menace de mort. Il est impossible de confirmer l’adresse exacte, mais le séjour de Maïmonide à Fès et une lettre écrite ici ne laissent presque aucun doute.
Sa famille quitta Cordoue après la conquête de la ville par les Almohades. Les nouveaux dirigeants privèrent les juifs de leur protection antérieure : il restait la conversion à l’islam, la fuite ou la mort. Vers mille cent soixante, la famille arriva à Fès, où subsistait encore une importante communauté juive. Pourtant, Fès était gouvernée par les mêmes Almohades.
L’occasion de la lettre de Maïmonide fut la réponse d’un autre rabbin, resté anonyme. Celui-ci déclara apostats les juifs qui, sous la menace, avaient prononcé la profession de foi islamique, et exigeait qu’ils préfèrent la mort. Pour Maïmonide, il s’agissait des gens qui l’entouraient, et non d’un exercice théologique. Il objecta que des paroles prononcées par peur de l’épée ne peuvent être jugées comme un renoncement volontaire à la foi. Une personne contrainte peut observer les commandements en secret, mais elle doit quitter le pays dès que l’occasion se présente.
En mille cent soixante-cinq, le rabbin de Fès Juda ibn Shoshan fut exécuté comme apostat de l’islam. Les chercheurs estiment que cette exécution a pu pousser Maïmonide à fuir. Il suivit son propre conseil : avec sa famille, il quitta Fès, atteignit la Palestine, puis s’établit à Fostat, près du Caire.
Il n’y a pas ici de maison du douzième siècle. Dar al-Magana, que l’on associe à Maïmonide, fut construite presque deux siècles plus tard. Sur Talaa Kebira, ce ne sont pas ses murs qui subsistent, mais l’adresse d’une tradition orale : le lieu auquel les juifs de Fès ont attaché le souvenir d’une lettre écrite par un homme qui se préparait à fuir pour la deuxième fois.
Sur place
Artère de rue ouverte ; allez-y le matin ou en dehors du pic commercial le plus dense, si vous voulez regarder tranquillement vers le haut sans ralentir le flux.
Vérifié : 30 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Marchez au rythme du flux, restez sur le bord lorsque vous vous arrêtez et ne bloquez pas les vitrines ni les livraisons.
