Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le pilier de fer de Delhi
- L’arche centrale de l’écran de prière
- Les colonnes de temple ornées de lotus et de clochettes
- Les figures humaines burinées
L’histoire du lieu
Le pilier de fer se dresse dans l’axe principal de la cour, devant l’arche centrale de la salle de prière. Cette position fut choisie intentionnellement : le pilier ne soutient rien. Lorsqu’il fut installé ici, il servait déjà depuis de nombreux siècles d’emblème de la dignité royale.
La cour elle-même apparut à la fin du douzième siècle. Qûtb ud-Dîn Aibak, commandant de Muhammad Ghûrî et souverain de Delhi conquise, devait organiser une prière commune du vendredi pour la garnison et les nouveaux arrivants musulmans. Pendant celle-ci, l’imam prononçait la khutba, un sermon qui comportait le nom du souverain. Dans une ville occupée par une armée étrangère, ce nom avait un sens tout pratique : il indiquait aux personnes rassemblées de qui relevaient désormais les juges, les chefs militaires et les collecteurs d’impôts.
Aibak attribua donc à la mosquée un emplacement à l’intérieur de l’ancienne citadelle rajpoute. L’inscription sur la porte orientale affirme que vingt-sept temples hindous et jaïns furent démontés pour la construire. Les chercheurs discutent de la question de savoir si cette inscription fut gravée en même temps que la mosquée ; pourtant, même sans elle, l’origine de la pierre est visible. Dans les galeries se dressent des colonnes de temple ornées de lotus, de clochettes, de motifs végétaux et de vestiges de figures humaines ; de nombreuses images furent burinées. Les communautés perdirent leurs sanctuaires, et les hommes d’Aibak obtinrent la première mosquée du vendredi de Delhi.
Les pierres ne s’assemblaient pas d’elles-mêmes pour former une mosquée achevée. Les artisans locaux empilaient les courtes colonnes de temple sur deux ou trois niveaux afin d’élever le toit à la hauteur voulue. Ils composaient les arcs selon leur méthode habituelle : chaque rang de pierres dépassait légèrement le précédent, jusqu’à ce que les rangs se rejoignent au sommet. Dans un véritable arc, des blocs cunéiformes se soutiennent mutuellement autour d’une clef de voûte centrale ; ici, elle manque.
En mille cent quatre-vingt-dix-huit, Aibak commanda devant la salle de prière un immense écran percé de cinq ouvertures en arc brisé. Ses contours rappelaient les grandes mosquées d’Iran et d’Afghanistan, mais ce furent les mêmes tailleurs de pierre indiens qui le sculptèrent. Ils couvrirent sa surface de calligraphie arabe entrelacée de tiges et de fleurs. Aibak obtint une apparence reconnaissable de mosquée du vendredi, mais la manière dont les artisans avaient construit ses arcs resta locale. C’est précisément cet écran qui subsiste devant le pilier.
Le pilier lui-même n’avait à l’origine aucun rapport avec l’islam. Une inscription en sanskrit célèbre les victoires du roi Chandra et indique qu’il dédia ce pilier de fer à Vishnu sur la colline de Vishnupada. Chandra est souvent identifié à l’empereur gupta Chandragupta le Deuxième, qui vécut au quatrième siècle et au début du cinquième, mais le nom complet ne figure pas sur le métal. Au sommet se trouvait probablement une figure de Garuda, l’oiseau de Vishnu ; elle est perdue.
On ignore qui transporta pour la première fois ce pilier de plusieurs tonnes à Delhi. Une inscription tardive le lie au roi rajpoute Anangpal, mais sa lecture et sa date sont contestées. En revanche, une chronique persane du milieu du quatorzième siècle attribue l’installation du pilier à son emplacement actuel à Îltutmish. Ancien esclave militaire parvenu au trône, il plaça l’ancien emblème royal devant l’arche centrale lorsqu’il agrandissait la mosquée d’Aibak. Il reprit une coutume des souverains indiens : on transportait et on réinstallait un ancien pilier afin de rattacher la mémoire des rois précédents au nom du nouveau. Plus tard, d’autres sultans de Delhi suivirent cet exemple en transportant d’anciens piliers de pierre dans leurs capitales.
Le fer du pilier rouille réellement, mais extrêmement lentement. Les forgerons anciens le soudèrent à partir de nombreux morceaux chauffés à blanc, et sa teneur élevée en phosphore favorisa la formation d’une fine couche protectrice. Elle conserva à sa surface tant l’inscription de Chandra que les traces de propriétaires ultérieurs.
Les inscriptions médiévales de la mosquée n’emploient pas le nom de la mosquée Quwwat-ul-Islam, c’est-à-dire « Puissance de l’islam » : elles l’appellent simplement mosquée ou édifice. Le nom tardif provient très probablement de l’expression « Qubbat al-Islam », « refuge de l’islam » ou « centre de l’islam », employée pour désigner Delhi au treizième siècle. En mille huit cent quarante-sept, l’érudit et réformateur de Delhi Sayyid Ahmad Khan inclut la variante du nom de la mosquée Quwwat-ul-Islam dans son recueil de référence sur les antiquités de la ville ; les archéologues et les guides l’adoptèrent ensuite. Ce nom n’apparaît pas sur les pierres médiévales. Devant l’arche centrale est resté un autre nom : Chandra, gravé dans le fer bien avant l’apparition de la mosquée.
Sur place
Comme le complexe Qutb Minar : l’ASI indique un horaire du lever du soleil à 20:00 ; vérifiez votre billet électronique actuel.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Examinez les supports un par un et sous différents angles : des différences importantes se perdent si vous percevez la colonnade comme un seul arrière-plan.
