Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Deux fentes verticales sur la façade ouest
- Hautes fenêtres
- Porte de l’ancienne tour au rez-de-chaussée
L’histoire du lieu
Les hautes fenêtres de l’étage supérieur étaient autrefois des embrasures de tir et éclairent aujourd’hui les salles du Musée maritime de Dubrovnik. Deux étroites fentes verticales sur le mur ouest marquent les limites de l’ancienne tour, qui s’est retrouvée à l’intérieur d’un fort plus tardif. Les anciens locaux de la caserne abritent des journaux de bord, des modèles de navires, des instruments de navigation et des pavillons maritimes.
Au quinzième siècle, un homme vivait sur ce môle. On lui avait confié les clés des portes, le déchargement des navires et la fermeture de tout le port. Sa fonction s’appelait gardien de la chaîne portuaire. La maison du gardien se dressait près de la tour et, avec ses murs épais, ressemblait davantage à une petite fortification. En mille quatre cent quarante-huit, le conseil ordonna de transférer ici le treuil avec lequel le gardien manœuvrait le barrage.
La chaîne portuaire ne ressemblait pas à ce que son nom laisse entendre. Sur l’eau flottaient de gros rondins parallèles, reliés par du fer. À leurs extrémités étaient fixées des chaînes plus petites : l’une était attachée de l’autre côté de l’entrée, l’autre était tendue par le treuil depuis le môle. Aucun navire ne pouvait franchir cette ligne sans briser le barrage et donner l’alerte. Le gardien vivait sur son lieu de travail même ; il ouvrait le passage, le fermait et surveillait quelle cargaison était déchargée près des portes de la ville.
Ce service fut créé après une décision du Grand Conseil, prise le vingt-quatre mars mille trois cent quarante-six. Le document lui-même mentionnait la menace d’une expédition de galères génoises. Il fut ordonné aux maîtres de construire immédiatement une tour de pierre sur le môle et de fabriquer un nouveau barrage jusqu’à la tour Saint-Luc, de l’autre côté du port. Les travaux furent financés par les recettes du droit sur les céréales, l’argent du grenier à céréales et les fonds provenant de la vente des terres de la ville. Lorsque cela ne suffit pas, on emprunta de l’argent à l’archevêché en mille trois cent soixante et un.
Plus tard, les bâtisseurs enfermèrent la tour et la maison du gardien dans un fort unique. En mille six cent onze, l’ordre de fermeture du port fut consigné de manière tout à fait précise : après le signal du soir donné par la cloche de la forteresse, aucun navire n’avait le droit d’entrer dans le port ni même de changer de place à quai.
Le fort reçut son nom de l’église médiévale voisine, dédiée à l’apôtre Jean l’Évangéliste. À son emplacement fut construite l’église Notre-Dame du Carmel. En mille six cent trente-neuf, il était interdit au capitaine du fort de quitter la fortification, même les jours fériés ; il entendait la messe depuis là, à travers l’étroit espace entre la forteresse et l’église.
L’usage militaire prit fin bien plus tard. Au dix-neuvième siècle, les militaires autrichiens installèrent une caserne à l’intérieur, divisèrent en deux l’étage élevé et percèrent des fenêtres à l’emplacement des embrasures de tir. Ces pièces servirent au musée. Le noyau de sa collection fut constitué d’objets que les habitants de Dubrovnik avaient remis pour une exposition sur la navigation de la ville en mille neuf cent quarante et un. La guerre empêcha de transformer aussitôt l’exposition en musée ; deux cent seize objets furent emballés et transportés au grenier municipal de Rupe. Le musée fut néanmoins fondé en mille neuf cent quarante-neuf et installé ici trois ans plus tard.
Sur la façade ouest, deux fentes verticales dans la maçonnerie dessinent les contours de l’ancienne tour du môle. Au rez-de-chaussée du Musée maritime de Dubrovnik, la porte par laquelle on y entrait depuis la ville est conservée. Derrière les hautes fenêtres percées à la place des embrasures sont aujourd’hui conservés des journaux de bord, des modèles de navires, des instruments de navigation et des pavillons maritimes.
Sur place
Saison estivale : 09:00–18:00, mercredi — fermé. Saison hivernale : 09:00–16:00, mercredi — fermé. Les jours fériés peuvent modifier les horaires.
Vérifié : 17 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Le lien entre le fort et le port se comprend depuis l’extérieur. Le Musée maritime de Dubrovnik et l’aquarium occupent des parties différentes du bâtiment ; il faut donc vérifier séparément leur visite et leur accès.
