Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- L’inscription « Cathédrale » au-dessus de l’entrée
- Deux plaques commémoratives
- Le tabouret à trois pieds en bronze
L’histoire du lieu
Au-dessus de l’entrée figure le mot « cathédrale », mais l’église Saint-Gilles n’a pas d’évêque. Aujourd’hui, c’est une église presbytérienne en activité et l’église principale d’Édimbourg. Elle est administrée sans hiérarchie épiscopale, par des assemblées de prêtres et de paroissiens élus. Pourtant, c’est précisément la tentative d’y installer un évêque qui fit autrefois de l’édifice une cathédrale.
L’église médiévale, fondée vers mille cent vingt-quatre, fut dédiée à saint Gilles. Selon la tradition, il était un ermite du sud de la France ; plus tard, on le vénéra comme le patron des lépreux et des boiteux. Le lien avec les malades était très concret : le roi David Ier attribua les revenus de la paroisse d’Édimbourg à l’hôpital de l’ordre de Saint-Lazare, où les frères soignaient des personnes atteintes de lèpre. Après la Réforme écossaise, la vénération des saints cessa ici, mais le nom de Gilles fut conservé.
En mille six cent trente-trois, le roi Charles Ier créa le diocèse d’Édimbourg et désigna l’église Saint-Gilles comme son église cathédrale. Le roi voulait rapprocher le culte écossais du culte anglais : renforcer le rôle des évêques et introduire un livre de prières unique. Beaucoup de presbytériens écossais estimaient que le monarque réintroduisait des rites trop semblables à la messe catholique et qu’il réglait les affaires de leur Église sans son consentement.
À l’été mille six cent trente-sept, le doyen James Hannay reçut pour mission de célébrer ici, pour la première fois en public, un office selon le nouveau livre de prières. Il n’y avait alors pas de bancs fixes : les paroissiens apportaient de petits tabourets pliants et les remportaient chez eux après l’office.
La suite est connue en deux versions. Les troubles dans l’église et la résistance au livre de prières sont confirmés par des documents. Mais le premier jet relève de la tradition. Selon elle, la marchande ambulante Jenny Geddes entendit la lecture de Hannay, cria : « N’ose pas dire la messe à mon oreille ! » puis lança son tabouret au doyen. D’autres paroissiens se mirent à crier, et d’autres tabourets volèrent à leur tour. Il fallut faire sortir les ecclésiastiques de l’église, et les offices furent suspendus pendant une semaine.
Il n’a pas été possible d’établir avec certitude si cette Jenny Geddes était réellement l’instigatrice. Une personne portant ce nom vivait à Édimbourg, mais le récit de la marchande et de son lancer fut consigné plus tard ; il existe même une version selon laquelle des apprentis déguisés se cachaient sous des robes de femmes. Jenny elle-même disparaît des témoignages fiables après cet épisode.
La protestation commencée à l’église Saint-Gilles se poursuivit au-delà de ses murs. L’année suivante, les opposants aux innovations religieuses royales signèrent le Covenant national, un engagement à ne pas les accepter sans l’accord de l’Église d’Écosse. Puis une assemblée ecclésiastique annula le livre de prières et abolit les évêques. Charles Ier envoya des troupes contre les Covenantaires, partisans du Covenant national, mais subit une défaite lors des deux guerres des Évêques. Pour réunir de l’argent en vue d’une nouvelle campagne, il dut convoquer le Parlement anglais après une interruption de onze ans. Le conflit avec le Parlement dégénéra en guerre civile ; en mille six cent quarante-neuf, Charles Ier fut exécuté.
Les évêques furent brièvement rétablis plus tard, mais définitivement abolis en mille six cent quatre-vingt-dix. Depuis lors, l’église Saint-Gilles n’est techniquement plus une cathédrale, bien que son nom historique soit resté. À l’intérieur, deux plaques commémoratives formulées avec prudence mentionnent Hannay comme Geddes. Et en mille neuf cent quatre-vingt-douze, quarante Écossaises offrirent à l’église une sculpture en bronze d’un tabouret à trois pieds. À l’extérieur subsiste le mot « cathédrale », attribué par Charles Ier ; à l’intérieur, un tabouret rappelle la protestation contre son livre de prières.
Sur place
Lun-ven 10:00-18:00, sam 09:00-17:00, dim 13:00-17:00 ; église en activité, l’accès varie donc selon les offices, les concerts et les cérémonies. À la date de vérification, l’entrée se faisait contre un don, don recommandé £10 ; depuis septembre 2026, un modèle de visite payant a été annoncé pour la plupart des visiteurs.
Vérifié : 15 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.De l’extérieur, le lien entre l’église et la rue est visible ; à l’intérieur, gardez le silence et tenez compte du fait que les offices peuvent limiter la visite.
