Étape 4 sur 6

promenade du front de mer du Dubai Mall

Dubai Mall Waterfront Promenade / Burj Lake

Un premier rang à ciel ouvert, où l’attente devient parfois plus importante que le spectacle lui-même.

12 min
promenade du front de mer du Dubai Mall
Guilhem Vellut from Annecy, France · CC BY 2.0; cropped/resized for app
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • La basse balustrade au bord de l’eau, les reflets des façades, les embarcations de promenade, les terrasses et le pont vers le Souk Al Bahar.

L’histoire du lieu

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Le chemin au bord du lac passe entre le centre commercial et les restaurants sur la rive opposée ; un pont mène d’ici au complexe du Souk Al Bahar. La basse balustrade laisse l’eau presque au contact du flot des promeneurs ; des embarcations de promenade y passent et les reflets des façades y tremblent. En semaine, les gens passent ici devant les vitrines et les cafés, mais les soirs de fête, les restaurants voisins vendent des tables au bord de l’eau avec la vue. Le lac a aussi servi de cadre à une œuvre lumineuse composée de trois cents embarcations, qui ont formé pendant plusieurs semaines des figures changeantes sur l’eau.

Au bord de l’eau, il y a toujours un premier rang. Sur cette promenade, il longe une basse balustrade, tout près du lac. D’ici, on remarque particulièrement bien que la fontaine n’existe pas toute seule. Chaque soir, un théâtre provisoire se forme autour d’elle : certains choisissent leur place à l’avance, d’autres arrivent à la dernière minute, les enfants s’installent devant les adultes, des téléphones se lèvent au-dessus des têtes. Quelques minutes de musique et d’eau rassemblent des inconnus en un même public, puis les relâchent tout aussi vite vers le centre commercial, les restaurants et la ville.

Mais un jour, l’attente même du spectacle devint un spectacle à part entière. À l’automne deux mille dix-huit, l’installation « Voyage » apparut sur le lac. Trois cents petites embarcations ne transportaient pas de passagers et ne se hâtaient nulle part. Elles restaient sur l’eau comme des points lumineux qui composaient des figures. Le dessin changeait, les lumières se mêlaient en différentes couleurs, et la surface sombre du lac se transformait en un immense écran mobile.

Dans cette scène, il n’y avait pas de frontière habituelle entre l’artiste et le spectateur. Les visiteurs se connectaient à un réseau sans fil spécial et pouvaient eux-mêmes modifier les motifs et les couleurs. Une personne sur la promenade touchait l’écran de son téléphone, et la réponse apparaissait déjà sur l’eau. Les trois cents embarcations réorganisaient le dessin lumineux, et un choix personnel devenait partie intégrante d’un panorama vu simultanément par des centaines de personnes.

Il y avait là quelque chose de très dubaïote. Ici, on aime non seulement montrer un spectacle, mais aussi y faire participer le spectateur. Pendant quelques semaines, le lac devint presque une toile publique, même si les pinceaux étaient des embarcations, la peinture de la lumière électrique, et le geste de l’artiste commençait par un contact avec un téléphone. L’installation fonctionna jusqu’au deux décembre. Le soir, le public suivait d’abord les figures lumineuses, puis le spectacle habituel de la fontaine commençait. Les embarcations ne disparaissaient pas : leurs lumières ajoutaient une couche de plus à la musique, aux jets et aux reflets.

La promenade change facilement de rôle. Un soir ordinaire, c’est une rive accessible à tous. Lors d’une nuit particulière, chaque mètre au bord de l’eau prend soudain un prix. Cela devint particulièrement clair le trente-et-un décembre de cette même année deux mille dix-huit. Les restaurants autour du lac vendaient moins de la nourriture que le droit de passer la soirée au premier rang devant le feu d’artifice du Nouvel An.

Chez Five Guys, une place à une table au bord de l’eau coûtait mille cinq cents dirhams par personne. Cette somme donnait droit sans limite à des burgers, des hot-dogs, des frites, des milk-shakes et des boissons gazeuses. Un burger ordinaire coûtait alors environ quarante dirhams. Il apparaissait que la véritable rareté n’était pas du tout le dîner. On achetait une chaise, une vue sur le lac et la certitude de ne pas devoir défendre sa place dans la foule jusqu’à minuit.

Chez Tim Hortons, un dîner de cinq plats était proposé à deux mille dirhams. Un reporter de presse traduisit ce prix dans un langage plus parlant pour un café et obtint deux mille deux cent vingt-deux petits beignets Timbits. Sur l’autre rive, dans le complexe du Souk Al Bahar, la terrasse de Karma Kafe proposait une place à mille huit cent quatre-vingt-dix-neuf dirhams. Au restaurant Serafina, le prix atteignait trois mille cinq cents dirhams.

De telles sommes transformaient la soirée du Nouvel An en une étrange vente aux enchères de visibilité. Le lac restait le même, le feu d’artifice était le même pour tous, mais le coût de quelques mètres d’espace variait de plusieurs dizaines de fois. Derrière une vitre ou sur une terrasse, on avait droit à une table, à de la nourriture et à une place réservée. Sur la promenade elle-même, on pouvait toujours célébrer le Nouvel An gratuitement. Il fallait seulement payer, au lieu d’une addition, par une longue attente et la promiscuité. Le reporter avertissait à l’avance que la cohue y serait très dense.

Le premier rang a une autre particularité : il n’existe que grâce à l’attente. Les spectateurs arrivent devant une eau immobile et croient qu’après un certain temps elle s’animera. C’est pourquoi, lorsque la fontaine ferme, même un paysage familier paraît inachevé. Ce fut le cas pendant une rénovation de cinq mois, achevée à l’automne deux mille vingt-cinq.

Le premier octobre, la fontaine devait revenir. Dès environ seize heures, les gens commencèrent à prendre des places le long du côté du centre commercial, bien qu’il restât encore beaucoup de temps avant la représentation du soir. Des embarcations de nettoyage circulaient sur le lac. Les agents de sécurité dirigeaient les familles, des patrouilles de police parcouraient la promenade à vélo avec des sirènes. La préparation rappelait non pas la remise en marche habituelle d’une attraction urbaine, mais une première que le public avait eu le temps de regretter.

Parmi les premiers spectateurs se trouvait Beti, du Pérou. Elle était arrivée avec un groupe de vingt et un touristes de plus de soixante ans. D’abord, le guide annonça que la fontaine était fermée. Ce fut une vraie déception pour le groupe : beaucoup ne l’avaient vue auparavant que sur Internet et avaient fait un long voyage jusqu’à un lieu qu’ils connaissaient par les photos et les vidéos des autres. Puis le guide revint avec une nouvelle : la première représentation aurait lieu ce soir-là même. Après le spectacle, Beti raconta que tout le groupe était ravi.

Dans cette même foule se tenait Sama Khalid, habitante de Dubaï, avec des proches venus d’Alexandrie. Et Sai était venu après le travail et passa une demi-heure supplémentaire au bord de l’eau : il était certain que le lancement était prévu à six heures, alors que le spectacle commençait à six heures trente. Une simple erreur d’horaire devint un petit prix à payer pour une place lors du retour de la fontaine.

Dans ces histoires, il n’y a presque pas de célébrités ni de discours solennels. Autre chose y compte davantage : vingt et un voyageurs âgés, des proches venus d’une autre ville, une personne après sa journée de travail, des places occupées près de la balustrade et des embarcations de nettoyage sur une eau encore calme. C’est de ces détails que se compose la vie de la promenade.

Autrefois, un visiteur pouvait commander les embarcations lumineuses depuis son téléphone. La nuit du Nouvel An, les restaurants transformaient la vue sur le lac en marchandise coûteuse. Après une longue interruption, le public arriva plusieurs heures avant la première représentation, comme pour retrouver une vieille connaissance. L’eau restait chaque fois au centre, mais l’action véritable se déroulait aussi sur la rive. Cette promenade n’est pas seulement un point pratique devant la fontaine. C’est un lieu où Dubaï se rassemble, prend le premier rang et devient lui-même, pendant quelques minutes, partie intégrante du spectacle.

Pour aller plus loin

La vue gratuite est elle aussi conçue

La promenade semble être un simple bord d’eau public, mais elle fonctionne comme un système précis : l’observation gratuite, les options proches payantes, les restaurants avec vue et le pont vers le marché répartissent une seule et même fontaine entre différents scénarios.

Sur place

Temps sur place12 min
Point suivantSouk Al Bahar
Entréede l’extérieur

La promenade est ouverte comme espace à ciel ouvert ; les restaurants, le Dubai Mall et les événements ont leurs propres horaires et leur propre gestion des flux.

Vérifié : 27 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Ne bloquez pas le passage pour filmer et gardez vos affaires sur vous dans une foule dense. Une bonne vue ne nécessite pas forcément une place tout contre la balustrade.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Passez le pont vers le Souk Al Bahar — de la salle commune des spectateurs au décor d’un ancien marché.

Étape 4 sur 6Ensuite : Souk Al Bahar

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« La scène au pied de Burj Khalifa » — 6 étapes, environ 700 m, 1,5–2 heures.

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