Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Large canal
- Promenade continue
- Garde-corps au bord de l’eau
- Tours sur podiums
L’histoire du lieu
Entre les tours résidentielles et le canal s’étend une promenade ouverte à tous, où se trouvent au bord de l’eau des restaurants, des quais et des chemins de promenade. Le quartier a été conçu pour que la forte densité bâtie finance le rivage coûteux, sans que le passage le long de l’eau devienne une partie de résidences fermées. Avant l’apparition du canal, il y avait ici une cuvette de sable et des routes de chantier ; aujourd’hui, la large étendue d’eau, les ponts et les tours sur de bas podiums organisent autour d’eux la vie quotidienne du quartier. Sur les premiers tronçons au bord de l’eau, les garde-corps du même fabricant que celui qui travaillait sur le rivage de False Creek à Vancouver ont été conservés.
Le dix-sept octobre deux mille, Mohammed ben Rachid Al Maktoum, alors prince héritier de Dubaï, tourna un grand disque de fer. Le disque ouvrit les portes qui séparaient le golfe d’une cuvette creusée dans le sable. Pour la première fois, l’eau s’engouffra dans la future Dubai Marina. Des gens se tenaient le long du canal et sur le pont ; tout autour, le chantier était encore là, et les tours résidentielles restaient à construire.
En deux ans, les ouvriers retirèrent d’ici environ cinq millions de mètres cubes de sable. Le canal fut aménagé avec une largeur de soixante-dix à trois cents mètres, et des pompes y maintenaient l’eau. On aurait pu le creuser beaucoup plus étroit, seulement pour le passage des yachts. Stanley Kwok s’y opposa, lui, l’architecte et promoteur immobilier invité à concevoir l’aménagement du nouveau quartier. Il voulait que l’eau devienne le centre de la vie urbaine, et non un passage technique pour les bateaux.
Kwok apporta ici une solution éprouvée à Vancouver. En mille neuf cent quatre-vingt-dix-sept, Mohamed Ali Alabbar, président de la société Emaar récemment créée, parcourait l’Amérique du Nord à la recherche d’un modèle pour un immense projet résidentiel à Dubaï. Une erreur aurait porté un coup à l’entreprise elle-même : les appartements restaient encore à vendre, et autour du futur chantier se trouvaient des autoroutes, le littoral et un terrain vide, sans ville déjà établie.
À Vancouver, Kwok emmena Alabbar et ses collaborateurs en yacht dans la baie de False Creek. Autrefois, des terrains ferroviaires s’étendaient le long de ses rives ; Kwok participa à la transformation du rivage en un quartier de fines tours résidentielles posées sur de bas podiums. Entre les immeubles et l’eau courait une promenade accessible à tous. Depuis le yacht, il montra à Alabbar tout le calcul d’un seul coup : la forte densité résidentielle finance le rivage coûteux, et un passage continu au bord de l’eau rend ce rivage attrayant pour les acheteurs.
Alabbar engagea Kwok et commença à débaucher pour Dubaï des personnes qui avaient travaillé sur le quartier de Vancouver. L’une d’elles était Blair Hagkull, spécialiste de la coordination et de la vente de grands projets résidentiels. On lui donna, ainsi qu’à quelques collègues, une semaine pour décider s’ils étaient prêts à y installer leurs familles. Ils gagnaient leur vie en créant et en vendant de nouveaux quartiers ; on leur proposait désormais de reproduire un schéma familier sur un site où il n’y avait pas encore même d’eau.
Kwok insista pour que le canal soit large. L’équipe de conception canadienne transposa ici, depuis False Creek, un réseau de promenades, de ponts et de quais, des tours sur podiums et une rive continue au bord de l’eau. Puis les ingénieurs creusèrent la cuvette jusqu’au golfe, et le disque de fer, en tournant, acheva leur travail : l’eau de mer occupa l’espace qui avait auparavant été de la terre.
Avant la cérémonie, le projet portait le nom de travail de « Western Marina ». Alabbar annonça le nom définitif au dernier moment : « Dubai Marina », la marina de Dubaï. Quelques semaines plus tard, les premières ventes commencèrent. Les six premières tours aidèrent Emaar à s’imposer comme un important promoteur immobilier commercial ; plus tard, plus de deux cents bâtiments s’élevèrent autour du canal, et le nombre d’habitants du quartier atteignit environ cent vingt mille.
La Dubai Marina Walk, longue de sept kilomètres, est née du même calcul par lequel Kwok avait convaincu Alabbar depuis le pont du yacht : les appartements et les restaurants donnent sur l’eau, mais la rive elle-même est laissée au passage. Il ne reste rien de l’ancienne cuvette ni des routes de chantier. Restent la large étendue d’eau, la promenade continue et même les garde-corps des premiers tronçons, commandés au même fabricant qui fournissait le rivage de False Creek à Vancouver.
Sur place
Ouverte vingt-quatre heures sur vingt-quatre ; les restaurants et les cafés suivent leurs propres horaires
Vérifié : 22 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Restez sur la promenade : le récit ne demande ni de chercher une plaque commémorative ni d’entrer dans les bâtiments.
