Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Pavillon cruciforme
- Fente méridienne dans le toit
- Lunette méridienne
- Galerie enterrée sur le versant nord
L’histoire du lieu
Sur le versant nord de Calton Hill, la galerie d’exposition est presque cachée dans le sol, tandis qu’au-dessus d’elle se dresse le pavillon de pierre cruciforme de l’ancien Observatoire municipal. Avec le temps, la lumière et la fumée de la ville ont rendu les observations sur la colline trop difficiles, et les astronomes ont déménagé ailleurs. Les cloisons ajoutées plus tard ont été supprimées, le toit a été restauré et le nouvel espace d’art a été intégré au versant, sous les anciennes salles. Des expositions s’y tiennent désormais et des ateliers y fonctionnent, tandis que l’ancienne lunette méridienne est restée dans l’aile est.
Le toit du pavillon cruciforme est traversé par une ligne droite allant du nord au sud. C’est une fente méridienne. On ouvrait ses volets de bois afin que la lunette méridienne saisisse l’instant où une étoile traversait le méridien d’Édimbourg. Le tube ne se déplaçait que dans un seul plan vertical, et les astronomes tiraient de leurs observations l’heure exacte. Cette haute colline dégagée convenait à ce travail ; la proximité du port de Leith le rendait aussi concrètement utile aux marins. La grande lunette installée ici en mille huit cent trente et un est conservée dans l’aile est.
Trois ans plus tard, Thomas Henderson en reçut la responsabilité : il fut le premier astronome royal d’Écosse, c’est-à-dire le directeur public de l’observatoire et professeur à l’université d’Édimbourg. Auparavant, Henderson avait gagné sa vie pendant dix-huit ans dans le service juridique. Il effectuait ses calculs astronomiques pendant son temps libre et n’était pas payé pour cela. Le poste de Calton Hill, rémunéré trois cents livres par an, lui permit pour la première fois de vivre de son véritable métier.
Henderson était revenu en Écosse depuis l’observatoire du cap de Bonne-Espérance : sa santé ne résistait ni au climat local ni au travail intense. Il avait emporté avec lui des piles d’observations d’Alpha Centauri. Cette étoile est invisible depuis Édimbourg, mais c’est ici que Henderson se mit à réduire les mesures effectuées dans le Sud.
Il s’intéressait au très léger déplacement de l’étoile par rapport à l’arrière-plan lointain lorsque la Terre se trouve de part et d’autre de son orbite. Cet angle, la parallaxe, permet de calculer une distance. Avant Henderson, personne n’avait encore obtenu une distance fiable jusqu’à une étoile située au-delà du Système solaire.
Les calculs indiquaient un déplacement d’environ une seconde d’arc. Henderson savait toutefois que l’instrument du cap de Bonne-Espérance introduisait une petite erreur. Des affirmations antérieures sur la parallaxe stellaire s’étaient déjà révélées erronées, et il décida d’attendre une confirmation. Tandis qu’il vérifiait son résultat, l’astronome allemand Friedrich Wilhelm Bessel publia la distance d’une autre étoile, soixante-et-un du Cygne.
Henderson présenta son travail en janvier mille huit cent trente-neuf, quelques mois après Bessel. Il avait observé Alpha Centauri plus tôt, mais la priorité revint à celui qui avait le premier osé imprimer le résultat. La prudence de Henderson était fondée : il fallut corriger la distance initiale. Le déplacement lui-même avait bien été découvert, et cela pour le système stellaire que l’on considère aujourd’hui comme le plus proche du Soleil.
Henderson dirigea encore l’observatoire pendant dix ans et y réalisa plus de soixante mille observations. Il mourut à quarante-cinq ans. Alpha Centauri n’apparaît pas au-dessus d’Édimbourg ; les traces locales de son travail sont une plaque commémorative sur le mur et la lunette méridienne, toujours au même endroit que lorsqu’elle était utilisée sous le premier astronome royal d’Écosse.
À la fin du dix-neuvième siècle, la lumière et la fumée de la ville gênaient les observations. En mille huit cent quatre-vingt-seize, les astronomes royaux furent transférés à Blackford Hill, et la municipalité donna à l’ancien complexe le nom d’Observatoire municipal. Plus tard, la Société astronomique d’Édimbourg, une association d’amateurs, y travailla, mais elle ferma le site en deux mille neuf.
Les artistes furent les suivants à arriver ici. Collective fut fondé en mille neuf cent quatre-vingt-quatre par un groupe de diplômés de l’Edinburgh College of Art qui manquaient de lieux pour leurs propres expositions. En deux mille dix, ils organisèrent pour la première fois un projet à l’intérieur de l’observatoire, puis s’installèrent sur la colline et réunirent, avec le conseil municipal, des fonds pour restaurer le complexe.
Les restaurateurs supprimèrent les cloisons ajoutées plus tard, réparèrent les volets des fentes méridiennes et les fermèrent par du verre. La nouvelle galerie d’exposition fut installée un étage plus bas que l’ancien observatoire et encastrée dans le versant nord. En novembre deux mille dix-huit, un centre d’art contemporain avec des expositions, des ateliers et des programmes destinés aux jeunes artistes ouvrit ici. La lunette méridienne fut laissée dans l’aile est, sous cette même ligne du toit par laquelle Henderson mesurait le méridien d’Édimbourg.
Sur place
Du mercredi au dimanche 10:00–17:00 ; fermé le lundi et le mardi
Vérifié : 11 juillet 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.L’architecture et le panorama peuvent être observés sans entrer. Ne visitez les espaces d’exposition et les intérieurs conservés que dans le cadre de l’accès en vigueur au centre d’art.
