Étape 3 sur 6

Dubai Fountain Boardwalk

Dubai Fountain Boardwalk

Point pour raconter la fontaine en tant qu’interprète dont les mouvements sont composés pour une musique précise.

12 min
Dubai Fountain Boardwalk
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Audioguide · voix enregistréeÉcouter l’histoire du lieu

Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Les lignes de buses, les éventails de jets, les accents lumineux et les motifs qui apparaissent à la surface du lac.

L’histoire du lieu

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Le long du bord du lac s’étirent des lignes de buses : elles élèvent l’eau à différentes hauteurs, et la lumière tire de l’obscurité certains éclats. Le spectacle est visible depuis plusieurs côtés à la fois ; le motif doit donc se former sur toute la surface, et non depuis un seul point de la rive. Derrière cette légèreté apparente se cache le travail des pompes, des projecteurs et de la salle de contrôle, d’où chaque exécution est réglée.

Cette fontaine a deux auteurs. Le premier dirige l’eau : il fait jaillir les jets, les incline, les déploie en éventail et les rassemble en motifs. Le second auteur est la musique. C’est elle qui transforme un système hydraulique complexe en un artiste qui semble entendre le rythme et savoir quand marquer une pause.

Mais même le nom de cet artiste n’est pas né dans le bureau d’une agence de publicité. À l’été deux mille huit, Emaar annonça un concours destiné aux habitants des Émirats arabes unis. Cent mille dirhams étaient promis au meilleur nom — une somme assez sérieuse pour qu’un véritable remue-méninges collectif commence dans tout le pays.

Plus de quatre mille propositions furent envoyées au concours. Elles venaient de personnes de plus de cent nationalités. Officiellement, seuls les résidents des Émirats pouvaient participer, mais des suggestions arrivaient tout de même de l’étranger. Manifestement, la future fontaine n’était pas encore achevée qu’elle était déjà devenue une attraction internationale.

Le jury dut examiner des milliers de variantes : on y trouvait sans doute des métaphores grandiloquentes, des images orientales, des noms promettant grandeur, lumière, miracle et éternité. Le plus simple l’emporta : « Fontaine de Dubaï ».

Un détail curieux apparut alors. Quinze personnes avaient proposé ce nom indépendamment les unes des autres. Il était impossible de choisir un seul gagnant, et le prix fut partagé entre les quinze auteurs qui disposaient de visas de résidence valides. La fontaine obtint ainsi non seulement un nom collectif, mais aussi une paternité collective. Mohammed Alabbar, président d’Emaar, l’appela un cadeau à la ville. Et la ville, dans un certain sens, avait elle-même signé ce cadeau.

Après son nom, la fontaine avait besoin d’un caractère. Il ne fut pas créé seulement avec des pompes, des buses et des projecteurs. Le chorégraphe principal Peter Kopik travaillait dans la salle de contrôle avec l’eau et choisissait les compositions comme s’il constituait le répertoire d’un grand théâtre. Mais au lieu d’une troupe de ballet, il avait des jets ; au lieu d’une scène, un lac ; et au lieu de corps humains, une masse d’eau qu’il est impossible de faire demeurer immobile dans l’air ne serait-ce qu’un instant de plus que ne le permettent les lois de la physique.

Le choix musical devenait donc une décision artistique. La popularité d’une chanson ne garantissait encore rien à elle seule. Un jour, on proposa à Kopik de créer un numéro sur le tube mondial « Gangnam Style » de l’artiste sud-coréen Psy. Il refusa. Selon lui, la fontaine se serait transformée en objet de ridicule. Sa comparaison était presque royale : ce serait comme si la reine d’Angleterre décidait soudain d’interpréter cette chanson.

Cette exigence ne signifiait pas l’interdiction de la musique populaire coréenne en général. Plus tard, le numéro « Power » du groupe EXO entra au répertoire. Les musiciens vinrent à Dubaï, et la prestation de la fontaine fit partie d’un grand événement. Il apparaît donc que le chorégraphe ne rejetait ni le pays ni le genre musical, mais une ambiance précise. Selon lui, l’eau avait sa propre dignité. Toute mélodie célèbre ne convenait pas à son image scénique.

L’épreuve la plus difficile pour Kopik fut la chanson de Michael Jackson « Thriller ». À première vue, le choix semble idéal : une composition connue de tous, un rythme net, une gestuelle célèbre. Mais c’est précisément cette célébrité qui créait le problème.

Le battement de la chanson ne change presque pas. De plus, les spectateurs se souviennent non seulement de la musique, mais aussi du clip : une foule de zombies, des virages brusques, des mouvements synchronisés, des bras tendus. La danse humaine y est inséparable du maquillage, des costumes et de l’histoire. La fontaine n’a ni visage ni bras, ni la possibilité de faire un pas en avant. Kopik dut traduire cette chorégraphie reconnaissable dans le langage des élévations, des chutes, des inclinaisons et des accents d’eau soudains.

D’ordinaire, la création d’un numéro prenait de deux à quatre semaines. D’abord, une maquette informatique était construite aux États-Unis. On pouvait y vérifier le dessin des jets et voir la future mise en scène avant même qu’il y ait de l’eau réelle. Ensuite, l’équipe s’envolait pour Dubaï et commençait les réglages sur place.

C’est ici que l’on voyait clairement où la précision informatique se heurte à un élément vivant. L’eau a un poids et une inertie, le vent modifie sa trajectoire, et le vaste dessin doit fonctionner avec la même force pour les spectateurs placés de différents côtés. « Thriller » demanda cinq semaines — davantage que tout autre numéro. La danse célèbre ne dut pas être copiée, mais recomposée pour un interprète qui a des milliers de jets à la place d’un corps.

La rencontre avec la musique arabe fut encore plus difficile. Au début du travail, l’équipe demanda l’aide de Dubai Culture. L’expérience occidentale des chorégraphes ne suffisait pas ici. Il fallait comprendre une autre tradition musicale, ses rythmes, ses gestes et ses manières de se mouvoir.

Au lieu de répéter simplement les temps forts dans l’eau, on commença à y chercher des images des ornements géométriques de l’art islamique. Les jets pouvaient s’écarter symétriquement, former des lignes répétées, créer l’apparence d’un motif, puis le détruire aussitôt afin d’en rassembler un nouveau une seconde plus tard. L’ornement, qui existe habituellement dans la pierre, la céramique ou la sculpture, devenait ici fluide et disparaissait aussitôt après son apparition.

Ainsi, la fontaine ne cesse de traduire. Elle traduit la danse humaine en mouvement de l’eau. Le rythme musical en hauteur et en direction des jets. Le dessin géométrique en une brève composition lumineuse. Même les tubes mondiaux passent une sélection stricte, comme s’ils briguaient un rôle dans un théâtre dirigé par un metteur en scène très exigeant.

Derrière la légèreté d’un tel spectacle se cachent des semaines de répétitions, les vols de l’équipe, des maquettes informatiques et d’infinies corrections. Mais tout ce travail disparaît au moment de l’exécution. Il reste l’eau et la musique, comme si elles s’étaient toujours comprises.

C’est pourquoi la « Fontaine de Dubaï » porte un nom d’une étonnante justesse. Il est simple, presque évident, choisi d’emblée par quinze personnes. Il ne donne aucune indication sur la mélodie à attendre ni sur le motif qui surgira ensuite. Mais il contient Dubaï elle-même : une ville où des personnes de plus de cent nationalités pouvaient imaginer simultanément un nom, où une équipe américaine apprenait à entendre la tradition arabe, et où la musique coréenne et Michael Jackson recevaient un nouveau langage. Un langage sans paroles, dans lequel l’eau raconte chaque soir des histoires différentes.

Pour aller plus loin

L’eau comme horaire du quartier

La Fontaine de Dubaï fait d’une courte promenade un événement attendu. Les gens prennent à l’avance place au bord, les restaurants vendent la vue, les ponts se densifient, et l’eau commence à commander le temps plus fortement que la carte.

Sur place

Temps sur place12 min
Point suivantpromenade du front de mer du Dubai Mall
Entréeextérieur / Boardwalk avec billet

Observation gratuite depuis la promenade ; Boardwalk généralement 17:45-22:45, AED 25, billet pour une date et une heure précises.

Vérifié : 27 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Vérifiez séparément l’accès au Boardwalk flottant. Si l’accès n’est pas possible ou n’est pas nécessaire, écoutez le récit depuis la rive : la composition principale est également visible depuis là.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Rendez-vous sur la promenade du front de mer du Dubai Mall pour observer non seulement l’eau, mais aussi ses spectateurs.

Étape 3 sur 6Ensuite : promenade du front de mer du Dubai Mall

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« La scène au pied de Burj Khalifa » — 6 étapes, environ 700 m, 1,5–2 heures.

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