Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Façade en grès rouge
- Haute flèche
- Sanctuaire intérieur
- Bâtiment de la clinique pour oiseaux
L’histoire du lieu
Derrière la façade en grès rouge subsiste le sanctuaire intérieur, le noyau le plus ancien du temple dédié à Parshvanatha, le vingt-troisième tirthankara des jaïns. Autour de lui s’est progressivement élevé un bâtiment plus vaste : il a été reconstruit à plusieurs reprises, surtout au dix-neuvième siècle. La haute flèche au-dessus du sanctuaire n’a été installée qu’après l’indépendance de l’Inde ; l’aspect extérieur est donc ici nettement plus récent que ce qui se cache à l’intérieur. On vient toujours ici prier et apporter des offrandes.
Lorsque Shah Jahan construisait Shahjahanabad — l’actuel Vieux Delhi —, il lui fallait des marchands et des banquiers capables d’approvisionner la cour, d’accorder des crédits et d’animer de commerce la nouvelle capitale. L’empereur fit venir de Hisar Deepchand Sah, un jaïn de la communauté marchande des Agarwals qui gagnait sa vie dans le commerce, et lui attribua des terres au sud de Chandni Chowk. Sah y construisit des maisons pour ses seize fils. D’autres marchands et trésoriers jaïns s’installèrent à proximité : la proximité du Fort Rouge leur apportait des clients, et les boutiques de Dariba Kalan, un marché.
Vers mille six cent cinquante-six, cette communauté établit son temple au début du bazar principal, face à la porte de Lahore du fort. Sa situation explique ainsi l’installation de personnes bien précises : les familles vivaient du commerce près de la cour et élevèrent le sanctuaire là même où se trouvaient leurs maisons et leur argent.
Le temple est dédié à Parshvanatha, le vingt-troisième tirthankara. Dans le jaïnisme, un tirthankara est une personne qui a atteint la libération et montré aux autres le chemin pour y parvenir. Devant son image, on accomplit ici des prières et des offrandes. Le mot « digambar » signifie « vêtu de ciel » et désigne une tradition jaïne dans laquelle le renoncement complet du moine à la propriété inclut même les vêtements. « Lal Mandir » se traduit bien plus simplement par « Temple rouge ».
Il n’est pas devenu rouge immédiatement. Le bâtiment a été reconstruit à de nombreuses reprises, agrandi au dix-neuvième siècle, et la haute flèche au-dessus du sanctuaire n’a été érigée qu’après l’indépendance de l’Inde. La façade actuelle en grès rouge témoigne donc de l’histoire tardive de cette communauté enrichie près de la cour moghole. Du temple ancien subsiste le sanctuaire intérieur ; autour de lui s’est élevé le bâtiment qui a donné au lieu saint son nom actuel.
Dans la cour, cette histoire s’est poursuivie avec une vocation distincte. En mille neuf cent trente, les frères Lala Sardari Mal Jain et Lala Ratan Lal Jain ouvrirent à Vieux Delhi une clinique pour les oiseaux blessés. Elle fut d’abord installée sous un auvent de tôle, dans une autre ruelle. En mille neuf cent cinquante-sept, son bâtiment actuel fut construit auprès du temple.
C’est en raison du principe jaïn de l’ahimsa — le refus de nuire aux êtres vivants — que les oiseaux furent amenés à ce sanctuaire jaïn. On les examine, les soigne et les garde en cage jusqu’à ce qu’ils puissent de nouveau voler. Les oiseaux guéris sont transportés sur une terrasse ouverte, puis relâchés depuis le toit du Temple rouge.
Sur place
Ne bloquez pas l’entrée et n’oubliez pas que vous êtes devant un lieu saint en activité, et non un décor de musée. Si vous décidez d’entrer, respectez les règles indiquées sur place et renseignez-vous à l’avance sur la possibilité de visiter la clinique.
