Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La base octogonale de Mercat Cross
- Le contour de l’ancienne croix dans le pavage
- La statue équestre de Charles II
- Le bâtiment de Parliament Hall
L’histoire du lieu
Le socle octogonal en pierre près de l’église rappelle que la croix du marché de la ville se trouvait ici. Le mot écossais « mercat » est lié au marché : depuis une plate-forme surélevée, les hérauts annonçaient les décisions des autorités afin que toute la ville les entende et ne puisse pas prétendre ne rien savoir. L’ancienne croix disparut au dix-huitième siècle, mais son ancien emplacement est encore tracé dans le pavage ; non loin se trouve une figure équestre du roi en armure romaine, coulée en plomb.
Le cinq février mille six cent quarante-neuf, le chef des Covenantaires écossais, Archibald Campbell, marquis d’Argyll, se tenait près de l’ancienne croix du marché de la ville. Il voulait un monarque qui ne pourrait pas modifier à sa guise l’organisation de l’Église presbytérienne. Des hérauts proclamaient roi Charles II, un exilé de dix-huit ans : il lui fallait une reconnaissance et une armée écossaise pour reconquérir les trônes de son père.
Charles lui-même n’assista pas à la cérémonie. Six jours plus tôt, le Parlement anglais avait exécuté son père, le roi Charles Ier, qui avait tenté de disposer de l’Église d’Écosse, et avait refusé de reconnaître l’héritier. Le Parlement écossais avant 1707 reconnut Charles, mais assortit son titre d’une condition. Avant d’être admis à gouverner le pays, il devait garantir l’organisation de l’Église et la paix sur la base de deux accords : le Covenant national et la Ligue et le Covenant solennels. Par ces accords, les presbytériens écossais liaient le roi par des obligations dans les affaires de l’Église. La querelle autour du livre de prières, commencée près de l’autel voisin, avait alors déjà dégénéré en guerres et en l’exécution du précédent monarque.
Argyll était aussi le chef du clan Campbell. Ses revenus provenaient des rentes de vastes terres situées à l’ouest de l’Écosse. À cause des ravages de la guerre, presque aucun argent n’en était arrivé pendant plusieurs années, tandis que ses dettes augmentaient. L’issue politique décidait du sort de son titre, de ses possessions et de sa propre tête.
Charles accepta les conditions. À l’été mille six cent cinquante, il signa les Covenants et arriva en Écosse. Le premier janvier de l’année suivante, à Scone, Argyll posa de ses propres mains la couronne écossaise sur la tête de Charles. À ce moment-là, l’armée de la République anglaise avait déjà défait les Écossais à Dunbar. En septembre, Charles mena les forces survivantes en Angleterre, fut vaincu à Worcester, s’enfuit sur le continent et y passa encore neuf ans.
Argyll resta dans le pays occupé. Ses créanciers le poursuivaient, et il se soumit au gouvernement républicain, puis collabora avec le général George Monck, qui gouvernait l’Écosse au nom de la République. C’est Monck qui, en mille six cent soixante, mena l’armée sur Londres et aida Charles à retrouver ses trônes. Argyll se présenta à la cour du roi rétabli. Charles ordonna son arrestation et son envoi à Édimbourg.
Les députés jugèrent le marquis dans le bâtiment situé derrière l’église Saint-Gilles. Parmi les preuves figuraient des lettres d’Argyll datant de l’époque de la République, remises par Monck. Le vingt-cinq mai mille six cent soixante et un, il fut reconnu traître. Deux jours plus tard, à Mercat Cross, le marquis posa sa tête sous la « Maiden », un cadre de bois muni d’une lame de fer tombante. Son titre et ses possessions furent confisqués, et sa tête fut exposée sur l’ancienne prison municipale de l’Old Tolbooth, près de l’église Saint-Gilles. Le Tolbooth lui-même a disparu depuis longtemps.
En écossais, « mercat » signifie « marché ». La croix marquait le marché de la ville, et sa haute plate-forme servait d’endroit d’où les hérauts proclamaient les décisions afin que personne ne puisse invoquer son ignorance. C’est aussi là que l’on exécutait les châtiments publics. Le nom de Parliament Square vient de Parliament Hall : autrefois les députés y siégeaient, et les plus hautes juridictions d’Écosse y sont aujourd’hui installées.
La croix du dix-septième siècle auprès de laquelle Charles fut proclamé et Argyll exécuté fut démolie en mille sept cent cinquante-six ; son emplacement est indiqué par un contour dans le pavage. L’actuelle base octogonale fut construite en mille huit cent quatre-vingt-cinq. La statue équestre au fond de la place est plus ancienne : elle fut installée en mille six cent quatre-vingt-cinq, l’année de la mort de Charles II. Le roi de plomb est assis en tenue militaire romaine, un sceptre à la main. Tout près, dans le pavage, subsiste la marque de la plate-forme où Argyll assista à la proclamation de Charles et où, douze ans plus tard, il s’allongea sous la lame.
Sur place
La place et Mercat Cross sont des points de rue en plein air. La Signet Library est ouverte aux non-membres sur rendez-vous préalable, sans horaires de visite ordinaires sans rendez-vous.
Vérifié : 15 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Il vaut mieux parcourir la place en cercle : la circulation et les flux de passants peuvent gêner l’observation depuis un seul point.
