Étape 4 sur 6

Musée Etihad

متحف الاتحاد

L’histoire de l’Union se déploie ici comme quarante-sept mois de désaccords, de confiance et de travail juridique.

1 h
Musée moderne blanc avec le drapeau des Émirats arabes unis au premier plan
Lxs · CC BY 4.0; cropped/resized for app
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Les lettres, les passeports, les timbres, les montres de poche, les lunettes, les bagues et la Maison d’hôtes conservée.

L’histoire du lieu

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L’exposition du musée est composée de lettres, de passeports, de timbres, de lunettes, de bagues et de montres de poche : des objets par lesquels les décisions d’État entraient dans la vie ordinaire. Elle a conservé une Maison d’hôtes avec le majlis personnel du dirigeant de Dubaï ; les dirigeants s’y rencontraient avant la cérémonie de signature, et la salle à manger pouvait accueillir trois cents personnes. Aux côtés de ceux qui prenaient les décisions travaillaient des conseillers, des employés, des accompagnateurs et des invités.

L’histoire de ce musée ne commence ni par une salle solennelle ni par un document officiel. Il y eut d’abord deux tentes au milieu du désert, près d’Argoub El Sedira. En février mille neuf cent soixante-huit, l’une servait à recevoir les invités, tandis que dans l’autre le cheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan et le cheikh Rashid s’entretenaient sans témoins.

Même les personnes qui accompagnaient les dirigeants d’Abou Dabi et de Dubaï ignoraient comment cette rencontre se terminerait. Elles attendaient dehors, parmi le sable et les voitures, tandis qu’à l’intérieur de la tente se décidait une question qui, peu auparavant encore, n’existait tout simplement pas : les principautés voisines pourraient-elles devenir un État unique ?

Parmi ceux qui attendaient se trouvait Saleh Farah, juge soudanais et conseiller juridique du cheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan. Il était arrivé à Abou Dabi un an plus tôt et pensait s’occuper d’un travail judiciaire ordinaire : examiner des litiges, interpréter les règles, rendre des décisions. À la place, il dut créer des lois pour un pays qui ne figurait encore sur aucune carte.

Après une longue conversation, le cheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan et le cheikh Rashid sortirent de la tente. Farah se souvenait que la mission fut formulée aussitôt : rédiger une déclaration sur l’union d’Abou Dabi et de Dubaï, puis y inviter cinq autres principautés, ainsi que le Qatar et le Bahreïn.

Le projet allait bien au-delà d’un beau geste d’amitié. Il était question d’un drapeau unique et d’une monnaie commune, d’une défense conjointe et de sécurité intérieure, d’une politique étrangère commune. Des visas uniques étaient prévus, ainsi qu’un travail coordonné dans la santé et l’éducation. Il fallait réunir des territoires dont chacun avait ses propres dirigeants, intérêts, habitudes et relations avec ses voisins.

À partir de ce moment, la rencontre dans le désert se transforma en travail de juristes. Saleh Farah représentait Abou Dabi au sein de la commission et préparait, avec le juriste de Dubaï Adi Bitar, un texte commun et un projet de constitution. Chaque formulation devait répondre à une question pratique. Qui prend les décisions ? Comment les pouvoirs sont-ils répartis ? Que reste-t-il aux principautés séparées ? Qu’est-ce qui devient commun ? Même quelques mots pouvaient signifier un équilibre ou un nouveau désaccord.

Les négociations s’étendirent sur quarante-sept mois. Le cercle initial des participants changeait peu à peu, les positions divergeaient, et les décisions déjà convenues devaient être discutées de nouveau. Le futur État ne naissait pas d’un seul trait de plume assuré, mais de dizaines de rencontres, d’objections et de compromis.

À un certain moment, l’émir du Qatar traita Saleh Farah d’étranger. Pour les négociations, ce fut une attaque grave : cela signifiait que l’un des auteurs de l’organisation future du pays n’avait pas le droit de parler en son nom. Selon les souvenirs de Farah lui-même, le cheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan répondit immédiatement. Il dit que le conseiller appartenait à Abou Dabi, et non à Khartoum, et le qualifia de membre de la famille régnante.

Cette réponse explique beaucoup de choses dans l’histoire de l’Union. L’unité n’y était pas comprise seulement comme un territoire ou une origine commune. Elle naissait de la confiance, de la loyauté personnelle et de la volonté de travailler pour un ensemble qui n’avait pas encore pris forme. Plus tard, Farah obtint la citoyenneté par un décret spécial pour ses services rendus au pays. Il devint conseiller du président, prit sa retraite en mille neuf cent quatre-vingt-onze et resta vivre à Abou Dabi. Sa grande famille y grandit : dix enfants, seize petits-enfants, puis des arrière-petits-enfants. L’homme qui était arrivé pour un poste juridique ordinaire se retrouva inscrit dans l’histoire de l’État par sa propre vie.

Il existe un autre souvenir de ces deux tentes. Le cheikh Mohammed bin Rashid se trouvait alors au Royaume-Uni. Son père le fit revenir et lui ordonna de se préparer à passer une journée dans le désert, loin des regards de ceux qui ne voulaient pas voir naître l’Union.

Le jeune Mohammed s’attendait sans doute à assister à une difficile querelle de pouvoir. Mais, à l’intérieur de la tente, les deux dirigeants se disputaient tout autrement. Le cheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan proposait que le cheikh Rashid prenne la tête de l’Union. Celui-ci sourit et répondit que Zayed devait la diriger. C’était une scène rare, où chacun ne réclamait pas la première place pour lui-même, mais la cédait à l’autre.

Lorsque la rencontre prit fin, le cheikh Rashid dit à son fils que celui-ci serait responsable de la défense de l’Union. L’État n’existait pas encore, les négociations ne faisaient que commencer, mais la responsabilité de son avenir passait déjà à la génération suivante.

Le musée rassemble cette histoire à partir d’objets qu’il est facile de prendre pour ordinaires. De vieux passeports rappellent l’époque où une appartenance commune ne faisait qu’acquérir une forme officielle. Les lettres conservent le déroulement des négociations. Les timbres transforment une décision d’État en quotidien : on les utilisait non dans des salles solennelles, mais sur des enveloppes ordinaires.

À côté apparaissent des objets personnels — bagues, lunettes, montres de poche. Ils redonnent une dimension humaine aux figures historiques. Derrière les noms des dirigeants, des conseillers et des auteurs de la constitution se dessinent des personnes qui devaient attendre, se fatiguer, relire des documents et surveiller le temps. Les montres de poche conviennent particulièrement bien à cette histoire : près de quatre ans se sont écoulés entre le premier accord et la création de l’État.

La Maison d’hôtes conservée appartient elle aussi non au côté cérémoniel, mais au côté pratique des événements. Les dirigeants s’y rencontraient avant la cérémonie de signature. La maison abritait le majlis personnel du cheikh Rashid, un espace de conversations et de décisions, où les questions d’État côtoyaient inévitablement les traditions de l’hospitalité. La salle à manger était prévue pour trois cents personnes. Une telle capacité révèle l’ampleur des rencontres : quelques figures essentielles créaient l’Union, mais autour d’elles se réunissaient déjà des conseillers, des accompagnateurs, des employés et des invités.

L’exposition couvre les années de mille neuf cent soixante-huit à mille neuf cent soixante-quatorze. C’est un court intervalle, mais il contient le passage d’une conversation sous une tente à des institutions d’État en fonctionnement. Le document devint une constitution, l’invitation à l’union un nouveau pays, et la mission confiée à quelques juristes la base d’un système politique commun.

Le jour solennel de la signature est encore à venir, tout comme l’histoire du mât de drapeau devenu l’un des principaux symboles de ce lieu. Ici, on entend particulièrement clairement tout ce qui précéda la cérémonie : le silence de deux tentes, les longs mois de négociations, le choix prudent des mots et une dispute inattendue dans laquelle deux dirigeants proposaient le pouvoir non à eux-mêmes, mais l’un à l’autre.

Pour aller plus loin

L’architecture comme document

Le musée a été conçu par les architectes canadiens Moriyama & Teshima. La forme du rouleau et les « plumes » des colonnes renvoient au document historique, tandis que le pavillon aux formes sinueuses débouche doucement sur la place, reliant le passé et le présent. Sous terre se cachent huit salles, chacune consacrée à une étape vers l’union — de la rencontre des dirigeants à la signature.

La composition de l’Union

Le deux décembre mille neuf cent soixante et onze, les dirigeants d’Abou Dabi, de Dubaï, de Charjah, d’Ajman, d’Oumm al-Qaïwaïn et de Fujaïrah signèrent l’accord créant les Émirats arabes unis. Le septième émirat, Ras el Khaïmah, rejoignit l’Union le dix février mille neuf cent soixante-douze. Le musée raconte en détail les négociations et les difficultés de ce processus.

Sur place

Temps sur place1 h
Point suivantMaison de l'Union et drapeau
Entréesur billet

Lun–Jeu, Sam–Dim 10:00–20:00 ; Ven 14:00–20:00 ; des changements sont possibles les jours fériés.

Vérifié : 17 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

L’ensemble complet des objets n’est visible que dans l’exposition ; prévoyez donc l’entrée séparément et vérifiez les conditions à jour. Sans billet, l’audio donnera le contexte nécessaire pour l’arrêt suivant.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Rendez-vous à Union House et au mât de drapeau — de la préparation de l’État au matin où il devint réalité.

Étape 4 sur 6Ensuite : Maison de l'Union et drapeau

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Jumeirah : de la mosquée ouverte au drapeau au bord de la mer » — 6 étapes, environ 7 km, 2–3 heures.

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