Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le pavillon rond en pierre
- Le dôme à colonnes
- La statue d’Hygie
- L’inscription au-dessus de la porte
L’histoire du lieu
La colonnade et le dôme composent cette rotonde de pierre à la manière d’un temple antique. Sous elle se cache l’ancienne chambre de pompage : l’eau sulfureuse arrivait ici depuis une source souterraine située au bord de la rive, et non depuis la rivière. La source était soumise à un ordre strict : le gardien la versait dans des verres, percevait le paiement aux heures prévues et en exemptait les patients munis d’un certificat médical ; après avoir bu, chacun devait céder sa place au suivant. Aujourd’hui, Hygie, déesse de la santé, se tient toujours sous le dôme, même si l’eau n’est plus distribuée ici.
Francis Garden, Lord Gardenstone, était juge à la plus haute cour civile d’Écosse et buvait l’eau de cette source depuis plus de vingt ans. Il souffrait de troubles gastriques et nerveux et était convaincu que cette eau préservait sa santé. Avec l’âge, son état s’aggrava au point que le juge de soixante-cinq ans partit se soigner grâce au climat du sud de l’Europe. À son retour à Édimbourg, il décida de sauver la source abandonnée, à laquelle il faisait davantage confiance qu’aux médecins.
En mille sept cent quatre-vingt-huit, Gardenstone acheta la source, fit dégager l’accès et commanda un pavillon à Alexander Nasmyth. Nasmyth était peintre paysagiste ; ce fut sa première commande architecturale. Il édifia au-dessus de l’eau un temple circulaire rappelant les constructions antiques de Tivoli. Une chambre de pompage était cachée dans la base de pierre : l’eau était puisée dans une source souterraine sulfureuse qui sortait sur la rive, et non dans la rivière.
Gardenstone paya seul la construction. C’était un pari considérable pour un homme qui perdait déjà de l’argent dans des projets publics et qui mourut quelques années plus tard avec d’importantes dettes. En revanche, il imposa aux visiteurs un ordre précis. Le gardien George Murdoch devait distribuer les verres, percevoir le paiement aux heures fixées et admettre gratuitement ceux qui apportaient un certificat médical. Après avoir bu l’eau, chacun devait s’écarter pour laisser la place au suivant. Une règle distincte interdisait de rincer ici, le matin, les ulcères et les membres malades.
Pour attirer le public, Gardenstone demanda au médecin d’Aberdeen James Taylor de décrire les propriétés curatives de l’eau. En mille sept cent quatre-vingt-dix, Taylor publia un traité et énuméra les maladies que la source était censée guérir : de l’hydropisie et du scorbut aux maladies vénériennes. La publicité eut l’effet inverse. Les habitants d’Édimbourg commencèrent à éviter le puits, de peur que leurs connaissances ne pensent qu’ils souffraient de l’une de ces maladies. Lorsque le traité fut oublié, les gens revinrent, mais ils venaient de plus en plus souvent pour une promenade matinale plutôt que pour se soigner.
La statue sous le dôme représente Hygie, l’ancienne déesse grecque de la santé. Gardenstone l’ajouta deux ans après l’ouverture ; l’actuelle figure en marbre remplaça la première version, qui avait été brisée. Et Bernard de Clairvaux, dans le nom, n’est pas un visiteur attesté de la source. Selon une tradition locale, Bernard de Clairvaux, fondateur de l’Ordre cistercien, vécut dans une grotte voisine au douzième siècle. Aucun document ne le confirme.
Au-dessus de la porte de l’ancienne chambre de pompage est encore gravée l’inscription : « Puits minéral de Bernard de Clairvaux ». L’eau n’y est plus distribuée, mais le pavillon de pierre a conservé l’organisation d’un lieu de soins : la source en bas, la déesse de la santé en haut, et le chemin de promenade à l’endroit où les patients cédaient leur place près des verres.
Sur place
Le pavillon est ouvert à la visite les dimanches d’août et lors des journées portes ouvertes ; il est accessible de l’extérieur à toute heure.
Vérifié : 17 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Observez le pavillon de l’extérieur. Si la grille est fermée, n’essayez pas de passer derrière : l’accès intérieur exige une confirmation distincte.
